MARIAGES CHEZ
■i demi ; la secotiJc, deux ans e( demi, el la troisième qu&tre «ds.
communauté parsie au Temple du Feu Dadisetli et excommunia les parents, leur interdisant tout contact avec les laïques et défendant aux prêtres d'iiller célébrer chez eux.
Voici un tableau des mariages dans la ville de Bombiiy ; nous l'empruntons au Mémoire déjà cité de ^]. B. B. Patell. (Voy. supru. p. 55.) Il donne un aperçu des conditions du mariage au point de vue de l'âge, de 1881 à 1890.
lAU G
I^RSIS DE 1881
B Trois ans, marîâe à son cousin âgô île sin ans.
r Vieille allé mariée & un veul de ciii<|nanle-<]eux aii);.
7 l 'aac des deux, àgOo de irniK ans, inarjûe à un garcou de huit a
\ Treaie-cinq aqs. — i Trenie-cinq aus.
Comme il nous est impossible de présenter un travail complet, pas i)lus poiu* ce qui regarde la statistique que pour les autres détails de la vie sociale des Parsis, et que nous sommes force de nous contenter de simples indications, il est préférable de concentrer nos recherches sur un seul point à l'aide de documents précis. Nous voyons donc que la moyenne des mariages a été de 1881 à 1890 de 323 par an, ce qui donne 1.275 pour cent pour les hommes et 1.387 pour les femmes. La plupart des unions se sont contractées entre dix et vingt ans. En général, chez les Parsis, cm se marie avant quarante ans. Il est vrai que nous voyons figurer quehiues mariages au-dessus de cet âge sur le tableau G; mais ce sont à proprement parler de seconds mariages avec de vieilles filles, mariages qui ne sont pas comptés comme seconds mariages suivant 'les coutumes parsies. De même, trente-cinq ans semble la limite extrême chez les femmes pour rester libres, quoiqu'il y ait l'exemple d'une Parsie mariée à trente-huit ans, en 1884. D'autre part, les mariages précoces disparaissent rapidement ; toutefois nous trouvons encore, en 1881, celui de deux fillettes d'un an et demi et de deux ans et demi, ainsi que celui d'un garçon de deux ans; et, en 1884, figure le cas d'une enfant de trois ans mariée à son cousin âgé de six.
Nous ne croyons pas être autorisé à affirmer que les mariages ou tout au moins les fiançailles précoces n'existent plus parmi les Parsis de la présidence de Bombay et de l'Inde entière; néanmoins il est certain que les progrès de l'éducation ont changé les conditions anciennes. Les jeunes gens des classes éclairées semblent fort disposés à suivre les mœurs anglaises, d'après le choix personnel et rinclination partagée^ ; mais, pour être juste, nous ne saurions taire
' M. Peshotan Hormusji Dastui* a plaidé devant The High-Court de Bombay et The Pdr.-^i nxatrlmonlnl Court pour obtenir la dissolution de son mariage et celui de sa femme contracté quand ils étaient enfants. Les Hii/h Courts refusèrent d'intervenir, estimant que le mariage fait
l'attachement de certains parents orthodoxes à des coutumes qui assuraient, selon eux, des avantages matériels à leurs enfants et procuraient en même temps à ceux-ci des unions heureuses, dues à la prévoyance des ascendants.
Uàge du mariage arrivé, sur qui se portera le choix du Parsi ? Sera-t-il libre de suivre son inclination personnelle ou son ambition ? — Écartons d'abord les alliances avec les non-Mazdéens; le premier soin sera de se conserver pur de tout mélange, et d'éviter Timmixtion de l'élément étranger ^ La loi religieuse protège le fidèle contre cette déchéance. L'union recommandée comme la plus méritoire' sera celle des cousins germains, le khêtûk-das (en zend IwaêtoadathaV, Nous ne pouvons entrer ici dans le^ discussions passionnées qu'a soulevées le khêtûk-das. Le désir de conserver la pureté de la race, de s'unir à une femme élevée dans la môme famille et de sauvegarder des intérêts matériels, avouons-le aussi, la crainte de négliger, en s'alliant à une étrangère, les pratiques du culte expliquent parfaitement la persistance d'une coutume antique dont on retrouve des traces jusque chez les Arméniens persisés, et dont les Patriarches chrétiens s'offensaient si foi*t*.
par les tuteurs du couple était légal et liait les conjoints jusqu'à leur majorité.
* • Ils ne s'allient qu'avec ceux de leur loi et nation qui est la raison pourquoi ils ont conservé la blancheur et la beauté de leur sang dans les Indes et autres lieux où ils ont fui, et<;., etc. » La Boullaye le Gouz, Les Vonatjt's.QUi., ch. \x, p. ISiKV^oyez aussi Stavouinus, Vo/ya/yc, etc., vol. I, ch. xxviii, p. 'My,\. Les autres voyageurs font la même remarque.
' • L'alliance la plus recommandée est le /Jtcschi (ou hkvtoudas^ c'est-à-dire donner son purent) : c'est le mariage entre cousins germains. » Anquetil Duherron, Z,-A., t. II, p. 550; voyez aussi son Système cérèmoniel et mi)rut, etc., pp. 011-612.
* Le moi houe (ridfit h a ne parait que cinq fois dans l'Avesta. Voyez Yas., XII, 8; Vp., m, 3, 10; Gdh., iv, 8; >7., xxiv, 17; Vend,, viii, 13, 35-36.
