SCÈNE IIL DESGENAIS, puis MARTIN
DESGENAIS, le regard«at a'éloigncr.
Ai-je bien fait de pousser cet enfant à ce duel? Si malgré cela. madame de Préval... oh! n'importe, et quoi qu'il amve... ce
que j'ai fait, je devais le faire. [Martin parait avec un Domestique qui l'aide i endosser son paletot.)
MARTIN j an DomestiqQe.
Bien obligé. Mon chapeau ! ... (Le Domeitique le lui donne.) Merci ! . . .
(Le Domestique sort, —Martin finit de s'iiabiller devant la glace. Apercevant Desgênais et sans se retourner, à part.) Ah! ah! VOUà mOn OrgUCllleuX ! (li te salve firoidement dans la glace. Devenais lui rend son salut.)
DESGENAIS, à part, regardait sa montre.
Bientôt sept heures I
MARTIN, toujours dans la glace, mettant son cacbe-ncz.)
Oh ! le jour est levé, monsieur Desgenais.
DESGENAIS
Eh bien, qu'est-ce que cela me fait ?...
MARTIN
Ah!... on ne sait pas, on ne sait pas... (ii met son chapeau.) Mais
cependant, si j'avais voulu... (Desgenais ne répond pas et va à la fenêirc.)
MARTIN l'y suit.
Oh ! le fiacre n'^y est pas. (Oesgenals hausse let épaules et rcde&coud.)
AOTE TROISIÈMB 97
MARTIN^ avec colère, à part.
Toujours le même, impossible de... (prenant une rcsoliHion clrexe-
nant.) Ecoutcz, mousieur Desgenais... avouez-moi seulement que vous êtes fâché de tout ce que vous m'avez dit, et je vous donne quittance.
DESGEMAiS.
Âh çà! vous avez donc la rage de m'acheter des mensonges?...
(il patM à gauche.)
MARTIN^ avec colère.
Diable d'homme!... Eti bien^ morbleu!... il ne sera pas dit que vous m'écraserez toujours de votre supériorité. Mademoiselle Marie a déchiré ées titres; moi^ je déchire les vôtres, (ii déciure
les papiers qu'ail a tires de sa poche^ et les jette dans la cbeminëe.)
DESGENAIS
Je n'en reste pas moins votre débiteur^ monsieur Martin.
MARTIN
Je ne recipvrai pas votre argent^ et^ bien mieux^ je veux...
DESGENAIS
Vous voulez. . .
MARTIN^ s'aniffiant.
Je veux vous prouver qu'il n'y a pas que vous qui ayez de ooni^ sentiments^ et ^e l'on en trouve aussi chez. . . (appuyant) es bourgeois. Enfin^ je veux faii*e le bonheur de Marie.
DESGENAIS
Son bonheur?. ..
MARTIN
Oui^ parce que^ après tout^ je l'aime cette chère petite^ et de tout mon cœur!. . . de tout mon cœur de bourgeois.
DESGENAIS
Monsieui* Martin.
MARTIN^ coBUBuant.
Aussi j'ai résolu de l'adopter.
DESGENAIS
Hein?
MARTIN
De lui laisser tout mon bien. Enfin, je veux être son perc.
DESGENAIS
Bon, voilà autre chose à présent. . . Eh bien et moi ?
MARTIN
Vous?. . . Vous reprendrez votre casque et votre grande épée et vous retournerez a la guerre aux bourgeois.
68 tES PARISIENS
DESGENAIS
Prenez garde^ moosieur Martin^ vous allez être bon par méchanceté.
MARTIN
Ce n'est pasvrai^ monsieur/ je vais être bon par bonté. .. Gii*ouette si tous voules.
DESGENiaS*
Oh oui!...
MARTIN
Mais bon. . .
DE9GBNAIS.
Mais! monsieur Maitin^ ça n'est pas Logique^ sacreblea! cet accès de sensibilité chez un homme comme vous^ qui ne s'est jamais occupé que d'affaires. . .
MARTIN
Eh bien ! puisque je suis retiré !. . . Ah! ah I ^B tous tiens cette fois^ car si yotre orgueil refuse mes bienfaits... vous aurez fait le malheur de Marie.
DBSGENAIS^ émn.
Mais* monûeur Martin. . . Marie ne voudra pas me quitter.
MABTIN^ après un mouYement.'
Ah ! vous croyez?
DESGENAIS
J'en suis sûr.
MARTINj avec intention.
Dites donc, il y a un mpyen^ épousez-la, vous. . . Elle aura une belle fortune, et. . .
Et VOUS me croyez capable de spéculer sur la reconnaissance de Marie pour m'enrichir aux dépens de son bonheur ?* . . Ah! sapristi ! c'est. ça qui est bourgeois, par exemple !
MARTIN, furieux.
Que le bon Dieu vous bénisse !. . . avec vos grands sentiments qui n'en finissent pas; car enfin qui vous dit que cet enfant ne songe pas à vous ?
DESGENAIS
Elle?... Non, monsieur Martin; Marie ne peut pas songer à moi, parce que j'étais le frère de celui qu elle aimait, parce
au'un amour comme celui de Marie ne quitte pas si vite le euil, parce que... (Marie e^t entrëc.) Mais d'ailleurs, tenez, vous allez voir! Marie...
MARIE
Mon ami.