‹ Les pardis artificiels. La fanfarloChapitre 27 sur 34 · LE VIN DES CHIFFONNIERS · texte numérisé non relu

LE VIN DES CHIFFONNIERS

Au fond de ces quartiers sombres et tortueux ,

Où vivent par milliers des ménages frileux,

Parfois, à la clarté sombre des réverbères,

Que le vent de la nuit tourmente dans leurs verres,

On voit un chiffonnier qui revient de travers,

Se cognant, se heurtant comme un faiseur de vers,

Et libre, sans souci des patrouilles funèbres,

Seul épanche son âme au milieu des ténèbres.

Un régiment se meut à ses regards trompés, Et lui, jette aux échos des mots entrecoupés, Tels que ceux que vaincu par la mort triomphante L'Empereur exhalait de sa gorge expirante.

Oui, ces gens tout voûtés sous le poids des débris

Et des fumiers infects que rejette Paris,

Harassés et chargés de chagrins de ménage,

Moulus par le travail et tourmentés par l'âge,

Ont une heure nocturne où, pleins d'illusions,

Et l'esprit éclairé d'étranges visions,

Ils s'en vont, parfumés d'une odeur de futailles,

Commandant une armée et gagnant des batailles,

Et jurant qu'ils rendront toujours leur peuple heureux.

Mais nul n'a jamais vu les hauts faits glorieux,

Les triomphes bruyants, les fêtes solemnelles,

Qui s'allument alors au fond de leurs cervelles,

Plus belles que les Rois n'en rêveront jamais.

C'est ainsi que le Vin règne par ses bienfaits, Et chante ses exploits par le gosier de l'homme. Grandeur de la bonté de Celui que tout nomme, Qui nous avait déjà donné le doux sommeil, Et voulut ajouter le Vin, fils du Soleil, Pour réchauffer le cœur et calmer la souffrance De tous les malheureux qui meurent en silence.

— «Il est revêtu de son châle d'osier avec son numéro sept.» — On devine qu'il s'agit ici de la hotte et du crochet.

Page 207. 0. . .avec délice. . . » — 1851 : avec délices.

Page 208. «II y a quelques années. . .Dans cette peinture microscopique on voyait voler des mouches...» — Peut-être s'agit-il de l'Etude de Saint-Cloud que Baudelaire avait eu l'occasion de critiquer dans son Salon de iSj.6 (voir notre édition des CURIOSITÉS ESTHÉTIQUES, p. 182). — Cf. p. 3 I .

«. . .on voyait voler des mouches...» — 1851 : /es mouches.

Pages 209-2 10. «Un jour, sur un trottoir. . . - — II y avait un homme. . .» — II semble que Baudelaire s'était proposé de tirer une seconde mouture de ces deux récits. — Voir notre édition des PETITS POÈMES EN PROSE, p. 255-256.

Page 211. «. . .car Paganini était comme les vieillarc/s. . .» — 1851 : comme les vieilles gens.

«Ce qu'il y a eu de jouissance. . . » — 1 851 : de jouissances.

Page 213. «Où sont les couleurs féeriques des anciens soleils couchants?» — On peut trouver quelque parenté entre cette idée si poétique et la dernière strophe du Balcon (Fleurs nu Mal,

Page 1