* West, The nicaning of/Jiêiàk dus, dans les Pahhcl Texts, 11,389- 430; CA.SARTELU, What leas kfiêtuk-dasf p. 8; Hubschmann, Uberdie
liéduit à ces proportions, le khêtûk-das n'a rien qui puisse surprendre ou froisser. Les exemples du mariage entre parents ne manquent pas chez les autres peuples ; mais ce genre d'union prend un tout autre caractère mis en regard des assertions des auteurs anciens et des faits tirés de Thistoire ou de la légende qui viennent entacher d'une manière fâcheuse cette pureté de mœurs dont les Mazdéens sont si fiers. En effet, que TAvesta recommande le mariage entre cousins germains comme une action qui mérite le ciel, il n'y a en cela rien d'excessif ou d'anormal ; toutefois quand on lit certains passages des écrivains étrangers et qu'on voit qu'il était permis non seulement d'épouser sa sœur, mais sa propre mère, c'est là ce qui révolte les sentiments naturels et justifie les efforts des Dastours à trouver dans l'étude des textes une explication pour repousser ces dires injurieux V
L'épouse choisie, l'époux devra lui être fidèle. Les voyageurs ont tous constaté la monogamie chez les Parsis, bien que certains alHrment qu'ils peuvent prendre une seconde femme en cas de stérilité de la première* ; d'autres estiment pourtant qu'il leur faut l'assentiment de celle-ci. « Un homme selon la loi ne doit avoir qu'une femme, mais si cette femme est stérile, elle peut permettre à son mari d'en prendre une seconde pour avoir des enfants. Cet homme habite avec cette seconde femme après avoir reçu la bénédiction nuptiale comme pour un second mariage, et il est obligé de garder chez lui la première. Il ne pourrait pas même en prendre une seconde, si celle-là n'y consentait pas. Pour ce qui est de la femme, si son mari est impuissant, il ne lui est pas permis
pcrsisc/ic Vencandtenlieivalli (Z. D, M. G., 1889, 308-312); Darmes- TKTKR, Zcnd-Arcsta, vol. I, Yasna 12 et 13. Appendice, p. 126.
^ Dahab Dastur Peshotan Sanjana, Nexi-of'kin marriages in old Iran. London, 1888.
' A ff encrai collection of the hest and niost intercsting traeels, by John Pinhcrion, etc., vol. X, p. 214--220.
de se marier de son vivant à un autre homme \ » M. Darab Dastur Peshotan Sanjana repousse l'hypothèse de la polygamie dans l'antiquité iranienne {op, cit., p. 42); d'ailleurs aucun passage de l'Avesta ne traite cette question.
Voici maintenant la manière dont les unions se contractent le plus souvent, quand elles ne peuvent avoir lieu entre les consanguins. Les préliminaires dn mariage sont pour la plupart empruntés aux mœurs des Hindous.
Les deux sexes jusqu'à présent se voyaient peu, en général, de sorte que les mariages avaient rarement la chance do se faire par suite d'une inclination mutuelle. Souvent ils étaient et sont encore parfois arrangés par l'entremise d'un prêtre au courant de la position respective des familles. Le nom d'une jeune fille mis en avant, les parents ou les tuteurs du jeune homme entrent en rapport avec ceux de la jeune fille et demandent qu'on leur communique l'horoscope* de cette dernière, afin que l'astrologue puisse être consulté sur l'opportunité du choix. On donne également l'horoscope du jeune homme au même astrologue pour savoir si les étoiles des futurs époux sont en harmonie; l'union dépend beaucoup de la réponse.
Si les étoiles sont déclarées favorables, les parents cherchent à se connaître; ceux de lajeune fille s'inquiètent surtout de l'humeur de la belle-mère dont le bonheur do la nouvelle mariée dépend totalement'. Enfin, lorsque les parents sont
^ Anquktil Duperron, Z.-A., t. II, p. 5^>1. Voyez aussi son Précis raisonné du système lhèo/()f/i'f/i(\ cèrèinonicl et moral des licres ^ends etpehlois, etc., Z.-A., t. Il, p. 012.
* L'horoscope n'est généralement plus n'Mîlam»'*; chez les Hindous, à cause dû décès conjectural des conjoints, il est encore de la plus grande importance, puisqu'il prédit lequel des deux sera veuf ou veuve; par conséquent, il convient pour la jeune (il le, d'éviter autant qu'il se peut une pareille éventualité.
* Jadis l'enfant, à peine âgée do neuf à dix ans, se trouvait sous la domination de sa belle-mère, devenue proverbiale chez les Hindous, Bosu'Cha-jach, En effet, si la dame est d'humeur ditTicile et exigeante,
éclairés de part et d'autre, les fiançailles ont lieu au jour fixé par Tastrologue. Il n'y a aucune cérémonie, sauf un échange de présents, ce qui rend le contrat de mariage /)ac/ca ou complet, en un mot indissoluble \ Il n'y a pas d'époque assignée à la célébration définitive, mais elle ne doit jamais être reportée au delà de. l'époque où la jeune fille a atteint Tâge de la puberté'.
Certaines dates semblent plus favorables; aussi beaucoup de mariages ont-ils lieu le même jour. Quelque temps avant la fête, si les deux familles sont riches, il y a une série de de dîners, jadis accompagnés de nautchs comme chez les Hindous; de plus, un échange de cadeaux dispendieux est encore obligatoire*. Or il arrive chez les Parsis que ce sont
nul ne peut imaginer les misères qui sont réservées à la nouvelle venue, mal protégée par un mari dont la jeunesse môme est une cause d*indifférence et dont les sentiments délicats sont rarement éveillés en faveur de sa petite compagne. Celle-ci, isolée dans un intérieur dépourvu de sympathie, subit le bon plaisir de son dur seigneur, et fait un cruel apprentissage de la vie, sans grand espoir d'une revanche si les dieux lui refusent un fils.
