‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 12 sur 71 · DESGENAIS, GANDIN, M. MARTIN · texte numérisé non relu

DESGENAIS, GANDIN, M. MARTIN

DESGENAIS, à part.

Voilà deux êtres qui ont besoin de moi; voilà moi qui ai besoin de tout le monde. (Gaiement.) Allons ! allons ! de l'adresse, delà dissimulation, de la patience!... et ne craignons pas de

nous Crotter... (n i*asseolt et fealllette one brochure.)

GANDIN, continoant une oonversiiion commencée.

Comment, vous ne connaissez pas le marquis?

ACTB PRBMIEP Id

MAUTIN, UnpaltenU.

Le marquis! quel marquis?

GANDIN

Mais le marquis Albéric de Grandchamp> mon ami... mon ami intime.

MAETIN.

Non... je ne connais pas.

GANDDI.

Vous plaisantez?... H est fils du général Grandchamp.

MARTIN

Eh bien?

GANDIN

Le père a été tué sous l'empire.

MARTIN

Ce n'est pas une raison pour qu'on connaisse le fils.

DESGENAIS, à fart, regardant llarAiA.

On dirait que celui-là a du bon.

GANDIN

Albéric a servi dans la marine, mais cela ne l'amusait pas ; il a donné sa démission au bout de dix-huit mois.

MARTIN

£h bien, il a eu tort.

Quel homme étonnant!... brave comme un lion! il a eu dix duels! et grand seigneur! ah! il a mangé quatre cent mille francs en six ans... toute sa fortune.

DESGENAIS, poUm6»t.

Avec vous?

GANDIN

Avec moi et avec d'autres.

MARTIN

Mais s'il a mangé toute sa fortune, de quoi diable vii-U maintenant?

GANDIN, nalvemenl.

Ah! je rignore... Tout ce que je sais, c'est qu'il vit fort bien et qu'il a encore deux chevaux.

DESGENÀI8.

Qu'il vous prête?

GANDIN

Qu'Urne prête... Oh! nous ne nous quittons presque pas... nous allons tous les jours au bois.

DBSGENAIS, à ptii.

En attendant qu'ils uUent à la falourde.

GANDIN*

Nous rencontrons là les femmes à la mode... je les connaià toutes, et Albéric aussL

DBSGENAIS.

Oui, il en connaît, lui, pour quatre cent mille francs.

GANDIN

Nous avons parfois des aventures charmantes.

MARTIN

Au même prix?

GANDIN

Oh! non, vous comprenez?... quand on a mangé quatre cent mille francs...

DESGENAIS

On a du crédit.

GANDIN, riant.

Certainement... Du reste, Albéric se range; il a une maîtresse en titre, mademoiselle Phrasie.

MARTIN

Mademoiselle Phrasie, qui est-ce?

GAKDIN.

C'est mademoiselle Phrasie.

MARTM.

Mais que fait-elle?

GANDIN

Ah! je ne sais pas... tout ce que je saiSf c'est que c'est une fiUe charmante.

Ah! très-bien! Et vous appelez cela se ranger^ vous?

GANDIN

La petite m'a même dit qu'il voulait l'épouser.

DESGENAIS

Oh! bien, tâchez donc de faire ce mariage-là... pour la famille.

GANDIN

Il lui a acheté un petit hôtel, rue de Londres... une vraie bonbonnière, un rez-de-chaussée et un étage, cinquante mille francs... tout meublé.

MARTIN

Mais comment diable peut-il payer ça?

GANDIN

Je ne sais pas, par exemple. Ah! c^est un charmant garçon! Du reste, je le dis a qui veut l'entendre.

DESGENAIS

Franchement, tous lui devez bien ça.

GANDIN, s'asseyant A la taMe.

Tenez, hier, nous sommes allés tous les trois à la Renaissance...

DESGENAIS

Tons les trois?

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