‹ Les Parisiens de ParisChapitre 25 sur 28 · GEORGES GAIN · texte numérisé non relu

GEORGES GAIN

lement à New-York ; Marie- Antoinette quittant la Conciergerie ; Une partie de ichist ; Pajou faisant le buste de la du Barry^ qui fut médaillé ; Un mariage sous le Directoire^ que .la gravure a popularisé, et nombre d'autres œuvres qui font de leur auteur un des artistes les plus appréciés de notre époque. A la dernière exposition des Champs-Elysées, son tableau, Bulletin de victoire de Varmée d'Italie^ était jugé digne de ses devanciers et obtenait un grand succès.

Mais Gain est un chercheur ; il tient à ne pas se renfermer complètement dans un genre unique, et c'est ainsi qu'il a composé des toiles d'une note tout à fait différente et qui sont justement célèbres. Je citerai en particulier le portrait de son père, qui lui valut une médaille au Salon; Une barricade en 1830 \ les Halles centrales^ que nous ont enlevées les États Unis ; A Véglise^ grande composition achetée par l'État et placée au musée d'Amiens ; Sardou dirigeant les répétitions de Madame Sans- GênCy etc.

La caractéristique du talent de Gain est, je le répète, une extrême élégance. Il n'en saurait être d'ailleurs autrement car tout chez lui concourt à l'éducation des yeux. Ici ce sont d'admirables laques de Ghine ; là des bibelots japonais donnent la plus haute idée d'un art ravissant ; voici des bronzes merveilleux de mouvement et de dessin, œuvres de son père ou de son grand-père ; une magnifique collection de Moreau le Jeune, qui est,

avec Raffet, l'artiste préféré du peintre; des études exécutées par Georg-es Gain au cours de voyag-es en Grèce ou en Turquie ; des toiles de son frère ; des tableaux de Manoury, son élève ; des fusains superbes de Vollon ; des dessins d'Olivier Merson, cet amoureux des lignes pures ; des pastels de .Uoucet, des drapeaux, des étoffes aux vives couleurs, des cuivres orientaux; et, se promenant au milieu de ces merveilles, M^^^ Ninon, le gracieux modèle dont les traits se retrouvent dans les toiles du maître et qui personnifiera merveille la Parisienne.

Si nous quittons Tatelier, et si franchissant le seuil de la vie privée nous entrons dans la chambre à coucher de l'artiste, nous nous trouvons dans une véritable bonbonnière Louis XVL Les tentures, les meubles, les fenêtres mêmes sont de Tépoque et forment le plus ravissant ensemble qai se puisse imaginer. Aux murs une petite toile de Fortuny, une jolie étude de Gain, d'admirables Rosa Bonheur, des fantassins de Détaille et des médaillons de Nini, le célèbre sculpteur blaisois pour lequel notre Parisien professe un véritable culte. Sur la cheminée, des photographies de M'^^ Gain qui est la grâce et Télegance même.

Le talent du peintre a été heureusement défini par M. Glaretie dans sa préface de Floréal :

« Filsetpetit-fiis de glorieux sculpteurs, Georges Gain, qui nous a donné avec sa Barricade et son Buste de Marat aux halles des pages vigoureuses

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