XXXVI
Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être laves au fond des mers profondes? — O serments! ô parfums! ù baisers infinis!
Pages 214-215. Pour l'illustration poétique de ces pages où sont chantés les bienfaits et les maléfices du vin, voir dans les FLEURS DU Mal, outre les pièces que nous venons de citer, Le Vin de l'Assassin, Le Vin du Solitaire, Le Vin des Amants.
«Quand il y aura un vrai médecin philosophe. . .» — Voir la
note de la page 232.
Page 216. «Les membres s'affaissent...» 1851 : s'affaiblissent.
Coquille? — Cf. p. 10.
«... jouant et me roulant sur des amas de luzerne , . . . » — 1 85 1 :
jouant et me roulant dans des amas de luzerne.
La note, comme l'indique la date dont nous l'avons fait suivre,
a été apportée par les éditeurs posthumes.
Page 217. «...un petit morceau de confiture;...» — 1869 : de confitures.
Page 221. «Un autre se met à genou* devant lui. . .» — 1869 : à genou. — Cf. p. 22.
Page 223. «Puis ils se déforment, se transforment, et enfin...» — 1869 : les mots en italique sont omis. — Cf. p. 32.
«...vous croyez être assis dans votre pipe.» — 1851, coquille :
dans votre piywe. — Cf. p. 33.
Page 230. «En Egypte, le gouvernement défend la vente et le commerce du haschisch,...» — Voir Gastinel, Mémoires de l'Institut égyptien (1846).
Page 231. «. . .c'est la volonté qui est attaquée, et c'est l'organe le plus précieux.» — Voir notre note sur la page 63.
— «L'idée m'est venue, etc.» — On peut supposer que l'exemple de Qumcey, dont l'ouvrage renferme un parallèle du vin et de l'opium, y avait été pour quelque chose.
— «Le vin rend bon et sociable,. . .» — 1 851 : le vin est bon et sociable.
— «. . .emporter le paradis d'un seul coup.» — Voir notre note sous la page 6.
«. . .pour le peuple qui travaille, etc.» — On remarquera la
date de cet essai : 1 851. Baudelaire n'était pas encore revenu de son engouement pour les idées démocratiques.
Page 232. Le livre auquel la note fait allusion est évidemment celui de Moreau de Tours : Du basebisch et de l'aliénation mentale, dont il est question dans celle de La Fizelicre et Decaux, que nous avons re- Droduite p. 284.
Page 233. «Barbereau.» — Les dictionnaires de musicographie donnent sur lui, en substance, les renseignements suivants : Mathurm- Auguste-Balthazar — , né en 1799, élève de Reicha pour le contrepoint, successivement chef d'orchestre au théâtre des Nouveautés et au Théâtre-Français, auteur d'un Traité théorique et pratique de composition musicale (1845) et d'une Etude sur l'origine du système musical (1852), ouvrages restés tous deux inachevés.
Cette nouvelle parut d'abord en tête du Bulletin de la Société des gens de lettres, n° 1, janvier 1847, 3e année, où elle était suivie de cette annonce :
MM. les Membres de la Société des gens de lettres et Directeurs de journaux avant traité avec la Société, sont avertis que M. Charles Defayis, dont la signature précède, est le même que celui qui a fait jusqu'ici partie de cette Société, sous le nom de Charles Baudelair (rie) Du Fa^s, et qu'il signera désormais Charles Defajis par abréviation.
Un billet non daté de l'auteur témoigne que La Fanfarlo était restée longtemps «sur le marbre». Baudelaire y parle de «lenteurs qui ont contrarié la publication de sa nouvelle».
Celle-ci reparut ensuite dans les Veillées littéraires illustrées, de J. Bry, 15e livraison, 1849, illustrée de deux gravures sur bois d'Ed. Frère; la première de ces gravures représentait Samuel debout dans la loge de la Fanfarlo et la main appuyée sur le fauteuil où l'actrice est assise, chaussant ses mules; la seconde, Mm" de Cosmilly suivie de sa soubrette.
Dans ce texte, elle était signée Charles Baudelaire, et annoncée au titre de la livraison : par Ch. Beaudelaire.
On admet généralement que l'auteur a posé lui-même pour le personnage de Samuel Cramer; voir dans ce sens : Asselineau, Gonzague de Reynold, Féli Gautier, etc.
Dans l'ouvrage de ce dernier, on trouve aussi la reproduction d'un dessin de Baudelaire sous le titre : La Fanfarlo, donnant l'héroïne dans deux attitudes, dont l'une permet d'admirer son «cou de proconsul, large et fort» ainsi que «l'ornière» de ses omoplates, — et, en marge, un profil de l'auteur.
Dans le texte de 1869, le titre renvoyait à la note suivante :
Cette nouvelle est le premier écrit de Charles Baudelaire. Présentée et reçue originairement à la Revue de Paris, elle fut rendue à l'auteur. La Fanfarlo a paru pour la première fois en janvier 184.7, dans le Bulletin de la Société des gens de lettres.
