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LE NÉO-ROYALISME : PRINCIPES

est, sans droit sur nous, enfin les métèques et les juifs doivent être informés qu’ils ne sont pas Français. «Dehors les barbares », c’est le nouveau cri national.» (1)

Mais outre qu’elle éloignerait présentement de la France la mort prochaine, qui paraît-il la guette, la Monarchie se recommande encore à tous les bons français par d’autres

considérations.

D'abord les dernières découvertes de la science sont en sa faveur (2). M. Paul Bourget a écrit que « tous les développements de la vie se font par continuité... ce principe est exactement l'inverse de la souveraineté du peuple qui place l’origine du pou voir dans la majorité actuelle et par suite interdit nécessairement au pays toute activité prolongée. une autre loi du développement de la vie c’est la sélection c’est-à-dire l’hérédité fixée, quoi de plus contraire à ce principe dans l’ordre social que l'égalité — que dit encore la science? qu'un des facteurs les plus puissants de la personnalité humaine, c’est la Race. rien de plus contraire à ce principe que cette formule des Droits de l'Homme qui pose comme donnée première du problème gouvernemental l’homme en soi...? (3)». Sully-Prud’homme a constaté « que la science... voit dans l’homme des organes multiples propres à des fonctions diverses et qui ont des soumissions réciproques. cette conception réaliste qui est celle de la science est en politique proprement monarchiste… c’est la soumission de l’'humble au supérieur, de ce qui vaut moins à ce qui vaut plus, la soumission des organes à une tête à un cerveau.»

La solution apportée par la royauté serait en outre con-

forme au grand et fécond principe dela division du travail. Mix La politique est trop savante et trop complexe... pour être abandonnée à la fantaisie de chacun... mais parce que nous sommes intéressés à porter des chapeaux, des parapluies, des chaussures nous ne nous croyons pas obligés de faire nous-mêmes nos chapeaux, nos parapluies, nos chaussures... de même faut-il des ouvriers spéciaux pour la politique. Cet ouvrage a besoin de notre assentiment et nous le contrôlons, mais les ouvriers en ont l'initiative (4)». Le Roi serait le premier de ces ouvriers spéciaux.

La royauté répond au besoin et au droit du peuple à être conduit (5).

(1) Revue hebdomadaire, cité, p. 50.

(2) Enquêie sur la monarchie par Ch. Maurras, 1909, p. 113.

(3) Enquête, cité, p. 335. M. Bouglé, dans son livre La démocratie devant la science estime qu’actuellement la science ne peut ni condamner ni préconiser

la démocratie. (4-5) Enquêle, p.407 et 58.

Le néo-royalisme se pique ainsi de réalisme et d’observation, qui reproche à la doctrine républicaine son idéologie et son idéalisme. | |

Il insiste ensuite sur cette affirmation que, l’intérêt, dynastique se confondant avec l'intérêt national, le Roi, plus intéressé que quiconque à la prospérité générale, se trouve induit à travailler avec application et esprit de suite au bonheur de ses sujets. « Il existe une affinité naturelle entre le Prince et le Bien public.» (1)

Enfin les Français ont soif d'admirer et d’affectionner un personnage vivant, ils ont le goût et la nostalgie de la force. «La France est poignarde et aime l’autorité.» (2)

Quelles sont dans ce système les caractéristiques de l'institution ? d’abord quel est le principe générateur de la vocation royale?

Nous ne rencontrons plus ici ni la Monarchie constitutionnelle, ni celle du droit divin. Ce ne sera, ni pour se rendre aux vœux librement exprimés par les Français ni pour exercer en leur nom la souveraineté nationale, pas plus que pour remplir une mission providentielle que M. le duc d’Orléans sera appelé à régner un jour, d’une part : « Le pouvoir royal est antérieur à l’acceptation, à l’assentiment des électeurs (3)»; d’autre part : « Il n’y a pas de droit divin particulier à la Royauté... ses droits propres sont des droits historiques» (4). C’est d’ailleurs ainsi que commençait le manifeste du comte de Chambord du 2 juillet 1874.« La France a besoin de la royauté ! Ma naissance m’a fait votre roi.»

La Monarchie serait ainsi par son essence et son origine nettement traditionnelle.

Elle serait héréditaire. Le principe de l’hérédité est en effet la clef de voûte du système et doit produire les plus

(1-2-3-4) Enquête, p. 204 - Introduction, p. 17 et 137 — 139 — 123.

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