‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 13 sur 71 · ACTE PRBMIBE · texte numérisé non relu

ACTE PRBMIBE

Oui; oh! je ne les quitte presque pas^ la petite m'adore...

DESGENAIS

Est-ce qu'elle vous fait une remise?

GANDIN

Gomment une?..*

DESGENAIS

Continuez donc!

GANDIN

Nous avions pris une avant-scène^ et de là nous sommes allé^ souper chez Véiour^ une soirée charmante.

MARTIN

Mais où diable prend-il de Targent pour?...

GANDIN, se levant.

Ah! je ne sais pas!

DESGENAIS, à part.

Touchante insouciance!

GANDIN

Cependant^ entre nous, je crois qu'il mange son patrimoine en herbe.

DESGENAIS

Eh bien, entre nous, il mériterait de le manger en foin. «

GANDIN

Pourquoi donc ça?

Parce qu'il choisit fort mal ses maîtresses... (otudiB rit. — Deige-

■aïs coutinne, ) Et SeS anÛS.

GANDIN

Ck)mment? comment?

MARTIN, te ievant.

Monsieur a raison, et je ne comprends pas que l'on vive aux dépens d'un homme qui vit lui-même aux dépiens des autres.

DESGENAIS^

Certainement! (a part.) Tant pis, je démolis le Gandin. (Montnnt Martin.) Je me ferai un ami de celui-ci avec les morceaux de Taulre.

GANDIN, pique.

»e conviens qu'avant de faire de moi son ami , monsieur le marquis de Grandcbamp aurait dû consulter monsieur Martin.

MARTDC.

Eh! mais...

ii iB0 PÀHISIBKfl

Et woBÊÊBWtw»0 MoDSiâiir?*..

Desgenais^ pour vous servir.

GAUDIlf.

Et moi, monsieur; G&ndin, pour vous être agréable!—

DBSGEIfAIS.

Monsieur Gandin, homme de lettres...

MARTHE, cherchant.

Homme de lettres* • . Je ne savais pas. . .

DESGENAIS, à Hmln.

Ah ! je vais vous dire, c'est comme pour le père de monsieur de Grandcbamp... (Désignant Gandin.) Le père de monsieur a été tué dans la littérature.

GANDIN, qui n*a paf entendu*

Du reste, je ne suis pas, je Tavoue, de ces fabricants littéraires, de ces ouvriers dramatiques qui produisent, qui produisent !... Moi, messieurs, je ne produis pas... j'attends que le bon goût ait fatt justice de toutes les réputations usurpées de l'époque, et pourtant, si je voulais!... Ce ne sont pas les occasions qui me manquent^ croyez-le bien. — Tous les théâtres me sont ouverts, et le. dûpedeor de fOpéia me disait hier encore...

DBSGBNAIS.

Ah!... V0U8 connaissez ?.••

GANDIN

le ne le quitte presque pas.-— « Mon cher Gandin, me disait il, vous êtes aussi trop paresseux! Voyons!... donnez-moi doiM un poème.

DESGENAUk

Et vous avez refusé?

GANDIN

Oui, parbleu!... Car pour ce que je rêve... pour ce que j^ai là... il àudrait un public d'éUte, et je me contente de semer ça etlàqnelques distiques sur les albums de naes amis, et de flure de temps à autre pour mon journal, la FeuiUe morte, de& comptes rendus de théâtre, des aperçus critiques... Ah! ah! j arrange bien toutes nos célébrités, allez ! de Musset, de Balzac et cœtera. personne n^est épargné!

DfiSflSNAlS.

Enfin^ si vous ne faîtes rien^ vous cracher, dtt moins, sur ce que font les autres.

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