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LES NATIONALISTES

Il existe encore quelques nationalistes qui croient que le développement, l’existence même de la patrie sont fortement compromis; ils font appel au patriotisme des citoyens pour arrêter de concert des mesure; de sauvegarde et de. préservation, mesures qu'ils ne définissent et ne systématisent point. Le nationalisme est une opinion, surtout une att'tude et une méthode critique — ses adhérents peuvent être des français de toutes nuances — ce n’est pas un parti politique. Aussi divers nationalistes, et non des moindres, ne trouvant dans leur doctrine propre aucun élément positif et constructif, attirés par le nationalisme intégral et la théorie du salut public prêchés par les néo-royalistes, sont entrés à l’« Action française ».

Il s’est formé, depuis la séparation des Églises et de l'État quelques groupements particuliers qui, sous le nom d’unions diocésaines et sous la direction de certains évêques, ont groupé lescatholiqueset fait appel à «tous les honnêtes gens » en vue de défendre les libertés les droits et les intérêts de la religion catholique.

« En dehors de Lout parti et de toute action politiques sous la présidence et l’autorité épiscopales, avec l’action catholique et la défense religieuse pour but, les œuvres catholiques pour moyens d'action, les comités paroissiens et cantonaux pour organes et un comité diocésain d'initiative et de direction» a été fondée par le cardinal Luçon, archevêque de Reims « l’Union des catholiques de Reims.» Le loyaiisme constitutionnel est écarté « aucun accord n’est possible entre nous qui tenons par dessus tout à notre foi catholique et les adversaires qui veulent par dessus tout l’anéantir… il faut donc vaincre comment ? par l'union. »

Pour Mgr Marty, évêque de Montauban :

« le principal, le grand ennemi du catholicisme, c’est le gouvernement... la défense du catholicisme implique donc la luttecontre le gouvernement, le devoir de chercher à changer le gouvernement, tout le gouvernement... deux moyens : les élections et l’action

320 L'ACTION LIBÉRALE POPULAIRE directe. si elle réussissait un jour bientôt (l’action directe} et qu’elle vint me demander l’absolution » ! (1)

Certain prélats toutefois sont moins combatifs. À Soissons Mgr. Pechenard, ancien recteur de l’Institut catholique, déclare que les groupements qu’il inspire

« sont d'ordre exclusivement religieux, moral el social, qu’ils ne s'occupent ni de près ni de loin de politique de parti. is ne poursuivent qu’un seul idéal, faire refleurir la religion amoindrie…. ils estiment que la religion étant d'ordre supra-politique doit ne se solidariser avec aucun parti, mais planer au dessus de tous, toujours disposée à en atténuer les excès ou les fautes.»

Citons en passant «les Semaines Sociales », qui annuellement réunissent en congrès d’études les catholiques qui s'intéressent spécialement à l’évolution sociale et souhaitent l’harmonieuse application des principes évangéliques.

Le plus important de tous les groupes conservateurs est sans contredit l’Action libérale populaire.

En 1899 au lendemain du discours prononcé à Toulouse par Waldeck Rousseau «un groupe de députés, réunis dans un bureau de la Chambre décida la fondation de l'Action libérale et lui donna son programme et son nom.» (2) Le 9 juillet 1901, à l'approche des élections législatives, ce groupe parlementaire « exposait son programme par la voix de MM. Piou et de Mun» et adressait un appel à l'opinion. Dès la première heure s’affirmait

« le double principe qui demeura la force de l'Action libérale : la volonté d’une lutte énergique et le souhait d’une entente cordiale avec toutes les fractions de l'opposition... l’état-major était formé, les troupes s’assemblaient au hasard de la bataille. après les élections de 1902, l’organisation des cadres s’imposa. » (3)

Une association fut formée, ajouta au titre d’« Action

(1) Le Temps, 30 novembre 1911.

(2) Congrès national de 1909. Compte rendu, p. 81.

(3) La lutte par l'Association. L'action libérale populaire par M. E. Flornoy, 1907, p. 37 à 39 et 45. Ô

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