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À première vue il s'agissait d'accidents exulcéreux ou ulcéreux suppurés. L'écoulement purulent était jaunâtre, peu abondant ala face et aux doigts, plus marqué sur l’ulcération de la verge.
A la face on notait sur la paupière inférieure gauche une ulcé-
ration de la dimension d'un pois ; cette ulcération était peu pro-
fonde, non douloureuse, à fond rougeâtre bourgeonnant, bords à pic, érodés, non décollés.
À la racine du nez existait une ulcération de la largeur de l’ongle ; elle était à cheval sur le nez, empiétant légèrement à gauche.
On v retrouvait les mêmes caractères qu’à l’ulcération de la paupière inférieure. -
L'index et le pouce droits présentaient des lésions à peu près analogues.
Sur l'index, au pourtour de l’ongle, la lésion présentait l’aspect d’un mal blanc, ou d'un panaris très atténué : l’épiderme était blanchâtre, soulevé et décollé par du pus. En arrachant cet épiderme, on trouvait au-dessous une surface bourgeonnante et saignant facilement.
Au pouce, c'était à la face palmaire que siégeait la lésion sous - forme d’une coupure transversale. de 2 millimètres environ de largeur, de 1 centimètre de longueur et de 1 millimètre de profondeur. Les bords étaient irréguliers et mamelonnés, légèrement saillants et tuméfiés, entourés d'une zone de décollement épidermique. Cette lésion n'avait aucun caractère particulier. ne ressemblait ni à un panaris ni à un abcés.
Aucune de ces lésions de la face n’était douloureuse.
À la verge dans le sillon balano-préputial une ulcération ayant tous les caractères d’un chancre mou et les dimensions d’une pièce de un franc, suppurait manifestement. Il n'y avait pas de
bubon,mais seulement une légère pléiade ganglionnaire. Le
fond et les bords de l'ulcération étaient fortement indurés.
=: Ad
: .Quelleétait la nature de ces accidents multiples ? Y avait-il une relation entre eux ? ; à
Les renseignements donnés par le malade vinrent d’abord élucider le second point. Voici ce qu'il racontait :
Quinze jours auparavant il avait vu une femme ; de jours après
le coït était survenue sur la verge une ulcération qui avait pris les caractères, qu’elle présentait à l'entrée du malade. Il n'y avait eu ni cautérisations ni pansements: le malade s’était contenté de laver avec de l’eau fsimple.
Quelques jours après le début de cette ulcération, le malade en coupant du bois, s’'entailla la face palmaire du pouce droit et se blessa par un éclat de bois l'index de la même main.
Il donne lui-mêmeila façon dont il a dû s’inoculer aux doigts et à la face : :
En tenant sa verge lorsqu'il urinait, il lui coulait, dit-il, du pus sur les doigts. Comme il ne pouvaitse laver il lui est arrivé de se gratter la face et de se frotter les yeux et il pense qu'il a dû porter le mal de la verge à la figure par l'intermédiaire des
doigts. |
Cette explication est des plus rationnnelles, elle est possible. Reste à élucider la nature des accidents.
Il ne s’agit vraisemblablement pas d’un chancre induré de la verge mais d'un chancre mou : ilen a tous les caractères. La présence de l’induration des chancres mous ou de toute autre ulcération du sillon balano-préputial est fréquemment notée.
Le diagnostic étant en faveur du chancre mou, il était à se demander si les autres lésions de la face et des doigts n'étaient pas de même nature. Or le moyen clinique par excellence de juger la question est l'auto-inoculation : ce qui fut fait.
M. le docteur Gastou, chef de clinique adjoint du service recueillit du pus : 16 des ulcérations de la verge, 2° des ulcérations des doigts, 80 des ulcérations de la face et il fit des inoculations isolées et successives sur les bras et sur la cuisse.
48 heures après, l'inoculation produisit un résultat positif. A