A propos de la seconde publication, Jules Levallois, dans ses Mémoires d'un Critique, a écrit :
Baudelaire ne commença de l'être un peu [connu] que par le hasard d'une combinaison de librairie, cjui fit qu'on eut besoin, dans une livraison de romans illustrés à 20 centimes, d'une feuille complémentaire à Mademoiselle de Kérouare,de Jules Sandeau. C'est ainsi que La Fanfarlo fit son apparition dans le monde.
Récit peut-être exact en ce qui concerne l'accession de Baudelaire à la notoriété, mais, sûrement erroné, du moins, on l'a vu, quant à la venue au inonde typographique de ces pages.
Ajoutons qu'il ne semble pas que l'auteur ait jamais eu l'intention de faire entrer cette œuvre de jeunesse dans son édition définitive. Poulet-Malassis, dans une lettre inédite à Charles Asselineau, s'est étonné de l'y voir comprise.
Le texte reproduit en 1869 et conservé ici est, à de rares corrections près, celui de 1847.
La Fanfarlo a été généralement négligée de la critique, et nous n'avons retrouvé dans les journaux contemporains aucun écho de sa parution. Mais quelque vingt ans plus tard Henry de la Madelène (Le Nain Jaune, avril 1866) lui a consacré quelques lignes dans une étude d'ensemble sur l'œuvre de son ami, dont les journaux avaient annoncé la mort prématurément. Les voici :
Vers le même temps [1846], il écrivait pour la Revue de Paris des frères Bonnaire, La Fanfarlo, petit roman psychologique où l'influence de Balzac se reconnaît à chaque page, j'entends le Balzac de La Fille aux yeux d'or, plutôt que le Balzac des Parents pauvres. La Revue de Paris , achetée par M. Buloz, mourut avant de publier La Fanfarlo qui trouva un refuge obscur dans le Bulletin de la Société des Cens de Lettres. J'en parle de souvenir. C'est un morceau brillant, plus raffiné que puissant , écrit dans une langue déjà très savante et très ciselée, et qui ne trahit en rien la main hésitante du débutant. On croirait à la lire que, dès sa maturité précoce, Baudelaire ne connut jamais les naïvetés ni les tâtonnements de la jeunesse.
Page 237. «...dans le bon temps du Romantisme,...» — •84.7 : romantisme.
Page 238. «. . .il n'a guère eu dans sa vie. . .» — l$49 '• •' n'a jamais eu dans sa vie.
«. . .le dieu de l'impuissance. . .» — 1869 : le Dieu.
«... voilà qui est assez beau pour être de moi!» — Ce passage
évoque le souvenir d'un mot de Baudelaire à Banville qu'a rapporté Villemessant (Figaro, 20 novembre 1862):
— Mon ami, il faut absolument que je vous lise de Louis Ulbach une phrase... mais une phrase!... qui serait très bien si elle était de vous ou de moi.
Page 239. «Les voilà aujourd'hui déchiffrant péniblement les pages. . .» — Les biographes de Baudelaire rapportent que, tout comme son héros, il montrait dans ses lectures l'éclectisme le plus étendu, et comme lui encore s'enthousiasmait tour à tour pour chacun des auteurs qu'il abordait.
«Si quelque fille. . .lui faisait une égratignure avec une aiguille
ou un canif, Samuel se glorifiait en lui-même d'un coup de couteau,. . .» — Cf. le suicide de l'auteur rapporté par M. Philippe Berthelot d'après Louis Ménard (E.-J. Crépet, op. cit., p. 61).
Page 240. «II eût vendu ses chemises, etc.» — Banville nous dit dans Mes Souvenirs que Baudelaire, lecteur fidèle de Lavater, comme on sait, avait adopté Dcroy pour «commensal».
Ces quelques exemples prouvent que de toute évidence l'auteur s'était pris ici pour modèle, et cette certitude est précieuse en raison des présomptions qu'elle autorise : «Comme il avait été dévot avec fureur, il était athée avec passion.» Cette ligne-là, si l'on admet qu'il faille l'appliquer à Baudelaire, ne serait-elle pas susceptible d'éclairer tout particulièrement certaines contradictions que présentent son œuvre et sa vie ?
«... et cependant. . .restait profondément original.» — 1869 :
et cependant. . .il restait profondément original. «. . .et néanmoins il n'a. . .» ■ — 1847 : et néanmoins n'a.
Page 24.1. Swedenborg, on le sait, était un des auteurs favoris de Baudelaire.
« — à l'âge où l'on aime d'amour.» — 10>47 '• * ''%e ou l'on
aime /'amour.
Page 242. «Samuel l'avait connue aux environs de Lyon,. . .» — On sait que Baudelaire avait été en pension au collège de cette ville.
Dans le texte de 1849, la ligne de points ne figure pas.
Page 244. Textes antérieurs : sanglotte.
« Samuel , comme on le voit ...» — Encore un trait qui prouve
l'identité du héros et de l'auteur.
Page 246. «. . .recueil de sonnets, comme nous en avons tous fait et tous lu,. . .» — 1847- 184.9 • comme nous en avons tous faits et tous lui.
