INTRODUCTION
J5n fait d'histoire et de chronique, le moindre détail, un nom propre, une simple date, tout intéresse et a de l'importance. C'est la raison et l'excuse de ce modeste travail, composé de diverses notes glanées avec peine, sur un terrain encore inconnu. Il est extrait d'une autre Etude sur la Révolution au Pays basque, qu'avec l'aide de Dieu, nous espérons donner dans les pages de cette même Revue, Pour ne potnt, d'un côté , surcharger et encombrer ce dernier travail , de chiffres, de dates et de notes, qui auraient rebuté plus d'un lecteur, de l'autre, ne voulant pas absolument les perdre, nous les avons réunis dans leur désespérante aridité sous le titre de Paroi&ses du Pays basque au XV IIP siècle et pendant la période révolutionnaire.
iVouvrage se divisera d'après, les diocèses de Bayonne, de Dax et d'Oloron, ou les provinces du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soûle. Toutefois, après avoir indiqué les paroisses de ces provinces appartenant, avant la Révolution, h chacun de ces trois diocèses , pour la plus grande commodité du lecteur, habitué aujourd'hui à la nouvelle division par cantons , nous suivrons cette dernière classification. M. Raymond , réminent et regretté archiviste des Basses- Pyrénées, nous en donne l'exemple dans le classement des documents de chaque commune H). Adoptant la division par cantons, ou comme l'on disait alors par justices de p£ix nujis, suivrons la première cir- . conscription des paroisses par Mgr Loysqn, en 1803. (2j
Pour chaque paroisse, en commençant par celle du chef-lieu, nous citons, avec les dates, les divers noms qu'elle porte dans les plus anciens documents : ce qui ne sera point inutile, ni au point de vue chronologique, ni au point de vue philologique. Suivront tes noms des seigneurs, patrons de l'église, des gros décimateurs de la paroisse; le Pouillé (3) général, l'état estimatif du revenu des bénéfices, le produit des dîmes et des prémices, des revenus de la cure, des fondations et des obits, la population à diverses époques, la liste des curés connus des paroisses les plus importantes ; les noms des prêtres originaires
(1) Arch.'Dép., t. 5, suppl. à la série E.
(2) Il y eut deux nouvelles circonscriptions, l'une en 1807 et l'autre en 1826.
(3) Polyptycfmm, Pulegium (plusieurs plis) vieux terme employé pour signifier le dénombrement des bénéfices d'un diocèse.
de la paroisse et de ceux qui figurent sur les registres paroissiaux,
Ces listes d'ecclésiastiques, souvent très arides, d'autrefois fournissant des notes biographiques, nous ont paru très utiles pour de nouvelles recherches ; elles offrent un autre avantage non moins important : celui de tenir lieu de ces dyptiques vénérables que, jadis, on rédigeait et l'on gardait, avec tant de soin T dans chaque église. Sans doute toute l'ambition du prêtre, dans ses travaux apostoliques se borne à mériter la récompense céleste (Unam petii à Domino, ut inhabitem in domo Domini). Mais parce que le Seigneur aura écrit son nom dans le livre de vie, son souvenir sur la terre doit-il périr avec ses jours? L'Eglise, tout au contraire, par ses nécrologes % ses notes des morts (schedœ emortuales, status animarum), ne nous invite-t-elle pas à garder le souvenir des défunts, surtout de ses ministres fidèles? Le tombeau, dans les antiquités chrétiennes, s'appelait la maison (domus) ou le mémorial (memoria) des morts. Nos listes seront donc, pour chaque paroisse, un mémento de ces ouvriers évangéliques tombés sur le même sillon, que nous essayons de féconder de nos travaux. Prêtres et laïques nous aurons à bénéficier de ce pieux souvenir: Tabernacula eorum in progenie et progenie (Ps. XLVIII, 12).
A la suite, nous parlerons de ces pierres du sanctuaire (Lapides nanctuarii, Thren. IV, 1) dispersées par la tourmente révolutionnaire , do ces généreux confesseurs de la foi fidèles à leur conscience et à l'Eglise. Qui pourrait y être indifférent? L'Eglise ne se préoccupe-t-elle pas de la béatification de ces innombrables martyrs de la Révolution française? Ceux des Carmes, de l'Abbaye, de Nantes, les nôtres enfin auront leur tour. Cherchons leurs noms, publions leurs victoires. Ah l pourquoi faut-il que nos documents et nos renseignements soient si
rares et si incomplets ! Que l'un commence, que l'autre continue,
qu'un troisième achève Notre modeste travail s'arrête à l'ouverture officielle des églises, à l'organisation des paroisses, en 1803. 11 sera continué.
Nous savons qu'un de nos confrères, <jue sa position et son talent rendent si propre à cette tâche, a entrepris de faire la liste de tous les prêtres du diocèse, depuis cette époque. Les prenant au jour de leur ordination sacerdotale, il les suit dans les diverses étapes ou positions de leur vie sacerdotale jusqu'à leur décès.
Après lui viendra, n'en cloutons pas, un grand ouvrier, qui fera le Pouitlé historique" du diocèse. L'habile historien, qui aura réussi à présenter, en appuyant chaque détail de pièces authentiques, un état général du diocèse, depuis 4 'époque lointaine de son évangélisalion, le dénombrement de ses bénéfices, de ses paroisses, des fondations, des prébendes, abbayes, chapelles, établissements religieux et hospitaliers, celui-là aura bien mérité de l'Eglise de Bayonne. Alors notre travail aura vécu. Sans le regretter, nous voulons, avec vous, chers lecteurs, saluer dès à présent et appeler de tous nos vœux cet heureux et infatigable ouvrier.
Cibourc, le 8 décembre 1891, en la fête de l'Immaculée Conoeption.
HARISTOY, prêtre.