* Anquetil Duperron (Z.-A., t. II, pp. 557-658) déclare que cet accord ne pouvait ôtre rompu, bien que les contractants fussent enfants. Certains juristes parsis ne croient pas à Tindissolubilité de l'engagement ; les fiançailles peuvent être annulées comme chez les Anglais à la suite d'un procès en dommages-intérêts pour rupture de promesse de mariage. Un cas s'est môme déjà présenté devant The High'Court de Bombay ; mais le mariage, une fois consommé, n'est dissous que devant Thi' Parsi niatrinionial Court.
* Anquetil Duperron enregistre cinq sortes de mariages (Z.-A., t. Il, p. 560) et cite à l'appui raut/>rité des /?arat'^.s. Il distingue deux cérémonies, celle du Nam-^a/f qui répond à nos fiançailles et celledu Nékah qui est la bénédiction nuptiale donnée chez la fiancée. Ibid.^ p. 557-558. Avant la célébration du mariage, les deux fiancés devaient boire un peu de Ncreiuj (jomoc din, faire le Ghosol de Nereng et d'eau, et mettre des habits neufs. La jeune fille était soumise à une purification, suivant certaines prescriptions. Cf. H. Lord : Hist. de la RoL des nnc, Pers., p. 200.
"• Pour le mariage chez les Hindous, voyez Monier Williams, Hel'hfious ThoïKfht aiid Life in India : sa célébration dans l'antiquité, ch. XIII, pp. 363 et suivv., et dans les temps modernes, ch. xiv, pp. 379 et suivv.
des occasions de dépenses peu en rapport avec les revenus. On veut imiter les gens riches, et ceux de la classe moyenne s'endettent quelquefois pour le reste de leur vie\
On lance des invitations très nombreuses pour le jour du mariage ; souvent on compte plus de quinze cents convives'. La cérémonie se célèbre le soir, après le coucher du soleil, conformément aux promesses faites au Rana de Sanjan.
Les hommes prennent place sur des chaises et des bancs rangés sous les vérandahs et des deux côtés de la voie publique qui fait face à la maison; Tintérieur de l'habitation est réservé aux femmes*. Tous les invités ont revêtu leurs plus beaux atours : les hommes Tantiqueya/^m, d'allure ample et majestueuse, et la large ceinture de mousseline blanche, pichori ; les femmes le sari souple et gracieux, frangé d'or ou bordé dojt'ck\ sans oublier leurs plus riches bijoux. Un peu avant le départ de la procession, Tusage veut que les amies de
^ La Rahnumai Masdatjasnan Sahha a tenté de courageux efforts pour ramener le mariage à des usages moins coûteux.
* Voy. dans Vlndian Antiquart/, vol. XIX, 1890, et vol. XXI, 1892, Parsi and fjujarati nuptial songs par Putlibai D. H. Wadia. On y trouve le texte et la traduction de quelques chants de noce en usage chez les Parsis et les Hindous duGoudzerat. Cette |:»oésie i-emonte à une très haute antiquité et il est intéressant de la consulter.
' On a construit pour la célébration des mariages des salles spa- ■cieuses i)0uvant contenir de deux cents à mille personnes à la fois, avec des di'gagements suffisants pour que les invités soient assis i)endant que la proc«»ssion se forme et de vastes salons pour recevoir les dames et les enfants. Ces établissements sont divisés en deux parties, l'une pour le cortège de la tiancée, l'autre pour celui du fiancé; on en compte sept: 1" Mi'herican Batj, fondé par Mervanji framji Panday (de Yez. 1240); 2- .4 llhless Batj, fondé par Edalji Fram ji Allbless (de Yez. 1238) ; 3" Ehtiû B(uj, fondé par Sir Jam.shedji Jijibhai (de Yez. 1208); 4" Kama Ba;/, fondé par Pallonji Kharshedji Kama (de Yez. 1238); 5" Manchjl ScUi*.^ Watii, f(mdé par Manekji Naoroji Sethna (de Yez. 1119); G" liur/nacd Batjy fondé par Cowasji Hormusji Shroff (de Yez. 1241); 7' Ilor/nns/i Pestimji BoUlcicalla's Wadi (de Yez. 1233).
* Sorte de broderie eu argent spéciale à la communauté parsie; on s'en sert pour garnir les saris et confectionner les (opis. C'est une luxueuse fantaisie réservée aux gens riches.
la fiancée se rendent chez le fiancé pour lui offrir un cadeau composé (Vune robe et (Vune bague d'or ou de diamant, disposés sur un plateau (jue porte dans sa main droite la mère de la jeune fille. Ce message rempli, Taimable ambassade revient en hâte, et au coucher du soleil on parfume les invités d'eau de rose contenue dans des aiguières d'or ou d'argent* ; on leur distribue des bouquets de roses ou de fleurs odorantes et de petits paquets triangulaires de pansopari\ composés d'une feuille de bétel et d'une noix enveloppées dans une feuille d'or. — C'est alors que le cortège se forme i)récédé d'un orchestre de musiciens natifs ou anglais, et s'avance en l)on ordre vers la demeure de la jeune lillc\ Le fiancé, ayant à ses cotés le prêtre qui doit
^ Assez semblables aux aiguières do provenance persane, celles de Taui'is, par exemple.
