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forêts, des maisonsisolées qui s’échélonnentde proche en proche. Les hauteurs qui séparent les vallées forment des obstacles parfois considérables, mais des sentiers très praticables es sillonnent ; de plus, entre la vallée de la Moselotte et celle dela Haute-Moselle, laffaissement qui s’est produit à la hauteur du Thillotet de Cornimont, et au fond duquel se cache le Ménil, à permis d'établir une belle voie de communication et a rendu les relations en tout temps plus aisées. Naturellement, la vallée de la Moselle, avec sa route ancienne et « faite en chaussée », était plus fréquentée que celle de la Moselotte, à l'extrémité de laquelle la Bresse n'était reliée à la vallée de Münster que par un mauvais chemin : et demeurait ainsi Qun lieu perdu » 2, Les forêts ont aussi beaucoup reculé; cependant elles sont encore aujourd’hui fort denses entre Remiremont et le Val-d’Ajol, et. certainement n’ont pas peu contribué à l’isolement de cette dernière localité. Remiremont était sans aucun doute un centre important d'échanges commerciaux. « C’est là, dit M. Vidal de la Blache en parlant des villes situées au débouché des vallées, que le Vosgien venait, à époques fixes, troquer son bétail ou les produits de son industrie pour le grain nécessaire à sa nourriture, pour le lin quidevait occuper son travail d’hiver » 5. Je manque de renseignements précis sur les foires et marchés de notre région avant le xix° siècle, où ils sont devenus nombreux et importants dans les chefs-lieux de canton et les autres gros centres. Je puis cependant signaler que, sur la demande de la communauté de Gérardmer en 1574, un marché et des foires furent établis à Vagney +, et qu’en 1560 Christine de Danemark, mère de Charles III de Lorraine, autorisa l'établissement à Bussang d’un marché franc qui se tenait chaque samedi ÿ.
1. Boyé, op. laud., p.165 ; Vidal de La Blache, op. laud., carte 33, p. 195.
2. Boyé, op. laud., pp. 335, 336. La belle route qui relie Gérardmer à Münster date seulement du milieu du xrxe siècle, Boyé, id., p. 338, note.