DESGENAIS, CLOTILDE, DE PRÉVÀL, MARIE, JULES
(Clotilde est assise sur le canapé, les pieds sur les chenets, un livra
qu'elle ne lit pas est ouvert sur ses genoux. •— Marie, assise à la petite table, regarde des gravures de romances» --* Desgenais prié da
M. de Préval. *- M. de Préval parcourt des lettres. « Marie est
en toilette de bal. — • Jules est au piano).
DE PRÉVAL^ appelant.
Joseph!... (Joseph deseend.) Faites atteler^ je vais sortir, (josepb
s'incline et sort à ganehi.^-Regatdant à sa niotttfe.) Il n'eSt que diX llÊUres^
j'ai dix fois le temps d'aller au château, (n ouvre d'autres lettres.)
§ DESGENAIS^ à lui-mftme.
Le bal commencera à onie neures et finira à quatre... c'est donc cinq heures de courbettes et d'habit noir, (il retonrat m bureau
et prend d'antres lettres.)
ANNA^ qui vient d'entrer par la ganehe.
Oh! maman! vous n'êtes pas encore habillée?... Vous serez en retard. Quand votre monoe arrivera^ il faudra que je fasse les honneurs à votre place ^ et je manquerai au moins deux contredanses, (a son frère.) Tais-toi donc^ Jules, on ne s'entend pas.
JULES^ à part.
Gérôme ne revient pas... Phrasie ne serait-elie point libre ce
soir?... Je suis sur des épines. (ll fait un forte ëchevelë.)
ANNA
Bien !... De la Juive, à présent!... Tout à l'heure c'était du Do-
ii LES PARISIENS
mino et de la Reine d*unjour,„ Quel est ce pot-pourri que tu composes-là, Jules?...
JULES^ M levant.
Hein?... quoi?... Qu'est-ce que tu demandes?...
ANNA
Plus rien du tout^ puisque le charivari est terminé. (jaiM m
lète et va an fond.)
ANNA^ à sa mère.
Tu es très-bien coiffée... Marie! resarde donc comme maman
est jolie!... En vérité, j'en suis jalouse!... (clotUde fait un mouvement.)
ANNA^ rajustant une fleur de la coiffure de la mère.
Vous avez Tair de, ma sœur cadette, (ciotiide reitepensiire.)
■ANNA
Eh! bien^ madame^ vous ne me donnez rien pour mon compliment?... (ciotiide l'embrasse ; rianu) Oh! COmmC CC pauvre petit baiser a froid !... (Elle embrasse sa mère et sonne.)
DESGENAIS^ à lui-même en regardant Ciotiide.
Oui^ ses baisers grelottent au foyer conjugal.
ANNA; à sa mère en la tirant par la main.
Voyons^ madame, allez mettre votre belle robe^ bien vite.
(Juliette parait.)
ANNA
Juliette^ maman veut s'habiller* (a sa mère.) Dépêche-toi!
GLOTILDE; distraite.
Oui; je te le promets, (sue embrasse Anna et sort avec Juliette.)
ANNA, à Marie.
Comme tu meregardes^ Marie !...
MARIE; souriant tristement.
Ah ! c'est que je vous envie ce baiser-là; mademoiselle.
ANNA
Mademoiselle!... Oh! mais non!... Tu sais que je ne veux pas de cela... Depuis un mois que monsieur Desgenais est parmi nouS; ne sommes-nous pas deux bonnes amies?...
MARIE
Sans doute.
ANNA
Eh bien! entre amies on se tutoie; n^cst-ce pas Jules?..* (jniea
ne répond pas. «^ Faisant la grosic voix ; à son ilrère.) MOUSiCUr JulCS?...
JULES
Quoi?...
ANNA
Es-tu plus calme?