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LE ROYALISME : DOCTRINE

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Quelle est exactement aujourd’hui la doctrine royaliste officielle ?

Nous connaissons celle qu'a nettement exposée à plusieurs reprises, tant qu'a siégé l’Assemblée nationale (1871-1876) le comte de Chambord. Nous avons vu celle que prônaient pendant la même période les orléanistes : royauté libérale, parlementaire, constitutionnelle, déniant au clergé toute autorité et toute influence politique spéciale, ni aristocratique ni démocratique, s’appuyant sur les classes -moyennes et « les intérêts». Celle-ci ne semble plus être en faveur dans les milieux royalistes. Dans un recueil : La Monarchie française, lettres el documents politiques 1844-1907, la plus grande place et de beaucoup, est faite aux écrits du comte de Chambord, manifestes du 25 octobre 1852, du 9 octobre 1870, du 5 juillet 1871, du 25 janvier 1872, du 2 juillet 1874, lettres sur la décentralisation, (14 novembre 1862) sur l'Algérie, la décentralisation et l’enseignement (30 janvier 1865), sur les ouvriers (20 avril 1865.) Est-ce à dire que les vues et les idées de ce princé soient encore aujourd’hui, telles qu’il les a exposées, les sources uniques de la pensée et de l’inspiration royalistes ?

Dans sa préface au livre précité, le duc d'Orléans expose rapidement l'essence même de la doctrine royaliste.

« Supériorité du principe monarchique qui domine les vicissitudes humaines, qui lui est tout, les personnes des princes n'étant rien, qui assure par sa seule vertu la durée aux nations, qui substitue une autorité visible et forte, une responsabilité vivante à l'anonymat républicain. L'intérêt de la Monarchie se confond avec celui des familles françaises. La décentralisation et l'association, toutes deux supposant un gouvernement fort, sont « au nombre des doctrines que nous pouvons réclamer en propre ».

« Le véritable régime représentatif a pour base la représentation des droits et des intérêts, opposée à la représentation purement illusoire des personnes, Le suffrage universel

« honnêtement pratiqué» reprendra son caractère propre d’organe de contrôle non de souveraineté. La responsabilité des ministres sera garantie contre les intrigues parlementaires. Le roi règnera et gouvernera avec l'assistance de ses conseils et des divers organes de représentation au moyen des lois acceptées par le pays.

« La réforme politique passe avant les réformes sociales. Elles les précède parce qu'elles les conditionne. IT faut rendre à l’Église le traitement de justice et de bienveillance qui lui est dû.

«La décentralisation, est un moyen puissant pour établir à la longue une hiérarchie naturelle mobile conforme à l'esprit d'égalité, c’està-dire de justice distributive, pour asseoir sur de solides fondements le régime représentatif, justeobjet des vœux de la nation, pour réduire le monstrueux budget. La liberté d’association est « la citadelle où les minorités peuvent défendre leurs droits contre une majorité oppressive ».

A la lutte des classes, la Monarchie entend substituer l'harmonie des droits sous l'égide de l'arbitre souverain. Le mouvement syndical actuel, avec ses alternatives d’agitations sourdes et d’explosions violentes, traduit en réalité l'impérieux besoin d’organisation qui tourmente la masse ouvrière. Le gouvernement républicain s’en alarme, la royauté nationale durant une longue suite de siècles a su faire régner la justice et la paix dans le monde du travail. Quant à ces délicats problèmes de la fixation des heures de travail ae l’assurance des retraites ouvrières de l'assistance aux vieillards, l'État ne demande plus les ressources nécessaires au système de l’obligation, mais à celui de «la liberté aidée ». En 1862, le comte de Chambord écrivait : « La constitution volontaire et réglée des corporations libres deviendrait un des éléments les plus puissants de l’ordre et de l'harmonie sociale ».

L’épargne et le travail seront protégés contre les abus possibles du capital. N'’est-il pas juste que le capital, c’est-à-dire le travail consolidé, bénéficie de son côté d’une protection égale ?

Est-ce toute la doctrine du comte de Chambord ou en est-ce seulement une partie que M. le duc d'Orléans fait sienne aujourd'hui? Il ne reproduit pas, dans la préface précitée, diverses affirmations solennelles que l'hôte de Frohsdorf tenait pour essentielles,

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