‹ Les parisiens: pièce en trois actesChapitre 47 sur 71 · ACTE DBUXiéMB · texte numérisé non relu

ACTE DBUXiéMB

ANNA

Tout ce que tu pourrais me dire, je me le suis dit déjà, vois-tu? J'ai voulu l^oublier !... (Elle pam arrière sa mère.) J'ai tout fait pour chasser ces souvenirs a'enfance qui remplissaient mon âme... J'ai tâciié même d'être coquette^ pour qu'il ne songeât plus i m'aimer^ et qu'alors ses regards fussent moins tendres!... sa voix mollis émue quand il serait près de moi; mais je n'ai pas été assez forte, maman, et ^and il a quitté cette demeure, quand j'ai cru que je ne devais plus le revoir, ma vie s'est arrêtée, et j'ai pleuré en cachette; quand il a reparu, toutes mes résolutions passées se sont évanomes, et je me suis juré qu'il ne partirait plus.

CLOTIIPE.

Anna !

ANNA, s'agenonillaDt.

Est-ce que vous voulez: qu'il parte, maman? qu'il s'en aille à jamais?... Non^ n'est-ce pas?... car alors, que deviendrainet les siens dont il est tout l'espoir?... les siens dont vous-même m'avez psuié si souvenlavec tant de respect, de bonté ?•••

GLOTILDBy eomoM à elle-aiéBie.

Tu me fais mal I

ANNA

Vous êtes fâchée maintenant^ n'est-ce pas, de l'avoir éloigné de nous?

CLOTILDE

Ah ! maman^j ce n'est pas un reproche que je vous adresse • Vous deviez agir comme vous l'avez fait!... Car, si vous connaissiez son secret, vous ignoriez le mien, et il était de votre devoir d'enlever à monsieur de Tremble une espérance que vous ne croyiez pas pouvoir devenir jamais ime rcsdité; mais maintenant, puisque vous savez tout, ma mère, et puisque je l'aime aussi!... vous le retiendrei, n'est-ce pas? Oh f dites-moi que vous le retiendrez ?

Anna ! ce que tu me demandes est impossible ! Ne sommes^ nous pas engagés visrà-vis de monsieur ae Pintré?... I^'avonsnous pas promis?

ANNA, u>«t4our« è g«iioua«

Vous avez promis de faire mon malheur? £h bien, tenez donc votre promesse; mais j'en mouiraî, ma mère.

CLOTILDE, la r«lcvanU

Mourir !. . . toi, mourir !. . . Oh I tais-toi ! tais-toi !. . , Non,

non, tu ne seras pas la femme de monsieur de Pintré^ cela ne sera pas, cela ne se peut pas ; car je ne veux pas que tu meures !

ANNA

mon bon ange ! et tu consentii*as à mon mariage aveu monsieur de Tremble ?

GLOTILDE, passant k droitd*

Oh ! cela î c'est de la folie !. . .

ANNA

Maman!...

GLOTILDE.

Ton père ne voudra jamais. . .

ANNA*

Mais si tu le veux, toi ?. . .

GLOTILDE, à part.

Mon Dieu ! que je souffre l. . . oh ! lâche cœur de mère î

ANNA

Tu es une parente du ministre, tu pourrais lui parler pour Maxime ! lui faire obtenir une place !. . . je ne sais quoi ! Oh ! dis-moi que tu feras cela ?

GLOTILDE.

Anna!

ANNA

Chère maman ! tu Tas dit, tu ne veux pas que je meure !. • .

GLOTILDE, la saisissant dans ses bras, avec terreur.

Anna, ne parle pas ainsi. . . tu me rends folle !. . . Je ferai ce que tu voudras !. . . tout ce que tu voudras. Maxime !. . . {k\ee cfTort.) Monsieur Maxime sera ton mari.

ANNA

Ah ! que je faimerai !. . .

GLOTILDE.

Oui , n'est-ce pas ? Il faudra bien m'aimer, Anna ?

ANNA

Oh ! nous faimcrons tous les deux.

CLOTILDE, amèrement.

Oui, tous les deux. . . et si tu es heureuse !

ANNA

Oh ! chaque jour je vous bénirai, ma mère.

GLOTILDE, à part, avec une horrible donlenr*

Maxime!. . . Maxime!. . . (lont à conp a^eo énergie.) Embrasse* moi ! embrasse-moi, ma fille !. . .

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