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LE RETOUR

Qut'l bonheur, compagnons, après tant de carnage, De retourner chez soi paisible et glorieux, De conter ses combats aux filles du village En suivant la terreur du récit dans leurs yeux !

Notre fière tournure embarrasse nos belles ; Chacune à nos baisers d'un air gauche et chantant Offre sa joue en fleur et nous craint infidèles, Tant nous leur scmblons beaux et vctiis galamment !

Marguerite m'attend et j'aime Marguerite.

Couché d.ins mon manteau sur la terre, le «oir,

H<J LES PARIETAIRES

Je la voyais toujours rose, fine et petite,

Gomme an tomps où, venant sur m-^s genoux s'asseoir,

Elle appuyait gaitnent sa tête sur la mienne, Et ne soupçonnait pas un sujet de rougeur Dans ce doux voisinage où sa paisible haleine D'un tumulte effréné soulevait tout mon cœur.

L*avez-vous vue, amis, par la danse essoufflée ?

En vain sur le gazon elle se reposait,

Et voulait réprimer de sa main effilée

Son jeune sein rebelle aux gênes du corset.

Tel un oiseau surpris sous Tépaisse feuillée Qui fuit loin, et, bientôt à Tabri du chasseur, Ne peut rendre le calme à sa plume effrayée, Et tremble encor longtemps après avoir eu peur.

Nous approchons. Voici les sentiers remplis d'herbes Par où nous revenions le soir de la moisson.

Les filles nous suivaient; nous leur portions leurs gerbes, Et trouvions le chemin court jusqu'à la maison.

J'étnis SI jeune alors (jue, lorsque Marguerite

Lt HtTOUK SI

De mon baiseï' tiinide éloignait son iront blanc,

J'attendais sottement que la pauvre petite

Me rapportât .son front on sa joue en tremblant.

Aprèii nos garnisons aux amours passagèi'es, Aux toits de nos parents cherchons d'autres amours : Au toit de nos parents de jeunes ménagères S'élèvent pour nos lits, plus belles tous les joui*s.

Quelle est cette rougeaude aux cheveux de filasse, Dont le gros œil me iixe assez effrontément?

Qu'elle est laide, mordieu ! — Gare donc que je passe I Vous me reconnaîtrez au jour du jugement.

— Max, dit la fille, Max, c'est moi, ta fiancée!

— Mort non pas de mes jours ! ne me plaisantez pas ! Vous Marguerite, vous, celle que j'ai laissée

Mince et fraiche en la fleur de ses jeunes appas ?

— Le soleil m'a brûlée, et la peine épaissie.

— J'en suis fâché pour vous. Amis, quel changement ! Dieu vous garde une amante à chacmi moins roussie. Je reprends du service et rentre au régiment.

Ouvre ton grand œil noir, ma belle ; C'est une visite nouvelle Qui vient te donner le bonjour :

C'est ma muse, ma chaste muse, Que je t'envoie, assez confuse De faire un message d'amour.

Depuis deux mois, à demi morte, Elle grelottait sur ma porte A nous entendre soupirer. Ce soir la pauvre dédaignée,

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Voyant ma mine refrognée,

A cru rinstant bon pour rentrer.

Ami, dit-elle, on vous délaisse ; Vos yeux sont noyés de tristesse, Vous pleureriez si vous vouliez.

Aimer seul est une folie ; Faut oublier qui vous oublie, Et rire avec des veux mouillés.

Voici votre fidèle amie

Qui vous revient, un peu blêmie

Par les ennuis de Tabandon.

J*ai bien pleuré, car je suis tendre ;

Mais je reviens sans même attendre

Que vous me demandiez pardon,

Je suis la maîtresse soumise Qui jamais ne se formalise D'être traitée avec rigueur ; S'il faut qu'une autre vous trahisse, C'est moi qui change en cicatrice La blessure de votre cœur.

Je Miis si bien comme tout passe, Qu'à chaque nouyelle disgrâce Je prépare des chants nouveaux Pour vous bercer et vous distraire A rheure où le lit solitaire Vous rappelle ce que je vaux. •

Voulez-vous que je vous les dise?

C'est rhistoire de Gidalise, Ou bien encor, s'il vous plait mieux, C*est le jus empourpré d'octobre Qui fait divaguer le plus sobre Et ragaillardit le plus vieux.

— Muse, si tu veux m'être utile, Prends ton vol et va par la ville T'abattre sur un frais boudoir.

Ma maîtresse est toujours fidèle :

Dis-lui que mon cœur est près d'elle Et que je l'attends demain soir.

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