LES PLÉBISCITAIRES
Certains républicains sincères (M. Déroulèle notamment) estiment que le peuple devrait procéder lui-même à la désignation du chef de l’État; que celui-ci, puisant ainsi au plus profond de la nation elle-même son pouvoir et son origine, pourrait réellement diriger le pays, suppléer aux conséquences des fautes du Parlement, donner satisfaction aux aspirations de la France et gérer avec fruit ses intérêts vitaux. ESÉ
Mais si la nation directement consultée confiait le soin de ses destinées à un chef choisi dans la famille des Bonaparte? Nous verrions bientôt apparaître l'empire. Si, au contraire, elle choisissait un général, un César civil ou un quelconque dictateur? L'hypothèse a été envisagée et repoussée par les bonapartistes. « Les talents foisonnent au Parlement, les caractères ne s’y rencontrent pas... on en fait des ministres, on n’en fera jamais des chefs.» (2)
Les Républicains plébiscitaires sont, en somme partisans d’un gouvernement démocratique très fortement organisé. L'expérience de 1804 et celle de 1852 ont prouvé qu’en France, les républiques consulaires, les gouvernements républicains autoritaires tournaient fatalement à l’Empire. C’est pourquoi cette doctrine semble se rattacher aux divers systèmes politiques conservateurs.
(1) M. Denys Cochin, Vues politiques. La Revue de Paris, mars-avril 1910;
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(2) M. Delafosse, cité. Revue hebdomadaire, 19 février 1910 p, 322.