‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 16 sur 71 · partie-là. (Mourement de Deagenaii, avec orgueil.) Moi, monSICUT, J ai · texte numérisé non relu

partie-là. (Mourement de Deagenaii, avec orgueil.) Moi, monSICUT, J ai

mi ma fortune dansla limonade !

DESGENAIS, à part *.

Sapristi!... un limonadier î je suis perdu!

MARTIN

«arçon

femme charmante, mone a la peme ; \n om» «»- i;..-i«-y j - - —

un petit établissement, puis un plus p'and..* et, a cette heure.

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l'ai quarante i)onne8 mille livres de rentes qui ne doivent rien a personne.

Je n'en doute pas^ monsieur.

MARTIN

Et je vais acheter très-probablement le chflteau de monsieui de Pintré sur mes économies.

DE&GENAIS.

Gomme dans la Dame Blanche,

MARTIN

Je ne connais pas. (Appuyant.) Quarante mille livres de rentes... ce n'est pas dans les arts libéraux que Ton gagne cela, monsieur.

DESGENAIS

Pas tous les jours^ du moins, (a put.) Ménageons-le.

MARTIN

Le commerce^ voyez-vous^ monsieur? c'est le roi du monde!

DESGENAIS

Je suis de votre avis^ monsieur Martin ; mais le roi ne suffit pasy il faut des sujets. Ëh bien! la peinture^ la sculpture, la musique...

MARTIN

Il en faut un peu^ certainement; Je le reconnais. Je ne suis point aussi exclusif que vous pourriez le croire; et la preuve^ c'est que moi aussi j'ai encouiagé les arts ; ainsi^ dans mon dernier établissement^ le Café de France; j'avais beaucoup de peintures^ des sujets allégoriques qui m'avaient même coûté fort cher. De plus^ le soir^ je laissais entrer les musici^s de huit à neuf heures; et. enfin^ si je vous invitais à venir chez moi, dans ma maison de la rue des Moulins^ vous verriez sous mon péristyle, deux fort grandes statues à peine habi^iées^ et ayant chacune une lanterne sm* la tête.

Une lanterne?

MARTIN

Je comprends la sculpture comme cela^ parce qu'elle sert à quelque chose... mais toutes ces statues^ une jambe ou un bras en l'air, à quoi sont-elles bonnes^ puis^u^on n'y a pas même ménage de conduit pour le gaz... à quoi?...

DESGENAIS^ accabM, le regardant d*an air hëbëK.

A rien du tout^ monsieur.

^^ LB8 PARlSlBNt

MARTIN

N'est-ce pas? Eh bien, voilà ce que beaucoup de gens ne veulent pas entendre. Ainsi^ Je me suis fàché^ Jadis» à cause de cela^ avec un mien petit cousin.

DESGENAIS^ A part.

Nous 7 arrivons.

HARTIR.

Il se nommait Raphaël Didier. Je voulais le pousser dans la limonade, et lui avancer de quoi prendre un établissement. Eh bien ! croiriez-vous^ monsieur^ qu'il a préféré se faire sculpteur ?

DESGENAT3.

Cest incroyable!

MARTm.

Vous sentez bien que je n'avais pas envie de me ruiner pour des orgueilleux, des dissipateurs... car Raphaël avait une mère qui l'encoarageait dans sa folie... elle se privait de tout pour acheter à son fils des corps sans tête, des têtes sans bras, enfin un tas de statues en fort mauvais état, et qui coûtaient, notezle bien, plus cher que des statues tout entières... Aussi, ma foi! i'ai abandonné mon petit cousin et sa mère.

DESGEKAIS, s'cisayant \e firoM*

Vous avez bien fait, monsieur.

MARTIN

Ils m'auraient mis sur la paille.

DESGENAIS

Ah ! cependant, permettez... le travail de Raphaël s'est asse? bien venau à sa mort.

MARTIN

Ah! vous savez?

DESGENAIS

Monsieur, Je suis le tuteur de Marie.

MARTIN

Hein?

DESGENAIS

De Marie, à qui madame Didier a laissé tout ce qui avait ap- • pailenu à Raphaël.

MARTIN, vivement.

Par un écrit, un simple écrit, sur papier mort, et qu'elle n'avait pas le droit de faire... car rhéritage de Raphaël revenait à la famille, et j'étais le seul parent ..

DESGENAIS, se contenant to^Jonr».

Vous vous en êtes souvenu un peu tard, monsieur.

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MARTIN

(Comment cela> monsieur? Mais vous êtes dans Terreur, entendezpirous? car^ à une certaine épooue^ je les avais aides de ma bourse^ monsieur. J'avais fait de fortes avances; en une année^ je leur avais prêté plus de quatre cents francs^ dont je n'ai jamais touché un sou.

DESGENAIS

Mais^ permettez^ monsieur^ de cette modique sonmie à celle produite par...

MARTIN

Modique!... modique;.!... Vous êtes donc bien riche^ vous, monsieur?...

DESGENAIS

Pardonnez-moi^ monsieur^ je suis pauvre; mais si je prêtais quatre cents francs^ je ne prendrais pas trente-neuf miUe six cents francs d'intérêts pour un an.

MARTIN

Enfin! enfin! que voulez-vous^ monsieur?

DESGENAIS

Je viens en appeler à votre générosité, à votre délicatesse..^ Marie ne possède que ce qu'elle tient de madame Didier, et je viens vous demander, au nom de ceux qui ne sont plus et qui l'aimaient, de ne pas la dépouiller de son petit héritage. .

MARTIN

Ouais... vous me demandez?

DESGENAIS

De faire une bonne action.

Une bonne action de quarante mille francs! Tudieu! vous en parlez à votre aise; on voit bien que vous n'avez pas le sou.

DESGENAIS

Monsieur!...

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