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orgueil des financiers et des princes. C'est là que MM. Helvétius et de Bouflflers rassemblaient, dans leurs salons célèbres, tout Tesprit et toute la science française, lesTressan, les Narbonne, les Ségur, Voltaire, Montesquieu, d'Alembert, Diderot, Turgot, J. J. Rousseau, puis Cabanis, Condorcet, d*llolbach, Helvétius, tous les maîtres de l'Encyclopédie, et les promoteurs des idées nouvelles.
« Le séjour préféré de l'intelligence était aussi, dit M. Lobet, celui de la mode et des plaisirs élégants. Les premières courses de chevaux organisées en France eurent le bois de Boulogne pour théâtre, en 1776. A cette époque, les grands seigneurs faisaient courir, non pour améliorer le cheval français, « vain et stérile prétexte de folles dissipations, » mais pour faire diversion aux plaisirs de la cour. Le bois vit aussi la première ascension aérostatique de Pilatre du Rosier, qui paya de la vie une seconde tentative. La mode, chaque printemps, rendait à la fameuse promenade de Longchamp ses arrêts éphémères. C'est là enfin, sur la pelouse du brillant village de Passy, si célèbre alors par ses eaux thermales, que les grands seigneurs, les danseuses et les royautés financières du temps venaient déployer le luxe de leur maison et appeler sur leur opulence les regards d'une foule déjà frémissante. » On voit que la destination du bois de Boulogne n'a
guère changé. Il a eu des emplois plus utiles. C'est à la Porte-Maillot que Parmentier obtint de semer les premières pommes de terre.
Après la tempête affreuse qui accompagna la naissance du monde moderne, de 1789 à 1795, les Parisiens retrouvèrent leur promenade favorite affreusement dévastée; plus de château de Madrid, une bande noire l'avait démoli ; plus de futaie : il avait fallu chauffer Paris ; plus de gibier : on Tavait mangé ou épouvanté. L'abandon et Taridilé firent leur demeure de ce sol naturellement ingrat et sablonneux, des voleurs s'y établirent, gens amis de la solitude, et les plus grandes allées furent mal sûres. Napoléon I*', traversant chaque jour ce lieu désolé pour se rendre à Saint Cloud, rêva d'en faire un grand parc pour le palais du Roi de Rome, qu'il faisait bâtir sur les hauteurs de Chaillot. Puis vinrent les invasions de 1814 et 1815, les dévastations des Anglais, campés entre le Ranelagh et la Porte- Maillot. Les beaux chênes de François P" soutinrent des baraques de soldats. Le bois était trop peuplé alors. Le pavillon d'Armenonville servait de quartier général aux Hanovriens; Wellington occupait les châteaux de Saint-James et de Neuilly; le camp russe était établi à Madrid.
L* œuvre dé régénération du Rois fut longue et difficile. Des acacias, des marronniers, arbres à la croissance rapide, à la verdure précoce, des sy-
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comores,des érables, des sapins, des chênes verts du Chili remplacèrent peu 5 peu les arbres centenaires abattus par la hache ennemie; il fallut vingt ans pour qu'un peu d'herbe couvrît le sable, pour qu'un peu d'ombre rafraîchit le sol nu. Du gibier il ne restait que les lapins, indestructibles hôtes que l'on pourchasse en vain. Au temps de Louis-Philippe, les Parisiens avaient repris l'habitude de fréquenter Boulogne et Auteuil.
1848 faillit détruire une troisième fois ces malheureuses plantations. Les fureurs d'une populace idiote, écartée de Paris par le vrai peuple, qui faisait bonne garde, tombèrent sur Neuilly, Villiers, Asnières, Puteaux, Suresnes; il y, eut là des incendies qui, durant toute la nuit du 25 au 26 février, reflétèrent sur l'horizon parisien les lueurs les plus sinistres.
Repris en 48 à la Uste civile pour être réintégré dans le domaine national, il fut, en juin 1852, cédé à la ville de Paris, qui se chargea de le surveiller, de l'entretenir et d'y dépenser deux millions en quatre ans. On sait ce que ces travaux ont produit, et nous nous plaisons à dire qu'il ne faut pas les regretter, bien qu'à notre sens le sol de la plus grande partie du bois de Boulogne, par *sa platitude et sa stérilité, doive être longtemps rebelle à la culture intelligente de ses nouveaux maîtres.
Le nouveau Bois a subi, très-récemment, quel-
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ques modifications territoriales qu'il est bond^'l mentionner. 11 a, sur certains points, fort dirai-" i nné, et js'est agrandi sur d'autres. Ainsi aux ha^ a meaux de Madrid, de Saint-James, il ftiut mainte- :1 nant ajouter ceux de Sablonville, près de Neuilly, ; de la Villa Montmorency, près du chemin de fer, 'A de la Retraite, aux environs de la Porte des Princes, i
et le nouveau village de TAlma entre la villa de J Montmorency et la Retraite. Les fortifications ont ? aussi notablement entamé les beaux quinconces j du Ranelagh et la pelouse de Passy. En revanche 1 les enclos de Madrid, de Saint-James, de^Baga- J telle rentrent ou rentreront dans le domaine de la '1 ville. Le hameau de Longchamp disparaît et déjà 's son emplacement se reboise. En somme le grand ^d parc des Parisiens, quoique notablement réduit, - 1 est d'une étendue largement suffisante. « A l'ouest I et à l'est, la Seine et les bastions du mur d'en- ^ ceinte le défendent contre les cmpiétçmenis de la fl propriété privée. Au nord et au midi, il e'st èn« j touré par des boulevards, qui vont être bordés de :^ maisons monumentales. Lorsque, dans un temps .;| peu éloigné, Paris aura absorbé les grands villages *j d'Auteuil, de Neuilly et de Boulogne, le Bois au .4 moins animera de sa masse verdoyante ces arron- ^ dissements nouveaux. » * ;i
11 n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de^-a servir de guide et d'itinéraire. Nous nous borne- m rons donc à indiquer les sites les plus fréquentera
is agréables du moderne d'abord la magnifique Avi onguc de i 400. mètres, 1 mprend les pelouses lat la décoration, puis les rici laims, le beau jardin fleu te des dépendances du c luisXV; Bagatelle, avec ique renaissance, et soi œuvre d'art, conçue par , tandis que Garmontelle Bond des chênes, voisin d 'un des plus beaux restes ■ is 1"; les arbres séculair des Prussiens, s'élèvent, aïs répandant encore su lenade un calme, une frai plus nobles futaies de Foi s hante surtout les grand ai contournent les grand et la butte Mortemart, n couronné d'un petit cèdre (end au loin sur les coteai ssy, Vanves, Sâint-Cloud, ut au fond en lignes gii:
irency. Nous avons déjà ( qui sont convenables et r n, le grand hippodrome a| 'aphie et au sporl. Dans
somme» des liqueurs et des boissonSj dans l'autre on voit couvrir d or des chevaux trop maigres, tandis quQ de pauvres gens manquent de pain.
