DESGENAIS, GANDIN, M. MARTIN
DESGENAIS, à part.
Voilà deux êtres qui ont besoin de moi; voilà moi qui ai besoin de tout le monde. (Gaiement.) Allons ! allons ! de l'adresse, delà dissimulation, de la patience!... et ne craignons pas de
nous Crotter... (n i*asseolt et fealllette one brochure.)
GANDIN, continoant une oonversiiion commencée.
Comment, vous ne connaissez pas le marquis?
ACTB PRBMIEP Id
MAUTIN, UnpaltenU.
Le marquis! quel marquis?
GANDIN
Mais le marquis Albéric de Grandchamp> mon ami... mon ami intime.
MAETIN.
Non... je ne connais pas.
GANDDI.
Vous plaisantez?... H est fils du général Grandchamp.
MARTIN
Eh bien?
GANDIN
Le père a été tué sous l'empire.
MARTIN
Ce n'est pas une raison pour qu'on connaisse le fils.
DESGENAIS, à fart, regardant llarAiA.
On dirait que celui-là a du bon.
GANDIN
Albéric a servi dans la marine, mais cela ne l'amusait pas ; il a donné sa démission au bout de dix-huit mois.
MARTIN
£h bien, il a eu tort.
Quel homme étonnant!... brave comme un lion! il a eu dix duels! et grand seigneur! ah! il a mangé quatre cent mille francs en six ans... toute sa fortune.
DESGENAIS, poUm6»t.
Avec vous?
GANDIN
Avec moi et avec d'autres.
MARTIN
Mais s'il a mangé toute sa fortune, de quoi diable vii-U maintenant?
GANDIN, nalvemenl.
Ah! je rignore... Tout ce que je sais, c'est qu'il vit fort bien et qu'il a encore deux chevaux.
DESGENÀI8.
Qu'il vous prête?
GANDIN
Qu'Urne prête... Oh! nous ne nous quittons presque pas... nous allons tous les jours au bois.
DBSGENAIS, à ptii.
En attendant qu'ils uUent à la falourde.
GANDIN*
Nous rencontrons là les femmes à la mode... je les connaià toutes, et Albéric aussL
DBSGENAIS.
Oui, il en connaît, lui, pour quatre cent mille francs.
GANDIN
Nous avons parfois des aventures charmantes.
MARTIN
Au même prix?
GANDIN
Oh! non, vous comprenez?... quand on a mangé quatre cent mille francs...
DESGENAIS
On a du crédit.
GANDIN, riant.
Certainement... Du reste, Albéric se range; il a une maîtresse en titre, mademoiselle Phrasie.
MARTIN
Mademoiselle Phrasie, qui est-ce?
GAKDIN.
C'est mademoiselle Phrasie.
MARTM.
Mais que fait-elle?
GANDIN
Ah! je ne sais pas... tout ce que je saiSf c'est que c'est une fiUe charmante.
Ah! très-bien! Et vous appelez cela se ranger^ vous?
GANDIN
La petite m'a même dit qu'il voulait l'épouser.
DESGENAIS
Oh! bien, tâchez donc de faire ce mariage-là... pour la famille.
GANDIN
Il lui a acheté un petit hôtel, rue de Londres... une vraie bonbonnière, un rez-de-chaussée et un étage, cinquante mille francs... tout meublé.
MARTIN
Mais comment diable peut-il payer ça?
GANDIN
Je ne sais pas, par exemple. Ah! c^est un charmant garçon! Du reste, je le dis a qui veut l'entendre.
DESGENAIS
Franchement, tous lui devez bien ça.
GANDIN, s'asseyant A la taMe.
Tenez, hier, nous sommes allés tous les trois à la Renaissance...
DESGENAIS
Tons les trois?