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LE NÉO-ROY ALISME ! PRINCIPES

L’ébranlement de la Révolution isola et dissocia le citoyen (1) qui, non seulement

« s’est trouvé sans appui contre l’État mais eut la surprise de se sentir aussi battu et dépossédé, dans son propre pays, par des gens qui n’en étaient guère ou qui n’en étaient presque plus... centre du vieux parti républicain, se gardant par sa fixité, sa richesse, sa : structure héréditaire et religieuse, l'État juif avec ses trois alliés maçon, protestant et métèque, embusque ses fidèles aux points stratégiques de l'administration... il dirige toute notre politique française ». (2)

Le gouvernement républicain compromet volontairement l'existence du pays.

« Un rythme saisissable règle depuis quarante ans le pas du régime. À chaque grande crise, il se révèle tel qu'il est essentielle- “ment et toujours pareil : hostile à l’Église, hostile à l’armée, antimilitaire, anticatholique. Cela éclate à la Commune, cela reparaît contre le maréchal de Mac-Mahon, contre le général Boulanger, contre l'État-major de 1897 et les congrégations de 1900, contre les officiers catholiques et nationalistes de 1903, 1904, 1905 contre le clergé et le pape dans les dernières années. Il est palpable que l’on veut nous retrancher nos traditions intellectuelles et morales, en même temps que nous découvrir devant un ennemi matériel. Il existe certainement une politique religieuse et scolaire qui s'exécute presque sans arrêt; notre désorganisation maritime et militaire (3) doit procéder aussi d’un plan destructeur!{4.) Le pays n'est donc pas seulement divisé mais trahi, occupé, exploité par un ennemi de l'intérieur. »

Les principes de 1789 sont désastreux :

« L'idéal démocratique est faux non dans ses détails ou ses accidents mais dans son principal et dans son essence... Ce qui existe en France depuis la funeste Déclaration des droits de l’homme, c’est un état d'esprit démocratique, véritable nid d’erreurs grossières, ensemble d'institutions qui tendent à réaliser l’état d'esprit démocratique; nid de malheurs, causes de ruines, condamnation définitive des faux dogmes de 89.» (5) Aussi «les idées et les lois

(1) M. Maurras a parlé de «l’atomisation » des forces sociales, produite par les lois de la période révolutionnaire et par le Code civil.

(2 et 4) La mêlée des partis. Les idées royalistes par M. Ch. Maurras, Revue Hebdomadaire, p. 47, 48 et 49.

(3) Passage cité que par souci d’impartialité. C’est plutôt là le ton de lâpre polémique quotidienne que celui d'une doctrine politique. Cela montre jusqu’où peut conduire l’exagération de l'esprit de parti.

(5) Enquête sur la monarchie, 1900-1909, p.113 et 114. Ch. Maurras.

(de la Révolution) seront rejetées de nos matériaux de construction, l’individualisme égalitaire et libéral détruit l’individu et l'étatisme qui boursoufle l’État finit par le tuer.» (1)

Après un tableau très sombre des « marques de décadence» qui se seraient abattues sur notre pays, voici la liste optimiste des symptômes d’une renaissance française favorable au rétablissement de la monarchie.

«… lPabandon des principes de la Révolution consenti si gaiement par l'esprit public reflète aussi un état de choses. Loin de se niveler, notre société a vu se former beaucoup de différences et de hiérarchies nouvelles. les passions nationales ou régionales sont surexcitées (2) comme les sentiments de classe; on a vu renaître enfin le goût de l’autorité politique, le mépris du suffrage et du Parlement... La Révolution a fait le département, la France ne parle plus que provinces. Elle a supprimé la corporation et la France est syndicaliste… orientation toute neuve des esprits favorable à la tradition nationale... mouvement antiparlementaire, mouvement décentralisateur. » (3)

Du spectacle de tous ces maux et des périls extrêmes que court la Patrie, ressort nettement, d’après les néo-royalistes, l’urgente nécessité de diverses mesures de Salut public.

« La Démocratie c’est le mal, la Démocratie c’est la mort, la Royauté nationale c’est le salut parce qu’elle implique le contraire parfait de la Démocratie. » (4) Aussi «de le bien sentir peut venir le salut....on se refuse à admettre que la fin de la France approche... la nouvelle génération surtout s’est révoltée contre la résignation à la mort.»

Comment sera sauvée la France?

1° Par l’ordre royal :

« Si l'expérience montre l'impuissance des diversités électorales à créer un ordre français, pourquoi ne pas le redemander cet ordre à l'unité héréditaire qui échappe aux partis ? »

2° Par le nationalisme intégral :

« La franc-maçonnerie doit être mise dans l'impossibilité de nuire. La communauté protestante qui nous fait la loi dans l’université, l'administration et la librairie doit être prévenue qu’elle

(1) Revue hebdomadaire, cité, p. 50.

(2) «L’Action française » en cultivant avec soin un nationalisme suraigu et en organisant diverses manifestations s'efforce en effet de surexciter les passions nationales.

(3 et 4) Enquête sur la monarchie, cité, p. 181 et 119.

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