‹ Les Parisiens de ParisChapitre 26 sur 28 · GEORGES GAIN I · texte numérisé non relu

GEORGES GAIN I

et dramatiques, s'est réservé pourtant, dans le passé, un coin spécial et comme une sorte de Trianon particulier, où il log*e avec g-oût les élégances qui lui plaisent. »

Comment s'étonner que Gain aime à nous faire revivre le passé, et en particulier la période révolutionnaire, quand on a vu sa collection si remarquable de cette époque troublée ? Monnaies, autog^raphes nombreux et des plus rares, bibelots, objets historiques, rien n'y manque.

Devant l'amateur se trouvent, entre mille autres, une lettre de Roussillon « juge g-uillotineur » ; un ordre de mort de Fouquier ; un refus de Roland à une invitation ; une missive toute intime de sa femme ; une pétition de Rocher « gardien de Capet »; une note de Marie-Antoinette où l'orthographe est souvent fantaisiste ; une demande de pension adressée à Louis XVIII par M^'« Maillard, ancienne déesse de la Raison ; des manuscrits de Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Santerre, de Robespierre, Pétion, Rouget de Tlsle, Carnet ; une épître de Chaptal, ce sénateur de l'Empire, qui écrivait alors sur papier à en- tète : « Mort aux tyrans. — Agence révolutionnaire des salpêtres et poudres de la République »; et combien d'autres.

Un derniermot.Cain n'est pas juif comme son nom pourrait le laisser croire, et il affirme n'avoir rien de commun avec le fils d'Adam, qui jugea bon^ parce que son bois fumait sur l'autel des sacrifices

au lieu (le brûler comme celui d'Abel, d'assommer ce (h^-iiier à coups de bûche, ce qui donna naissance au proverbe : Homo homini lupus. Cette courte histoire est merveilleuse de conséquences ; elle donne Forig'ine de la massue, explique mieux que toutes les théories la fraternité humaine et démontre la haute antiquité du latin qui, j'en ai toujours été persuadé par les explications de mes vieux professeurs, a dû être contemporain du pre- Biier homme. C'est du moins le vague souvenir que m'a laissé VEpitome de l'illustre Lhomond.

Cain n'est donc pas de cette antique famille. Aussi recommanderai-je instamment aux composit( urs de ne pas affubler ^^ de son nom du malenconrreux tréma qui ferait chang*er de race comme de reiig-ion un très aimable artiste et un Parisien dans l'àme.

Décembre 1895.

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