«... dans le temps où nous avions le jugement si court et les
cheveux si longs.» — Transposition évidente de la fameuse définition de la femme par Rivarol.
Page 250. «Envolons -nous ensemble et cherchons le fond du ciel!» — Cf. Les Fleurs nu Mal, Le Vin des Amants.
«Elle était évidemment émue;...» — 1869 : elle était en même
temps émue.
Page 2^1. «. . .qu'elles ont beau monter vers un ciel vide;» — 1847- 1869 : vers le ciel vide.
Page 252. «Plus un esprit. . .» — La phrase qui commence avec ces mots ne forme pas un paragraphe nouveau dans les textes antérieurs à 1869.
Page 253. «. . .de besoins bizarres toujours insatisfaits et presque impossibles à satisfaire.» — 1849 : et presque toujours impossibles à satisfaire.
Page 255. «...pût entendre dans un lieu secret ... deux hommes causer. . .» — Cf. Petits Poèmes en prose, xliii, Portraits de Maîtresses.
Page 259. «...si la perte d'une âme jeune et vierge intéresse le Dieu qui la créa pour le bonheur d'une autre.» — 1847 : pour le bonheur d'un autre.
Page 260. «L'incrédulité est quelquefois le vice d'un sot,...» — Edition Assézat, Pensées philosophiques , I, XXXII.
Page 261. «...et entrait par toutes les fenêtres.» — 1869 : et entrait dans toutes les fenêtres.
«...de nouvelles plaies saignant largement et sans douleur.»
— 1847- 1849 : saignante largement et sans douleur.
Page 262. «...pour son bonheur et pour l'honneur de son mari.» — 1849 : pour son bonheur et l'honneur de son mari.
«...le quiproquo des sonnets de Samuel;» — Il est difficile
de ne pas songer, en lisant ce passage, aux deux amours qui se partageront, quelques années après sa rédaction, le cœur de l'auteur, — de ne pas évoquer tout ensemble Jeanne et Apollonie, célébrées parallèlement pendant des années, encore qu'il ne soit point venu à notre connaissance qu'un tel «quiproquo» se soit produit à leur sujet.
Page 265. «... elle osait marcher en dansant. . . les jupes. . . craquantes, pailletées. . .» — Cf. Les Fleurs du Mal, xxvii :
Avec scs vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse.
«... d'un genou vigoureux, /es corsages de saltimbanque;. . .»
— 184,7-1 849 : des corsages de saltimbanque.
Page 267. «... car, avec ce diable d'homme, le grand problème est toujours de savoir où le comédien commence.» - — II est assez piquant de voir ici Baudelaire se qualifier lui-même d'un ternie que lui appliqueront à l'envi ses détracteurs, incapables de comprendre que l'on place la vérité ailleurs — je veux dire plus haut que dans son propre personnage.
Page 270. «Le temps était noir, etc.» — L'idée de la mortalité s'abat-
tant sur les hôpitaux revient souvent chez Baudelaire. Cf. Spleen (lxxiv) et les deux Crépuscules.
Page 271. «Piments, poudres anglaises, safraniques, substances coloniales, poussières exotiques, tout leur eût semblé bon,. . .» — 1849 : les mots en italique ne figurent pas.
La note du bas de la page ne figurait pas dans le texte
de 1849.
Page 272. «Cramer haïssait profondément, etc.» — Baudelaire se rencontre ici avec Poe. Voir la Philosophie de l'Ameublement.
Page 273. «... quelques peintures pleines d'une volupté espagnole.» 184.9 : quelques peintures d'une volupté espagnole.
On sait que Baudelaire raffolait de la galerie espagnole du Louvre.
Page 274. « — Eh! n'oubliez pas le rouge?» — Cf. l'Eloge du maquillage dans Le Peintre delà vie moderne (L'Art ROMANTIQUE) et nos éclaircissements à la suite de cet ouvrage, p. 463.
— — «. . .il considérait la reproduction, etc.» — Cf. cette strophe d'une page retrouvée (Œuvres posthumes) :
Prétresse de débauche et ma sœur de plaisir, Qui toujours dédaignas de porter et nourrir
Un homme en tes cavités saintes, Tant tu crains et tu fuis le stigmate alarmant Que la vertu creusa de son soc infamant
Au flanc des matrones enceintes.
Page 275. «A défaut du cœur, Samuel avait l'intelligence noble,...» — 1 869 : à défaut de cœur.
La note du bas de la page ne se trouve pas dans le texte de
1849. — L'allusion a trait aux sentiments que montre Henri de Marsay quand il sort des bras de Paquita (édition Conard, P. 387)-
Page 277. «Samuel, vautré sur de la dentelle...» — 1849 : sur la dentelle.
Pa^e 278. «Une lettre d'une honnête femme à qui j'avais promis d'être aimé de toi.» — 184.7 : d'honnête femme, etc.
a. . .une beauté grasse, propre, lustrée et rosée, une espèce de
Iorette ministérielle.» — Faute des textes de 1847 et 1869 : rusée
Page 279. «Samuel a eu le front d'y établir pour épigraphe :» — 1847 : d'y mettre pour épigraphe.