Nous nous sommes toujours demandé pour noire part à quoi pouvaient servir les cent mille francs des grands prix impériaux? triste emploi de la fortune publique! Mais il vaut mieux dire quelques mots du Jardin d'acclimatation, dont les fondateurs cherchent à accroître le nombre des serviteurs de Thomme. C'est une enclave elliptique située entre les Sablons et Madrid, et dont le centré est arrosé dans toute sa longueur par une rivière et par des bassins où s'ébattent les oiseaux les plus variés, les plus riches; des poules, des cigognes, des cygnes, des cerfs et des daims en grand nombre, des hémiones, que M. Isidore Geoffroy Saint- Hiloire avait habituées au harnais, peuplent de toules parts des pavillons et des enclos élégants. On vante à bon droit la magnanerie où sont réunis les vers à soie du mûrier et deTailante. Quant à l'Aquarium, charmant en lui-même, il n'est rien si on le compare à ce que l'Angleterre exécute en ce genre. Les serres méritent une visite attentive. Enfin, lorsque les arbres seront complètement poussés et que l'entrée cessera d'être payante, le Jardin d'acclimatation sera presque aussi fréquenté que le vieux Jardin des plantes, mais sans pouvoir rien opposer aux grandes avenues ombreuses qui joignent le muséum au
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29 i l'AKCS ET JARDtNS. ^ . .
des massifs informes. Quoi de plus charmant (juè-.ï'j^ les alentours du petit lac de Saint-Mandé, élabKr^jr dans une dépression de terrain où se rassemblaient- • .* des eaux croupies et des émanations pestilentielle^?- *• Si le lac de Saint-Mandé a remplacé un égout^ . •' celui des Minimes a pris la place* de plusieurs couvents* qui se succédèrent en ce lieu de lt64 à / 1 787. Le site ne se sent pas de cette longue occu- / '4 pation monastique ; il est frais, vert, animé par n J deux lies à chalet où sont établis des restaurants, A l'ouest, \kne riche pelouse laisse voir entre les marronniers tout le champ de manœuvres, la pyramide de Louis XV et le polygone de rartillerie.- Un ruisseau où s'écoule le trop-plein de la mare de Nogent vient tomber en cascades dans le lac, de concert avec le ruisseau des Minimes qui descend de Gravelle, et dont le cours traverse le bois, y semant, sur plus d'un kilomètre, de jolies petites îles ombragées.
Le lac de Gravelle domine tout le bois ; il est à — ? quarante mètres au-dessus de la Marne, à vingt- * cinq au dessus de Saint-Mandé, à quatorze audessus des Minimes. C'est un vaste réservoir bitumé et bétonné où deux puissantes turbines aynènent et v* maintiennent vingt mille mètres cubes d'eau, quialimentent le ruisseau et le lac des Minimes. Dans le voisinage, à deux minutes environ, le rond-pointde Gravelle offre un panorama superbe où la Marne^ et ses îles, la Seine et sa vaste vallée; le confluent
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VINCENSES.
des deux rivières, le champ de manœuvres et les cimes des bois, çà et là coupées par des pelouses mates ou éclatantes, selon l'heure du jour, semblent s'arranger toujours, comme disait Fénelon, à souhait pour le plaisir des yeux. On travaille à un quatrième lac, le plus grand de tous, qui occupera vingt hectares et comprendra deux îles, sur un terrain aujourd'hui désert, entre Saint- Mandé, Picpusel Charenton. Le Bois de Vincenncs mesure environ mille à douze cents hectares de superficie, selon qu'on y comprend ou qu'on en exclut les terrains destinés aux manœuvres militaires* Il est entouré de murs sur une longueur de seize kilomètres au moins.
Cet immense parc sylvestre, l'un des plus beaux sans doute et des plus simples qui existent au monde, n*est point promis à de si brillantes destinées que son confrère et son pendant le bois de Boulogne. Très-éloigné du centre de Paris, il n'en gardera que plus de fraîcheur et de beautés imprévues. Nous le recommandons à tous ceux qui cherchent et qui aiment la nature a demi solitaire. Mais, redisons-le en terminant, après Vincennes, Tère d,es grands parcs ornés est définitivement close ; il n'y a plus que des jardins de médiocre étendue, quelques massifs de fleurs au pied des arbres, ou bien des bois simplement arrangés pour la commodité du public. A force d'abdiquer devant la nature, prenons garde de nous annihiler