* Le pan-soparie^t un composé de la noix d'arëca, de feuilles de bétel, de camphre et de cardamome, le tout môle de chaux vive. Les natifs, hommes ou femmes, mâchent le pan-sopnri après chaque repas et ne manquent pas de l'offrir à l'hôte ou à l'étranger.
^ La planches i-epn'sente le départ de la procession au moment où elle ({uitto Petit-Hall, la résidence de Sir Dinsha M. Petit, lors du mariage de son petit (ils, Jijibhai Framji Dinsha Petit, avec la fille aînée de Sir JamslMHlji .lijibhai. Bai Dinbai (^i mars 1894). Les voyageurs admirent toujours l'ordre et l'éclat de cette pompe, à laquelle la ville entière applaudit et (jn'(^scorte la foule la plus sympathique; car il convient de dire, à l'honnenr dos populations de Bombay, que des femmes de haut ran^ comme (îelles qui ont la bonne ^rAce de se prêter à un usage anti((U(^ ne cornent aucun risque et n'ont à i-edouter nul ennui. Le plus grand respect les entoure; étrangers et natifs n*ont jamais dépassé les borrit's d'une bienv4Mllante curiosité. L'état social de Tlnde permet une (!()n(les<'endance semblable; d'ailleurs la générosité de la communauté parsie ne hi^ prot<'*ge-t-elle pasV Comment les frères nécessiteux oseiait'ut Us ('uvier une richesse dont ils ont chaque jour une si large l»ait'? Qu«' l'on jette les yeux autour de soi, qui donc, dans la villo, a bâti ces asiles, ces hôpitaux, sinon ces mêmes grandes (lames qui acM.'o m plissent avec simplicité une coutume traditionnellfV — Nous avons le regret de n'avoir j)u donner qu'une réduction de la b<»Ilo planche qui nous a ét«j communiquée, ce qui nous empêche (le nommer toutes les femmes distingii(>es qui s'y trouvent. Au centre, (Ml voit M" Kramji Dinsha Petit, née Bai Avabai Nasarvanji Manakji
accomplir la cérémonie, marche en tête suivi des invités, hommes et femmes ; en arrivant chez la fiancée, les femmes entrent dans la maison, les hommes restent ensemble, et on leur distribue des bouquets et desbiddas (noix de bétel).
Après le coucher du soleil commencela cérémonie nuptiale; elle a lieu généralement dans une grande salle au rez-dechaussée dont on a couvert le sol d'un tapis, galicha. Les mariés, assis face à face, sont séparés par une tenture de mousseline, jowrc/a/i, qui les cache l'un à Tautre, tandis que leurs mains se réunissent par-dessous; alors on déploie autour d'eux une pièce de mousseline dont les extrémités sont nouées par un double nœud. Les prêtres, en récitant les prières de VAhuna vairyo, entourent sept fois le couple de la même manière avec une petite corde, suttar. Au septième tour, la corde est nouée sept fois sur les mains jointes des époux ainsi qu'autour du double nœud des bouts de la tenture déployée autour d'eux'. Ceci fait, on brûle de l'encens sur le feu placé dans un vase métallique plat; puis, d'un geste rapide on laisse tomber le rideau. Les nouveaux mariés, auxquels on a remis des grains de riz, se hâtent d'en jeter l'un à l'autre, aux applaudissements de l'assemblée'; ils s'asseoient ensuite côte à côte, pendant que deux dastours.
Petit, la mère du fiancé; elle soutient avec ses parentes le plateau où sont dispos«''s les cadeaux et les guirlandes de fleurs. Nous omettons à dessein les noms guzeratis de ces différents objets, ne voulant pas surcharger le texte déjà trop souvent obscurci par des mentions de ce genre.
^ Ces cérémonies ne sont suivies que chez les Shahanshahis.
' La pur du Ji entre les deux mariés signifio qu'après avoir été séparés ils vont ôtre réunis. Le serrement des mains et le nœud de la corde donnent h, entendre que désormais ils sont unis. La pièce de mousseline qui les entoure annonce qu'ils ne font plus qu'un; le nnnid sera le symlx)le d'affection du mari et de la femme que rien ne pourra rompre; le nombre sept correspondant au nombre de fois qui les lie est de bon augure chez les Parsis, à cause des sept Amshaspands, des sept cieux et des sept continents connus des anciens Perses; enfin les grains de riz jetés l'un à l'autre et comptés avec tant de soin par les parents et les amis indiquent le degré d'affection de celui d'entre les conjoints qui réussit à les jeter le premier.
