L'ANCIEN SILLON
bilité du catholicisme et du républicanisme. « Nous estimons que tout ce qu’il ÿ a d’honnête, de légitime, de généreux dans les aspirations républicaines et démocratiques, est chrétien par quelque côté» (1)... 2° la bienfaisante in- Îluence des forces morales et religieuses.
« Il est insensé de vouloir travailler à développer la République démocratique en commençant par essayer de tarir la source la pius vigoureuse des forces morales, je veux dire la sourcereligieuse (2)... la République. est de toutes les formes de gouvernement celle qui exige le plus de vertu et partant le plus de christianisme. » (3)
Sa doctrine était dans l’ordre politique :
« Nous sommes démocrates. La démocratie est pour nous l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun. Nous aimons la démocratie. dès lors nous sommes républicains parce que la République nous apparaît comme la forme la plus parfaite de la démocratie politique. (5)... Nous avons besoin de force morale pour sacrifier notre intérêt propre à l'intérêt commun. Il faut donc respecter les sources où les hommes puisent des forces morales, or, le christianisme est une incomparable source d’énergie démocratique puisqu'il identifie l'intérêt particulier à l'intérêt général. Nous sommes des révolutionnaires en ce sens que nous ne sommes pas contents de la sociéte présente et que nous voulons la transformer en commençant du reste par nous transformer nous-mêmes... nous sommes en même temps des traditionnalistes. Pour nous le progrès c’est la tradition en marche... La France nous apparaît comme la plus humaine des patries. » (6)
Dans l’ordre économique :
« Sans rien préjuger de ce que nous réserve l'avenir, nous accueillons avec sympathie la solution coopérative, toute chose égale d’ailleurs, nous la préférons au patronat et dans tous les cas nous aspirons à une transformation sociale qui élève la masse du prolétariat jusqu’à une dignité économique réservée jusqu'alors aux seuls patrons (7), il faut que les prolétaires eux-mêmes s'organisent et développent en particulier les coopératives et les syndicats et voient en eux, non seulement un remède aux maux présents, mais encore un instrument de transformation sociale (8). Nous ne
(1-2-3) Les idées du Sillon, par M. Sangnier, Revue hebdomadaire, 12 mars 1910, p. 168-169-175.
(4) Histoire et idées du Sillon, cité, p. 21.
(5-6-7) Histoire et idées du Sillon, brochure, p. 20-21-22,