‹ Les Particularités du Chancre Mou des DoigtsChapitre 25 sur 29 · CAD PRES · texte numérisé non relu

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Il est intéressant d'étudier quels sont les ganglions enflammés suivant les doigts où siège le chancre. :

On sait que les Iymphatiques de tous les doigts forment de nombreuses anastomoses entre eux au niveau du métacarpe, mais que d’une facon générale, les Iymphatiques du pouce, de l'index et du médius semblent se diriger surtout vers l'aisselle alors que ceux de l'annulaire et de l’auriculaire se dirigeraient vers les ganglions épitrochléens (voir l'anatomie de Sappey). Le tableau suivant montre cependant qu'on ne peut prévoir le siège de l’adénite d’après le siège du chancre. ; :

r ADÉNITES AXILLAIRE ADÉNITE AXILLAIRE ET ÉPITROCHLÉENNE ADÉNITE ÉPITROCHLÉENNE

Engelure de l’annulaire, Index, face interne, Obs. Index,dernièrephalange,Obs.V.

Obs. XIII. XI. Index, Obs. VI.

Index, bord externe, Obs. Index, face palmaire, Os. Index, racine de l’ongle, Obs. X. VI. a Médius, bord unguéal, Obs.

Index, face dorsale 2° pha- Index, Obs. II. VIII (1).

lange, Obs. XVI. Médius, face externe, racine de

l’ongle, Obs. XIV.

Annulaire, face dorsale, obs.

Dans la [3° observation un chancre greffé sur une engelure ultérée de l’annulaire provoque une adénite axillaire ; dans la 14°, un chancre développé à la face dorsale du même doigt provoque une adénite épitrochléenne. Le chancre de l'index provoque tantôt des bubons épitrochléens, tantôt des bubons axillaires.

(1) M. Le Pileur se borne à dire que le ganglion épitrochléen n'a pas suppuré; cela veut-il dire qu’il n’y avait pas d'adénite ?

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Enfin la dernière particularité à signaler c'est que le chancre mou est plus douloureux aux doigts qu'aux organes génitaux. Ainsi parmi les 13cas dont l'observation contient suffisamment de détails pour donner des renseiguements au point de vue de la douleur, nous voyons que quatre fois la douleur était très vive (7e, 10e, 12e et 172 observations), tandis que 9 fois elle était nulle ou minime.

Deux cas de Nove-Josserand étaient douloureux: il attribuait ce fait au tempérament nerveux du sujet :

« Nous avons observé deux fois de très vives douleurs, empêchant le sommeil et évidemment hors de proportion avec l'étendue et la profondeur du, mal. Comme les deux malades dont il s'agit étaient des femmes, peul-être le tempérament nerveux du sujet suffit-il à expliquer ces douleurs. »

Le chancre était typique dans un cas (obs. XIT) ; et siégeait à la racine de l’annulaire: il ressemblait à une tourniole dans un second (obs.X) et siégeait par conséquent à la racine de l’ongle. Ce sont les cas dont parle Nove-Josserand.

Les observations VIT et XVII onttrait°à des hommes. Les ulcérations ont l'aspect ordinaire du chanere mou ; elles siègent au bord externe de l'index dans le premier cas, autour de l’ongle dans le second. Ce dernier avait déterminé une violente inflammation de la face dorsale du pouce. D'après les observations où la douleur est notée, sur cinq chancres siégeant près de l’ongle, deux étaient douloureux.

En résumé nous voyons que le chancre mou des doigts a les trois particularités suivantes : d’avoir un aspect étrange, d’être souventcompliqué d’adénite et d’être souvent douloureux. Il est impossible de le diagnostiquer d’après ses seuls caractères objectifs.

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