runprès de Tépoux, l'autre près de Tépouse, récitent VAshirwad\ Le plus âgé prononce les bénédictions suivantes : (( Puisse le Seigneur qui sait tout vous bénir dans la personne de nombreux enfants et petits-enfants et vous accorder une longue existence^ une amitié tendre au cœur, une vie d'au moins cent cinquante ans ! »
Deux personnes prennent place près du couple, Tune à côté du marié, Tautre à côté de la mariée. Le prêtre officiant demande d'abord à celui qui représente le père si le mariage se fait avec son agrément, et si (( en présence de l'assemblée réunie dans telle ville (on spéciQe le jour, le mois et l'année de l'empereur Yezdedjerd), il a consenti, suivant les coutumes et les lois de la religion mazdéenne, à prendre cette épousée en mariage pour ce jeune homme sur la promesse de lui payer deux mille « derams » d'argent pur et deux (( denars » d'or rouge' (du titre de la ville de Nishapour)? » Sur la réponse affirmative, le prêtre demande alors au représentant du père de la jeune mariée « s'il a promis de donner à jamais cette enfant de sa famille en mariage à (on dit le nom du mari), avec de bonnes pensées, de bonnes paroles et dans l'intention du bien? » Sur une nouvelle réponse affirmative, le prêtre s'adresse aux mariés et leur dit : « Avezvous consenti l'un et l'autre à agir suivant votre promesse d'un cœur honnête jusqu'à la fin de votre vie? — Oui, disent-ils, nous y avons consenti. »
Les Dastours font ensuite une petite allocution toute pratique dans laquelle ils proposent aux jeunes époux de nobles exemples pris parmi les défunts illustres de la Perse antique et adressent une prière fervente au Tout-Puissant pour qu'il leur accorde les qualités morales et sociales qui leur sont nécessaires. — Dans cette prière, on invoque les trente t/cualus, qui donnent leurs noms aux trente
^ Bêiiéciiction qui se trouve dans le Khorda-Acesla. L'Avesta est muet sur les rites qui accompagnent la célébration du mariage. * ÎSimple formulaire sans effet et sans échange réel.
jours du mois parsi, et qui sont considérés comme les esprits tutélaires symbolisant les bonnes qualités souhaitées aux conjoints. Tout ceci se dit en pa;send, langue qui fut après le pehlvi celle de la Perse et qui a été parlée couramment dans les derniers jours de la dynastie sassanide. Les bénédictions se donnent dans la langue même de VAvesta; ce sont des passages de la dernière partie du Yasna.
Enfin suivent d'autres bénédictions en pcuend, où sont mentionnés les noms des rois défunts et des héros de la dynastie kéanienne. Les prêtres invitent le couple à imiter les vertus qui ont rendu ces hommes illustres; ils nomment également les principaux objets de la Création, le soleil, la lune et expriment le vœu que les jeunes époux possèdent les attributs que ces planètes sont censées représenter. Une partie de ces bénédictions est donnée également en sanscrit pour se conformer aux prescriptions du Rana de Sanjan*.
La cérémonie se termine par la récitation du Tandarosti réclamant la force physique, Ténergie et la santé pour les nouveaux mariés. Le mariage est dès lors conclu; les conjoints, s'ils sont majeurs, leurs frères ou tuteurs, s'ils sont mineurs, avec les deux personnes représentant les pères ou les tuteurs signent un certificat de mariage qui est enregistré ultérieurement au bureau du greffier des mariages parsis*.
* M. Darab Dastur Peshotan Sanjana {op. cit., p. 49) regrette que dans les prières ci-dessus énoncées, il ne se retrouve pas le souvenir de certains passages des Gâthas (yosna, lui. 3-5, Gâtha Vahishtoishti), considérés comme la plus ancienne formule de mariage adressée par Zarathustra à sa fille Pouruchishta, lors de son union avec le philosophe Jamaspa. Les formules actuelles consistent dans une double bénédiction en deux langues différentes, le pazend et le sanscrit, avec, à la fin, trois courtes citations de l'Avesta. {Yasna, ux. 30-31 ; liv. 1 et lxviii. 11.) Il pense qu'il serait désirable qu'une version guzeratie du pazend, claire et rythmée, fût substituée à la version sanscrite défectueuse et qu'on fit quelques insertions des passages précités des Gâthas, qui contiennent de si nobles idées sur lo mariage et les devoirs mutuels du mari et de la femme.
' La plus sérieuse des réformes dues au Brahmo-Somaj est celle qui
Le marié, accompagné de ses amis, revient chez lui où Tattcnd un banquet; les amis de la mariée sont reçus chez son père. Les femmes sont servies d'abord, les hommes ensuite. Les Parsis, depuis leur établissement dans Tlnde, se sont abstenus de manger de la viande le jour de leur mariage, pour ne pas déplaire aux Hindous souvent conviés au repas. On se contente de poisson, de légumes, de fruits, de conserves, etc. On boit abondamment des vins d'Europe ou du pays, et Ton porte de nombreux toasts. Les hommes en général prolongent la fête fort avant dans la nuit; les dames au contraire se retirent chez elles de bonne heure. Après minuit, une répétition de la cérémonie nuptiale est accomplie par les prêtres devant les parents et quelques amis\
Toutes les cérémonies d'un mariage parsi tendent à se rapprocher de plus en plus des usages européens et les splendeurs orientales à disparaître. Au siècle dernier, Anquetil faisait ainsi part de ses impressions: «Rien déplus brillant que cette pompe. Le cortège est quelquefois composé de plus de deux mille personnes, et les enfants des amis et des parents du marié n'en font pas le moindre ornement: revêtus d'habits tissus d'or et d'argent, et entourés de plusieurs domestiques, ils montent de superbes chevaux richement enharnachés. — On voit paraître ensuite les meubles et la garde-robe de la fille, son lit même; tout est porté en triom])he. — Le mari à cheval et magnifiquement
touche à la célébration du mariage; elle souleva de véritables tempêtes et excita les plus am6res récriminations de la part des orthodoxes. Le 22 mars 1872, parut ÏAct, devenu loi, qui sanctionnait le mariage déi)ourvu de cérémonie religieuse entre les natifs ne professant aucune des religions suivantes: christianisme, judaïsme, hindouisme, islamisme, parsisme, ))ouddhisme, jaïnisme, etc. C'était le mariage civil introduit dans la société hindoue. Quant aux Parsis, nous verrons au chapitre du Panchayet les lois nouvelles qui ont trait au mariage, au divorce, à la succession, etc.
