ACTE DBUXiéMB
ANNA
Tout ce que tu pourrais me dire, je me le suis dit déjà, vois-tu? J'ai voulu l^oublier !... (Elle pam arrière sa mère.) J'ai tout fait pour chasser ces souvenirs a'enfance qui remplissaient mon âme... J'ai tâciié même d'être coquette^ pour qu'il ne songeât plus i m'aimer^ et qu'alors ses regards fussent moins tendres!... sa voix mollis émue quand il serait près de moi; mais je n'ai pas été assez forte, maman, et ^and il a quitté cette demeure, quand j'ai cru que je ne devais plus le revoir, ma vie s'est arrêtée, et j'ai pleuré en cachette; quand il a reparu, toutes mes résolutions passées se sont évanomes, et je me suis juré qu'il ne partirait plus.
CLOTIIPE.
Anna !
ANNA, s'agenonillaDt.
Est-ce que vous voulez: qu'il parte, maman? qu'il s'en aille à jamais?... Non^ n'est-ce pas?... car alors, que deviendrainet les siens dont il est tout l'espoir?... les siens dont vous-même m'avez psuié si souvenlavec tant de respect, de bonté ?•••
GLOTILDBy eomoM à elle-aiéBie.
Tu me fais mal I
ANNA
Vous êtes fâchée maintenant^ n'est-ce pas, de l'avoir éloigné de nous?
CLOTILDE
Ah ! maman^j ce n'est pas un reproche que je vous adresse • Vous deviez agir comme vous l'avez fait!... Car, si vous connaissiez son secret, vous ignoriez le mien, et il était de votre devoir d'enlever à monsieur de Tremble une espérance que vous ne croyiez pas pouvoir devenir jamais ime rcsdité; mais maintenant, puisque vous savez tout, ma mère, et puisque je l'aime aussi!... vous le retiendrei, n'est-ce pas? Oh f dites-moi que vous le retiendrez ?
Anna ! ce que tu me demandes est impossible ! Ne sommes^ nous pas engagés visrà-vis de monsieur ae Pintré?... I^'avonsnous pas promis?
ANNA, u>«t4our« è g«iioua«
Vous avez promis de faire mon malheur? £h bien, tenez donc votre promesse; mais j'en mouiraî, ma mère.
CLOTILDE, la r«lcvanU
Mourir !. . . toi, mourir !. . . Oh I tais-toi ! tais-toi !. . , Non,
non, tu ne seras pas la femme de monsieur de Pintré^ cela ne sera pas, cela ne se peut pas ; car je ne veux pas que tu meures !
ANNA
mon bon ange ! et tu consentii*as à mon mariage aveu monsieur de Tremble ?
GLOTILDE, passant k droitd*
Oh ! cela î c'est de la folie !. . .
ANNA
Maman!...
GLOTILDE.
Ton père ne voudra jamais. . .
ANNA*
Mais si tu le veux, toi ?. . .
GLOTILDE, à part.
Mon Dieu ! que je souffre l. . . oh ! lâche cœur de mère î
ANNA
Tu es une parente du ministre, tu pourrais lui parler pour Maxime ! lui faire obtenir une place !. . . je ne sais quoi ! Oh ! dis-moi que tu feras cela ?
GLOTILDE.
Anna!
ANNA
Chère maman ! tu Tas dit, tu ne veux pas que je meure !. • .
GLOTILDE, la saisissant dans ses bras, avec terreur.
Anna, ne parle pas ainsi. . . tu me rends folle !. . . Je ferai ce que tu voudras !. . . tout ce que tu voudras. Maxime !. . . {k\ee cfTort.) Monsieur Maxime sera ton mari.
ANNA
Ah ! que je faimerai !. . .
GLOTILDE.
Oui , n'est-ce pas ? Il faudra bien m'aimer, Anna ?
ANNA
Oh ! nous faimcrons tous les deux.
CLOTILDE, amèrement.
Oui, tous les deux. . . et si tu es heureuse !
ANNA
Oh ! chaque jour je vous bénirai, ma mère.
GLOTILDE, à part, avec une horrible donlenr*
Maxime!. . . Maxime!. . . (lont à conp a^eo énergie.) Embrasse* moi ! embrasse-moi, ma fille !. . .