ORSO
« Cette clj;iii>oii siiuvage et cette voix luiiitaine Ma chère, c'est Orso qui revient dans la plaine. Oi'so qui m'a vue hier et me verra demain ; Suivant de la montagne une dernière pente, 11 guide le>tjment son troupeau lourd, et chante l'armi les [lieds pc!?ants «ies bœufs sni' le chemin.
'( Quand il i)assc le soif, la belle paysanne
Qui vient de récolter ses blés nuus et qui \anne.
Pour le mieux voir passeï', |»onr mieux uuir ^on chahl;
lîS LES l'AlUETAlRES -
Monte sur lus degrés écornés de sa porte.
Et dit qu'il est plus beau le soir, et qu'il emporte
Dans ses cheveux doré^ un rayon du couchant.
•' Quand il passe au matin par la plaine, les fdles S'arrêtent pour le voir et posent leurs faucilles: Car son visage alors est plus pur et vermeil : Il a soigneusement peigné sa liarhe molle Et porte sur son front la joyeuse auréole Qu'après un jour de peine on prend dans le >omnieil
« Mais le j)iàtie a le cœur plu- bout que >a fortime ; Et sans s'inquiéter s'il est aimé d'aucune, Si les lilles des champs rougissent à son nom Et, faisant leur travail au cri de la cigale, Songent à mieux garder leur figure du hàle Pour disputer son cœur, Orso prend le plus long.
« Orsu prend le plus long de deux milles jK'Ut-être,
Pour voir tlutti r un pan de voile à lua fenêtre.
Mais c'est là que finit son audace d'amour 1
Et moi, pour consoler si tendresse muette,
A SCS vfiux tous les soirs j'accorde cette fête.
Et lui laisse emporter du bonheur peur un jour;
Ainsi parlait Stella, lille noble de Sienne.