' Cet usage n'est pas suivi dans la secte kadimie; il a son origine dans le mariage hindou.
habillé, est accompagné de ses amis et de ses parents: les amies de la mariée, dans des voitures couvertes, suivent son carrosse, qui est fermé de treillis de canne. De temps en temps on lire pendant la marche des coups de fusil, des fusées, des pétards, et le spectacle est relevé par la lueur d'un nombre prodigieux de torches allumées et par le son, tantôt grave, tantôt glapissant d'une multitude d'instruments'. » (Z.-A., t. II, pp. 558-559.)
En 1803, le récit des fêtes données au sujet du mariage contracté entre les familles d'Ardeshir Dady et de Sorabji Muncherji trouvait place dans le Bombay Courier (29 Januaryl803)V
Voici un épisode d'une noce parsie donné par un des plus intelligents visiteurs de l'Inde moderne. L'élément européen, on le voit, est entré à (lots dans la haute société parsie*.
(( La demeure de C... J... se trouvait au milieu d'un
' Cf. Henri Lord, Hisi, de la Reluj. des Banians, etc., p. 91, eiHist. de la Rclig. des Pers., p. 202.
' «For some weeks past, the most splendid préparations hâve been making for celebrating tlie nuptials between the familles of Ardeshir Dady * and Sorabjee Muncherjee, Parsee nierchants of this place, in a style of Flastern magnificence and grandeur, which almost realised some of the most large coioured de.scription of the Arabian Nights. The eye is every where attracted by a profusion of lights and glittaring ornements disposed in ail the variety of Oriental taste. The welcome guests are enchanted with the display of female élégance in thegraceful évolutions of the dance, the charming performers breathing the perfumes of Arabia, whilst the millifluous airs of soft music ravish the sensés. Tables covered with the soft exquisite viands and generous wines display the attentive hospitality of the happy Fathers, and the gay and luxuriant scène is animated and enlivened by the captivating charms of the Ëuropean F'air, blended with the most sombre grâces of Circassia. » {Bomba// Courier, 29th January 1803.)
* Nous avons déjà eu occasion de citer ce nom (p. 99); nous le retrouverons encore dans le cours de cet ouvrage. Ardeshir Dady s'était fait une grande réputation de luxe et de générosité.
* L. RoussELET, 1/Inde des Rajahs, pp. 37 et suivv.
grand jardin illuminé à giorno ; des lustres éclairaient les allées et les arbres étaient couverts de fruits et de fleurs de feu. A peine eus-je pénétre dans ce lieu enchanté que je me vis au milieu d'une nombreuse société de gentlemen parsis qui, vôtus de leurs robes de cérémonie, longues, blanches et flottantes se promenaient en causant; ce costume des anciens Perses donnait à la scène un caractère asiatique dont elle manquait un peu par elle-même... Je trouvai C... qui me fit entrer dans un riche salon, où devait se célébrer la cérémonie ; les Dustoursen grande tenue se tenaient en cercle et récitaient déjà leurs monotones psalmodies; pendant ce temps, une bonne musique militaire placée dans la vérandah nous jouait des valses et des quadrilles. Quand tous les invités furent rangés autour du vaste salon, on fit cesser les accords profanes et un grand dustour entonna Thymne du mariage de cette voix nasillarde dont les clergés de beaucoup de religions ont le privilège ; ensuite les prêtres se mirent en rang et vinrent à la rencontre de Theureux couple qui entra par une des grandes portes de la salle. Le jeune homme tout en blanc, le cou paré de colliers de fleurs, marchait à côté de la fiancée qui, drapée dans un superbe Sam de brocard, nous cachait â demi ses traits sous un voile. Arrivés au milieu de la salle, les doux jeunes gens se prosternèrent, et le grand dustour s'étant placé près d'eux, le groupe fut couvert d'un énorme châle de cachemire formant tente et le cachant complètement. Lorsque vingt minutes après le bruit infernal des prêtres eut cessé et que le voile fut retiré, les jeunes gens étaient mnriôs ; la jeune femme fut alors entourée d'un cerclo nombreux de dames parsics, la félicitant, l'embrassant en pleurant de joie, et le marié vint embrasser son père et serrer la main de ses amis.
« Après cette curieuse cérémonie^ on nous fit passer dans le jardin où, sous la som])re voûte des manguiers et des tamariniers, un mngniliquc souper nous attendait ; les vins les plus fins, les mets recherchés d'Europe et les plus belles
fleurs des tropiques couvraient entièrement la table. Des musiques anglaises et indiennes alternaient leurs harmonies, tantôt nous berçant doucement sous quelque langoureux refrain goujerate, tantôt faisant éclater la ritournelle d'un brillant quadrille parisien. Vers onze heures, nous fûmes présentés aux dames parsies ; la plupart portaient des costumes couverts d'or, de diamants et de perles et qui miroitaient sous refïet des lustres d'une manière féericiue ; je causai avec quelques-unes d'entre elles qui parlaient admirablement l'anglais. Ce mélange de mcïHU's hindoues et de dehors presque européens ne pouvait être présenté sous un plus agréable jour que celui de cette fête... »
En Perse, le mariage zoroastrien a conservé sa simplicité. Il n'est pas précoce comme aux Indes : le fiancé a au moins vingt ans, et la fiancée quinze. Le jour de la cérémonie, les parents et les amis du jeune homme se rendent à la demeure de la fiancée où on les régale de confitures et de sorbets. Le plus âgé demande à la jeune fille si elle consent îi accepter pour mari celui que sa famille a choisi. Sur la réponse affirmative, le cortège se joint à celui de la fiancée et retourne chez le jeune homme. — Quand tout le monde est assis, le prêtre se tient devant le fiancé et lui adresse un discours en (/a/7'. La fian(îée est un peu plus loin mêlée aux dames de sa suite et ne peut entendre l'allocution qui a pour butd'inviter le jeune homme à suivre les commandements de Dieu et de son prophète Zoroastre, de prier trois fois le jour, de prendre part à tous les Gàluhibàrs et à tous les .A^sr^/^s, de remplir ses devoirs vis-fi-vis de ses parents, etc.
