LE CAVALIER
LE CAVALIKlî
« Entre ces deux chemins, quel est le inien, la fille?
— Où vas-tu, cavalier? car tu ne le dis pas.
— Ta jambe nue est ronde, et fine ta cheville ; Sur ton front ta corbeille arrondit tes beaux bras ; Les cils sont longs et noirs sous lesquels ton œil brille. . . Et j'ignore où je vais, car je vais où tu vas.
— Tu vas donc chez Téo, le beau pasteur de chèvres, A (jui ma jambe ronde aura bientôt porté Les cils noirs de mes yeux, les baisers de mes lèvres, Tout ce que j'ai d'amour, ce que j'ai de beauté ;
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Et c'est encor trop pou pour les ardentes fièvre? (Jne ma présence allume en son cœur enchanté
— S'il ne faut que t'aimer pour t'avoir en partagi'. Je t'aime. Mais, s'il faut pour te plaire un trou[)eau Qu'on mène tous les jours tondre le pâturage. Maudit soit le destin qui m'a dès le berceau Marqué pour les combats, le fer 'et le carnage,
Et fait homme d'épée et non d(> rhaUnneau !
— Un guerrier est un roi parmi la race humaine ! Les bergers en tremblant lui font un bon accueil, Et la femme qu'il aime a droit d'être hautaine. Car sa maison est crainte et soii nom veille au seuil (Jue j'aimerais Téo s'il était c;tpitaine
Et d'un fer redouté soutenait mon orgueil I
— Monte en croupe avec moi. Sans peur d'être reprise. Tu pourras être fîère et narguer l'envieux.
Ma part dans le butin de toute ville prise
Ornera ton beau cou de colliers précieux :
Je veux qu'en nous voyant passer tous deux, on dise :
0 l'épouse splendide et l'époux glorieux !
LE CAVALIEU 7o
• - lié quoi ! méchant, pour toi tu veux que je trjiliisse La tV)i que j'ai jurée au pauvre chevrier ! Mais, si je Tabandonne, il faucFra qu'il périsse... 11 me l'a dit au moins. Et puis, beau cavalier, Comment à tes côtés veux-tu que je me hisse Si tu ne me tends pas la main et l'étrier?
LE RETOIU
LE nETOUR
Quel honheur, compagnons, après tant de carnage,
IJe retourner chez soi paisible et glorieux,
De conter ses combats aux filles du village
En suivîiiit la terreur du récit dans leurs veux !
Notre fière tournure embarrasse nos belles ; (Chacune à nos baisers d'un air gauche et cliai niant Offre sa joue en llcur et nous craint infidèles, Tant nous leur semblons beaux et vctiis galamment
Marguerite m'attend et j'aime Marguerite. Couché dans mon manteau sur la terre, le <oir.
S() \.r.< V \MI1.TA1RF.S
ie la voyais toujours rose, fine et prtite,
Comme an temps où. venant snr m s iîenonx s':isseoir,
Elle appuyait gaînient sa tête snr la mienne, Et ne soupçonnait pas un sujet de rougeur Dans ce doux voisinage où sa paisible haleine D'un tnmulte effréné sonlevait tout mon enpur.
L'avez-vous vue, amis, par la danse essoufflée?
En vain sur le ^azon elle se reposait,
Et voulait réprimer de sa main effilée
Son jeune sein rebelle aux oénes dn corset.
Tel un oiseau surpris sous Tépaisse feuillet- Qui fuit loin, et, Itientôt à l'abri du chasseur. .\e peut rendre le calme à sa plnnie effrayée. Et tremble encor longtemps après avoir eu pcnr.
Nous approchons. Voici les sentiers remplis d'herbes Par où nous revenions le soir de la moisson. Les filles nous suivaient; nous leur portions leurs gerbes, Et trouvions le chemin court juscpi'à la maison.
J'étais >i jeime alors ipie, lorsque Mn^gni-rite