‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 38 sur 71 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

OESGENAIS, ANNA, MARIE.

MARIE, courant à Desgenais.

Mon ami, que s'est-il donc passé?...

DESGENAIS

Oh! presque rien... C'est monsieur Martin qui voulait t'épou-

pOUSerf... (HouYement de Marie.)

MARIE

M'épouser!...

àOTB DBUXiâMB 65

DESGENAIS^ riant.

Oui^ SOUS prétexte que tous ne Vous aimez pas... Du reste^ on n'en a souvent pas d'autres, n'est-ce pas, mademoiselle ?...

ANNA, erabarrusée. •

Monsieur!...

DESGENAIS

Je t'avoue, Maiie, qu'à cette sotte proposition je n'ai pas été maître de.. . et, cependant, toi. du moins, tu n'aimais pas aii-lems?... En donnant ta main a monsieur Marlin, tu ne retirais ton cœur à personnel (Aana m dëtoame.J Eh bien, cependant, j'ai refusé, Marie.

MARIE

Ohl vous avez bien fait.

DESGENAIS

N'est-ce pas? (a Anna.) Elle m'approuve, vous le voyez!... Ah! dame!,., c est que Marie n'est pas une demoiselle comme beaucoup d'autres...

ANNA, ëmue.

Monsieur Desgenais!...

DESGENAIS

Et les filles comme elle ne se marient pas seulement pour faire des jalouses. Elles tiennent à se bien marier, parce que le mariage est pour elles une chose sainte!... et comme elles croient en Dieu, elles ne veulent pas meniir au pied de ses autels.

ANNA

Monsieur! de s^râce!

Ah! vous la faites pleurer!... ( sne entoare Anna de Ms brai.) DESGCMAI5, s'ëlançant auprès d'Anna et lui prenant la main.

Chère enfant!... vous comprenez donc enfin qu'il est une voix plus forte que celle du monde? et que cette voix est celle de notre conscience, de notre cœur!... (Maxime panu au ftmd.)

ANNA

Oui, oui, je le comprends. Tout ce que m'a dit Marie, tout ce qne, jadis, je me disais à moi-même!... oh! je sens bien que je ne serais pas heureuse avec monsieur de Pintré... mais, ma mère...

' DESGENAIS

Votre mère, mon enfant, vous aime plus que... plus que tout au monde, et sachez-le bien, Maxime n est nos un nomme ordinaire : il aura, un jour, une position honoraolc, brillante même, digne, enfin, du nom qu'il porte!...

06 I<B8 PARISIBNt

AKHA.

Oh! jelecroU!...

DBSGBNAIS.

Un jour^^'est trop long peut-êtie?,.. Voulez-vous qu'il fasse comme monsieur de Pintre?...

ANNA

Ck>mment?

DESGEMAIS,

Lui aussi^ a un petit coin de terre où dorment ses a!eux. Eh bien! il vendra à son tour à des usuriers ses souvenirs de fa» mille, et avec cet argent il agiotera^ bientôt il sera riche^ au prix peut-être de son honneur, mais.,,

ANNA, arec élan.

Ah! je ne veux pas!... car alors^ Je ne pourrais plus Faimer

MAXIME^ s'âaMçtMt.

Anna!... vous m'aimes donc?..,

ANNAj surpriie.

Monsieur Maxime!... vous ëtiez-là?

MAXIME

Oh! pardonnez-moi! et ne rétractez pas ces douces paroles î je vous aime tant^ moi!...

ANNA

Silence!... on vient.!

MAXIME, aTeeJote.

Vous me laissez mon espoir?

ANNA, lui tendant la malD.

Maxime!... je parlerai à ma mère!

DESGENAIS

Bien!... bien!... mademoiselle, (a Maxime.) Je savafs bien, moi, qu'elle vous aimait.

MAXIME

Oh! mon ami^ rjue je suis heureux!

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