L(» prêtre officiant récite ensuite certaines prières de r(^|)entir, loue Ahura Mazda et invoque sa bénédiction pour toute la terre ; puis il demande au père de la jeune fille s'il consent h la donner au jeune homme présent. Sur une réponse afiirmative, il s'enquiert de ce dernier s'il est résolu
' Idiome propre aux Zoroastriens de Perse.
à la prendre pour femme. Sur une nouvelle réponse, fiancé et fiancée, la main dans la main, tournent trois fois autour d'un feu ardent. On assiste à un banquet et les invités se séparent.
Nous donnons le récit d'un mariage célébré à Bombay d'après les coutumes zoroastriennes de Perse. Nous l'empruntons au Rast Go/î'ar du 18 février 1894 (guzerati).
(( La cérémonie commença par l'arrivée des sept témoins du mariage tenant une lumière à la main, et qu'introduisit un Persan d'âge mûr. Ces sept personnages formèrent un cercle autour de la grand'mère paternelle de l'épousée; le chef demanda alors à la vieille dame d'une voix assez forte pour être entendue de tous ceux qui étaient présents où était Goolnar Ardeshir Goostashp (la fiancée); à quoi il fut répondu qu'elle était allée dans le jardin cueillir des fleurs, et la même demande répétée fit savoir que, cette fois, elle était occupée à tisser. — Sept autres questions furent posées de la sorte et amenèrent pour réponses évasives et ironiques que la jeune fille était allée au marché vendre l'étoffe qu'elle avait tissée, porter son pain au four, cueillir des grenades dans le jardin, etc.; à la septième question, la fiancée, habillée de blanc, apparut et répondit simplement : « Me voici. » — Le but de cette première partie de la cérémonie est de montrer que la position de la jeune fille chez les Iraniens est très relevée et que le prétendant, pour être agréé, doit réitérer plusieurs fois sa demande. — La fiancée à peine entrée, il s'engagea un colloque ; le plus âgé des témoins s'adressa successivement aux sept autres et leur demanda s'ils avaient entendu la réponse de la fiancée? Les témoins dirent que oui; alors, se tournant vers celle-ci, il lui dit : ((Acceptez-vous votre mariage avec... Irani (le fiancé)?)) Sur la réponse affirmative, il demanda aux témoins s'ils l'avaient entendue. Tous ensemble répondirent encore à haute voix que oui. — Alors il s'adressa à l'épousée pour savoir quel était son tuteur? Elle déclara que c'était
son père. Le porte-parole et les témoins s'approchèrent du père delà fiancée et lui demandèrent s'il n'avail pas déjà accordé à quelque autre prétendant sa fille, et si de son entier assentiment il la donnait pour la première fois en maria,L?e? Le porc répondit oui h toutes ces questions; alors, le chef demanda aux témoins s'ils avaient entendu les réponses du père de la fiancée et ceux-ci répliquèrent que oui.
<( Le fiancé et le père de la fiancée s'assirent ensuite sur des tapis, l'un en face de Tautre. Le beau-père prit dans sa main droite une poignée de sept sortes de fruits secs, amandes, dattes, raisins, noix, figues, etc., et mit sa main gauche dans celle du fiancé ; un de ses parents (son frère ou à défaut toute autre personne), les deux mains étendues sur leur tôte, soutint un mouchoir de soie de la couleur d'une feuille de bananier et renfermant une paire de ciseaux, une grenade entière, un œuf et des confitures sèches; puis on apporta dans un encensoir du feu avivé par un mélange de bois de santal et de plusieurs sortes de parfums; un prêtre s'approcha du fiancé et du beau-père et leur lut en dari une longue liste de conseils. Cette lecture dura presque trois quarts d'heure; c'était d'abord une exhortation à la pratique générale de la vertu et à l'éloignement du péché, suivie d'une énumération dos prières quotidiennes et des fêtes annuelles, avec un appel pressant à conserver pieusement la mémoire des défunts, à porter le Sudrah et le Kusti, à obéir aux parents et grands-parents, à respecter les prêtres et à se rendre à leurs pieux avis, etc., etc. Ceci achevé, le fiancé fut obligé de reconnaître devant le prêtre que, tout en épousant la jeune fille, le père de celle-ci resterait son tuteur et conserverait le droit de donner d'utiles avertissements, et quede son plein gré et de celui de son père, lui, le mari, il se chargerait de sa femme et pourvoirait à tous ses besoins. Le prêtre reçut la déclaration du père de la fiancée que celui-ci cédait sa fille à son gendre.
