‹ Les parents terribles comedie en trois actes, en proseChapitre 41 sur 89 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BR ICA RI).

Dame ! c’est qu’on ne trouve pas.

JÉROME

Il paraît qu’elle a jeté son dévolu sur le cousin Saint-Bricuc.

B R IC A RD

Oui , elle m’écrit toutes les semaines à ce sujet des lettres de douze pages. En qualité de beau-frère, c’est moi qu’elle charge de la marier.

Ah çà! voyons! et vous? les affaires? (a Bririmi.) Tu sais que, si tu as besoin d’un appui, je suis dans les honneurs.

B RICARD

Vous, mon oncle ?

JEROME

Oui, mon garçon, ils m’ont nommé là-bas du conseil général, et justement j’arrive avec le député de notre arrondissement, M. Désormeaux, un fameux ! Nous sommes très-bien ensemble. Ainsi, mon neveu...

B RICA RD

Merci, mon oncle; mais pour le moment notre affaire marche à toute vapeur. Les fonds sont prêts ; vous savez que c’est Saint- Brieuc qui les fait. Quant au privilège, nous avons M. Barentin, un banquier très-influent, qui dîne ce soir ici, et que nous déciderons facilement à nous appuyer près du ministre.

JÉROME

Ah ! ah 1 vous lui glisserez la chose entre la poire et le fromage... Je verrai comment vous vous y prendrez.

CECILE) étonnée.

Vous dînez avec nous?

JÉROME

Parbleu !

B R I C A R D , surpris.

Ah 1 vous dînez avec nous ?

JÉROME

A moins que cela ne vous gêne.

Digilized by Coogte

BRICARD.

Pas du Tout.

JÉROME

Tu sais, moi, jo ne suis pas de l’espèce des gens dont je te parlais avant ton mariage ; un parent terrible et moi, ça fait deux, et si je te gène...

CÉCILE

Votre couvert est toujours rnis à notre table, mon oncle... Seulement, aujourd'hui...

JÉROME

Aujourd’hui ? f

CÉCILE

Nous avons des étrangers.

J ÉROME.

Oh ! ça m’est égal , je suis en mesure. J’ai eu soin d’apporter pour les grandes occasions mon habit noir, tu sais, celui du comice agricole... premier prix de... tu sais... et un gilet jaune, brodé par la maman Michaud, avec des abricotiers en fleurs sur la façade... tu m’en diras des nouvelles.

‘ BHICAHD, A part.

Je vois d’ici JRascoul, Mollevaut et C‘“ qui. s’impatientent; il faut que je les rejoigne. (ll remonte ver» le fond.)

JÉROME, allant s'asseoir è gauche

Alors, tu es content de Saiiit-Brieuc ?

B R 1 € A R t) , A part, se rapprochant.

Allons, je ne ne partirai pas. (Haut.) Très-content... il me laisse tout faire, il ne s’occiqie de rien.

JÉROME

Ah ! et ça t’arrange ?

BR IC ARI)

Oui, j’aime mieux cela; puis il a l’air de nous aimer beaucoup; il est charmant pour ma femme, n’est-ce pas, Cécile ?

CÉCILE

Oui, oui, charmant I

JÉROME

Allons, tant mieux! c’est qu’on disait là-bas, au pays, que vous étiez brouillés.

Page 1