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LE ROYALISME : DOCTRINE

« La France m’appellera el je viendrai à elle tout entier avec mon dévouement, mon principe et mon drapeau. A l’occasion de ce drapeau on à parlé de conditions que je ne dois pas subir... » Manifeste du 5 juillet 1871 (1). « La Monarchie chrétienne et française est dans son essence même une monarchie tempérée; je veux trouver dans les représentants de la nation des auxiliaires vigilants pour l'examen des questions soumises à leur contrôle, mais je ne veux pas de ces luttes stériles de parlement ». Manifeste du 2 juillet 1874.

L'un des plus sûrs moyens de remédier aux maux présents de la France et de lui préparer un meilleur avenir, c’est de pourvoir à l'éducation religieuse et morale de la jeunesse (indépendance à tous les degrés) pour former d’honnêtes gens, des Français dévoués, de vrais chrétiens — surtout préservons les classes populaires du joug Lyrannique et de l’oiseuse servitude de l'instruction obligatoire qui achèverait de miner l'autorité paternelle et d’effacer les dernières traces du respect dans la famille et aans l'État». Lettre sur l'Algérie la décentralisation et l’enseignement du 30 janvier 1865 (2).

«.… La royauté a toujours été la patronne des classes ouvrières .… en résumé, droit d'association sous la surveillance de l'État et concours de cette multitude d'œuvres admirables, fruits précieux des vertus évangéliques, tels sont les principes qui semblent devoir servir efficacement à délier le nœud si compliqué de la question ouvrière ». Lettre sur les ouvriers du 20 avril 1865 (3).

Parmi les idées du comte de Chambord, il en est peut-être, qui lui furent spécialement inspirées par les circonstances de l’époque à laquelle il vivait. M. le duc d’Orléans est-il décidé à se les approprier toutes? Dans la négative a-t-il autorisé le départ rigoureux qui s’imposerait entre celles qu’il entend conserver et celles qu’il désire éliminer ?

Quoi qu'ilensoit, la doctrine royaliste actuelle, Lelle que la définit le prétendant, est analogue, dans son essence, à celle que défendait le comte de Chambord. La conception proprement orléaniste d’une monarchie parlementaire el constitutionnelle a peut-être encore quelques tenants isolés, elle semble bien n’avoir plus de valeur officielle dans les cercles dirigeants royalistes.

(1) La monarchie française, cité, p. 118.

(2) do cité, p.77.

(3) d° cité, p. 84.

Voici quelques formules et devises que l’on prête au duc d'Orléans.

« Tout ce qui est national est nôtre». « Je ne vengerai que les insultes faites à la nation». « Réformer pour conserver, c’est tout mon programme » et au comte de Chambord « La commune libre dans l'État libre». « Je ne serai le roi d'aucun parti».

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Comment se trouvent organisées les forces monarchiques ?

Les royalistes se défendent vivement de constituer un parti; ils n’entendent représenter qu’une opinion nationale. Le 8 mai 1871, le comte de Chambord écrivait à M.de Carayon-Latour :

« Je ne suis point un parti et je ne veux pas revenir pour régner par un parti. je puis choisir partout les ouvriers qui voudront s'associer loyalement à ce grand ouvrage.» (1)

L'on peut estimer cependant que l’ensemble des Français qui, actuellement adhérent à la doctrine royaliste, souhaitent que M. le duc d'Orléans monte sur le trône et travaillent chacun dans la mesure de leurs moyens à cette restauration, constituent le parti royaliste.

Les moyens d’action de celui-ci sont :

1° un rouage central, un simple secrétariat d’enregistrement et de transmission (rue Saint-Honoré à Paris), qui, en décembre 1911 a remplacé le bureau politique existant jusque-là auprès du prince à Bruxelles;

2° une organisation régionale. Pour la propagande et l’action royalistes le prétendant a établi onze zones (nord, nord-ouest, est, Loire, ouest, sud-ouest, Massif central, Lyon, Toulouse, midi).

« Quant au département de la Seine, zone à part, Mgr le duc d'Orléans se réserve de recevoir directement les communications du président des Comités royalistes et d’un représentant de l’action française. Les délégués régionaux, placés à la tête de chacune des

(1) La monarchie française, cité, p. 117.

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