« La cérémonie terminée, tout le monde se leva et les
jeunes gens désormais mariés s'assirent sur deux chaises à côté Tun de l'autre ; deux prêtres se placèrent en face d'eux et jetèrent sur la tête du couple des grains de grenades et des morceaux de noix séchées, en chantant des bénédictions ^ . ))
Le couple étant jeune vit ordinairement chez les parents; parfois six, sept et huit fils résident auprès de leur père, les jeunes femmes sous la tutelle de la belle-mère : tache difficile pour celle-ci que de diriger avec tact et mesure ce monde féminin où éclatent les jalousies, les luttes mesquines de jeunes et jolies filles, le plus souvent de grandes familles, riches de leur chef et désireuses d'affirmer leur personnalité! Pourtant on s'accommoda de ce genre de vie, et la coutume ancienne prévalut longtemps; elle est encore assez généralement suivie dans la communauté*.
La vie conjugale se passe d'ailleurs dans le plus grand calme ^; d'une part, Tadultère chez l'épouse est presque inconnu; de l'autre, la loi religieuse met l'époux en garde contre ce crime horrible* et l'éloigné de \^,Jahi, la femme
' La traduction de ce passage est due à M. M. M. Marzban.
* On commence à adopter les habitudes européennes et les jeunes gens prennent parfois des habitations distinctes.
' « La femme doit respecter son mari pour ainsi dire comme Dieu môme, car^ le juste Juge Orinusd dit dans la Loi: J'ai exempté les femmes (do la récitation) des Nèaeschs pour qu* elle s fassent Néaesch à leurs maris.
(( Le matin, après avoir ceint le Kosti, la femme doit se présenter devant son mari, et se tenant debout, les mains sous les aisselles, lui adresser sa prière et lui dire neuf fois : Que désirez-vous que je fasse f Elle fait ensuite le Sidjdah, en baissant le corps et en portant trois fois La main de son front à la terre et de la terre & son front, et va sur-lechamp exécuter ses ordres, etc. » Anquetil Duperron, Z.-A,, t. II, pp. 561-562. Cf. Saddar, ch. lix.
^ Voyez dans le Z.-A., t. IL p. 140, un tadd pour rendre la femme docile et la faire rentrer dans le devoir, si elle s'en écarte.
* ((... S'il commet un adultère, indépendamment de la peine qae mérite toute liaison criminelle, son àme ne passera pas le pont, que le
de mauvaise vie; de sorte que Taccord règne le plus souvent dans les ménages parsis. Toutefois la répudiation a été pratiquée à toutes les époques ; Anquetii Duperron enregistre quatre cas où le mari était autorisé à en faire usage. Nous verrons au chapitre du Panchayet avec quel soin les anciens veillaient sur les femmes et les filles des coreligionnaires pour les maintenir dans la voie droite et respectable.
La mort ayant dissous l'union^ le veuf ou la veuve peuvent se remarier. Au XVII® siècle, La Boullaye le Gouz (ch. xx, p. 189) déclarait que les Parsis ne prenaient qu'une femme et ne se remariaient pas étant dans le veuvage. Le voyageur français omet de parler des veuves; Mandelslo (trad.Wicquefort, p. 184) nous rassure à leur sujet et nous apprend qu'elles avaient la liberté de se remarier\ De nos jours, si elles sont très jeunes et n'ont pas d'enfants, elles profitent de cet avantage; mais, en général, elles vivent indépendantes et fidèles au veuvage, exemptes des peines et des épreuves endurées par les veuves Hindoues*. On verra, d'après le
mari de la femme qu'il aura séduite ne lui ait pardonne. » Anquetil Duperron, Z.-A., t. 11, p. 562. Cf. Saddav Boundehesch, dans le Vieux Rao,^ fol. 161 verso, Qi Saddar^ ch. lxiii; pour l'adultère de lafemmei Ibid.^ ch. Lxvii.
* Les veuves des Banians n'étaient pas obligi^es de se brûler, mais ne pouvaient pas se remarier. Cf. Mandelslo, tiad. Wicquefort, p. 160; Lord, Hist. de la RcL des Banians, ch. l\, p. 60; Ovlngton, Voj/ac/e^ etc., vol. II, ch. m, p. 28.
* Chacun connaît la cruelle coutume hindoue qui, pendant longtemps, força les veuves de haute caste à suivre leur époux sur le bûcher funéraire. En vain les missionnaires auxquels se joignit Rammohun Roy élevèrent-ils la voix, comme l'avait fait jadis le grand monarque Akbar. Ce ne fut qu'en 1829 que Lord William Bentinck prohiba le rite des Satiis^ et que la peine capitale fut édictée contre ceux qui y prendraient part; mais la loi n'eut d effet qu'en 1844. Arrachée au bûcher, la veuve hindoue n'a échangé la mort que pour une vie misérable. On a beaucoup écrit à ce sujet; nous pensons n'avoir besoin que de renvoyer ici au livre de la Pundita Ramabai, The High-Caste
{Suic£i la note, p. 176,)
tableau H emprunte au mémoire déjà cité de M. B. B. Patell {sitprn p. 5.')), (jue les veuves ïi Bombay ne convolent jîiiére audessiiN de 40 ans et los veufs au-dessus de 60; toutefois, en ls8;^, une fennue se reinaiia î\ l'â^îe de 45 ans et un liomme à celui de (J5. Il est bonde faire remarquer qu'on ne trouve pas cbez les Parsis ces unions monstrueuses de vieillards et