‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 37 sur 71 · DB8GERA1S · texte numérisé non relu

DB8GERA1S

Oh! yfcm, monsieur Martin^ vous ne considérez que h rapport,.. Je vous connais, vous feriez de son esprit et de son coeur ce que vous avez fait déià de la terre de Rosny... vous ar- ' raclieries toutes ces douces fleurs d'amour et de cnarité pour y planter de vos boutures d'indifférence et d'avarice... Merci, mtonsieur Martin... Sans façons, nous prendrons un autre îai^

dinier. (ll remonte.) *

MARTIN, •igrenent» pasant à droite.

Cependant, monsieur, réfléchissez... Mademoiselle Marie est sans ressources, à cette heure, et vous-même, enfin... votre sort est dans mes mains.

DESGENAIS, écUtaaU

Allons donc, sapristi!... Voilà le grand mot lâché... Vous vouliez nous prendre par la famine?... Tenez, monsieur Martin, vous êtes un spéculateur maladroit.

MARTIN

Comment?...

DESGENAIS

Eh ! sans doute. . . Il fallait vous déguiser tout à fait en homme . généreux, et commencer par rendre à Marie, sans conditions, le petit héritage dont Totre avidité prévoyante Ta dépouillée, et alors. . .

MARTIN

Alors?

DESGENAIS

Je vous eusse refusé tout de même ; mais à cette heure, vous comçterîezdeux amis, et c'est très-bon, voyez-vous, d'avoir deux nmitiés inscrites, pour la vieillesse, sur le graim-livre de Tavenir.

MARTIN, remontant.

Eh ! monsieur, je n'ai que faire de vos sermons... Acce| te? vous, oui ou non? . . .

DESGENAIS, passant à droite.

Je vous of&e deux onces de ma chair, si vous voulez.

lURTIN.

Cest bien... Je sais ce qu'il me reste à faire, (ii s*tiBied à gaeche.

DESGENAIS

Voulez-vous couper?...

MARTIN

Vous apprendrez ce que c'est que la haine d'un bourgeois!..

DESGENAIS

D'un bourgeois haineux... Parlez pour vous, monsieur Har-

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tin... AM! vous vouliez placer votive argent sur la beauté^ la jeunesse^ la vertu; mais ce ne sera^ pardieu! pas moi qui prête rai les mains à ce placement-là !... (cbangeant de ton.) Voyez- vous monsieur Martin^ vous avez calcule toute votre vie; vous n'a vez encouragé aucune industrie... tendu la main à aucune in fortune... Votre femme est morte à la peine, conune vous le di siez^ en portant vos ëcus... Vous n'avez pas eu d'enfants... pai économie!... Vous avez amassé... entassé!... Enfin, vous ave? fait ime bonne maison... mais la maison est déserte... Mainte nant vous vous sentez vieillir^ et alors vous voyez avec effroi le vide que votre égoîsme a fait autour de vous!... Eh bieni vous calculez encore ! . . . 11 vous faut quelqu'un poui* soigner vos intérêts et vos rhumatismes ; mais vous craignez de tombersur un valet qui vous vole^ et il vous faut un cœur honnête qui se vende pour le morceau de pain que vous lui avez repris!... Et c'est chez moi que vous venez chercher une servante!... Allez, allez, monsieur Martin!... vous vous trompez de porte... Le bureau de placement est à côté!...

MARTIN, bon 4e lai.

Ah ! vous payerez cher I . . .

DESGENAIS

Glichy!... c'est bien!... Envoyez chercher le fiacre, monsieur Martin^ et partons... Seulement vous monterez derrière... Des riches comme vous ne sont encore que les valets des pauvras comme moi!...

HARTIN, furieux.

Monsieur !... je vous le dis, vous payerez cher vos paroles!... et le boiu^geois trouvera bien le moyen de détruire votre or> gueU!...

DESGENAIS

Je l'en défie!...

MARTIN

C'est ce que nous verrons!... (ll son par le fond. Aîim «t Marie paraissent à droiiei attirées par le bruit.)

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