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CHAPITRE IV

De l'état économique du pays.

On ne peut parler finances publiques sans faire mention du mouvement industriel et commercial du pays, car> si cette activité économique est la source principale où s'alimente le budg^et, la gestion des finances de TÉtat ne saurait, d'autre part, être sans influence sur la prospérité générale de la nation.

Nous citerons seulement quelques chiffres.

Valeur de notre commerce spécial avec les pays étrangers (importations et exportations réunies, sans compter le transit) :

En 1884 : 3 milliards 700 millions.

En 1903 : 4 milliards 700 millions.

Mouvement maritime (pour l'ensemble de nos ports) :

En 1884 : 4 millions de tonnes.

En 1903 : 11 millions de tonnes.

Les indications barométriques données par la statistique commerciale sont donc plus significatives encore que celles données par le budget des voies et moyens!

Qu'un pareil essor économique se traduise par le progrès de l'aisance au sein des classes labo-

rieuses, c'est un phénomène qui n'a pas besoin de démonstration positive.

En veut-on cependant quelques signes tangfibles?

Sociétés mutualistes.

En 1883 : 196 sociétés reconnues, comptant 29,121 membres.

En 1902 : 6,213 sociétés reconnues, comptant 600,000 membres.

Dépôts à la Caisse d'épargne.

En 1884 : 406,656 livrets se soldant par 158 millions de francs.

En 1903 : 1,973,000 livrets se soldant par 731 millions de francs.

Diffusion de la petite propriété immobilière.

Acquisitions par des ouvriers de maisons destinées à leur habitation ou de terrains destinés à la construction d'habitations :

Valeur des contrats ayant bénéficié du tarif fiscal réduit (loi du 9 août 1889) :

En 1890 . . 66,160 francs.

En 1902 . . 11,102,300 —

Acquisitio7is de petites propriétés rurales par des cultivateurs :

Valeur des contrats ayant bénéficié du tarif fiscal réduit (loi du 21 mai 1897) :

En 1898 . . 4,126,300 francs.

En 1902 . . 12,431,800 —

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