CHAPITRE PREMIER
Les « Parsis » sont les descendants des anciens Perses, dont le nom est resté fameux dans les annales du monde. Réduits désormais à la minorité peut-être la plus restreinte de toutes les nations du globe, on les trouve épars sur le territoire de la Présidence de Bombay et cantonnés dans quelques districts de la Perse moderne, à Yezd et dans le Kirmân, où ils végètent depuis des siècles. LaBible\ les historiens classiques*, les traditions nationales' et les documents épigraphiques récemment mis en lumière par les savants européens * nous renseignent sur les fastes de leur histoire. Le Fars représente de nos jours la petite province Parsua qui a donné son nom à une des civilisations les plus puissantes de l'antiquité. Il est borné à l'ouest par la Susiane, au nord et à Test par
1. La première mention des Perses y est faite dans Jèrémie, xxxix, 3.
2. Hérodote, Ctésias, Deinon, Théo pompe, Hermippe, Plutarque, Diogène Laêrce, Pline, Strabon, Pausanias, Dion Chrysostôme, Damascius, Théodore de Mopsueste, etc.
3. Écrivains musulmans : Firdousi, Mirkhond, Tabari , Maçoudi, Shahrastani, Dimisqhi, Ibn Fozlan,etc.— Écrivains arméniens: Eznik, Elisée, etc.
4. Les inscriptions cunéiformes achéménides retrouvées en Perse et en divers lieux, déchiffrées et publiées par Grotefend, Burnouf, Lassen, Rawlinson, Norris, Spiegel, de Saulcy, Oppert, Menant, Kossowicz, etc., etc.
â ANNfALÈS DtJ MUSÉE GUIMËT
le désert de Khavir et le Kirmân, avec un littoral sur le Golfe Persique compris entre Bouchir et Bandar Abbas. — Dans les temps primitifs, les habitants divisés en tribus menaient une vie simple et agreste, supérieurs en tout à leurs voisins de Médie, déjà amollis par la civilisation. De cinq à vingt ans, dit Hérodote, on apprend trois choses aux jeunes Perses : à montera cheval, à tirer de Tare et à dire la vérité (Hér. ,C/ïb, cxxxi). C'étaient chez eux et chez les Bactriens que les principes de la religion zoroastrienne s'étaient maintenus les plus purs.
Avec Cyrus, descendant d'Achéménès, les temps historiques commencent pour la Perse. Il fonda la dynastie des Achéménides qui dura deux siècles et atteignit, par ses conquêtes, un degré de splendeur dont on trouve en tous lieux des traces irrécusables. Alexandre, à Arbèles^ (331), renversa Darius, le dernier prince achéménide, et, à sa mort, la Perse resta au nombre des pays soumis aux Séleucides. En 255 av. J.-C, Arsace, de la province de Parthie, se révolta contre Antiochus Théos et jeta les bases d'un nouvel empire. La race des Arsacides régna jusqu'à ce qu'un Perse de naissance peu illustre, Ardeschir, fonda à son tour une dynastie nationale, celle des Sassanides (226 ap. J.-C). Les Romains en furent les constants adversaires; toutefois le danger le plus pressant ne se manifesta qu'avec l'apparition des Arabes, qui, gagnant de proche en proche, avaient déjà conquis plusieurs provinces, lorsque le roi Yezdedjerd s'apprêta à la résistance.
La première invasion avait eu lieu sous le khalife Omar (633)*; Khalud Ben Walid, à la tête de dix mille hommes.