LA JEUNE RÉPUBLIQUE
croyons pas que le salariat moderne. soit le dernier terme de l’évolution...mais il ne faut supprimer que ce que l’on est capable de remplacer... que le prolétariat s'efforce. de s'élever jusqu’à la dignité d’un patronat collectif. Bien loin de nous la pensée de réclamer la socialisation de tous les moyens de production. Nous avons horreur de l’étatisme. »
Dans l’ordre social :
«Nous demandons que l’ons’efforce..de développer une propriété commune limitée aux ouvriers manuels ou intellectuels travaillant ensemble, ces groupements pouvant du reste s’unir entre eux et posséder à leur tour en commun... la propriété privée, qui est de droit naturel, demeure la sauvegarde de la vie familiale et comme la cuirasse dela liberté individuelle. Nous trouvons dans la co-existence de ces trois formes de propriété (collective dans les sociétés anonymes, commune limitée aux ouvriers travaillant ensemble, privée pour tous les individus) une garantie d'indépendance, une source d'énergie etde dignité morales... Il ne s’agit pas seulement d’être d’accord pour lutter contre le jeu, l’alcoolisme et la débauche...unpartivraimentrépublicainne peutêtrequ'unpartiidéaliste… le gouvernement démocratique exige qu’un courant de générosité et de dévouement circule sans cesse à travers les masses profondes du peuple. (1) Il faut élaborer un Code du travail. Le Code civil protège bien la fortune des familles. la santé, la force des travailleurs sont un capital autrement précieux que les titres de rente. » (2)
Le Sillon faisait appel pour réaliser son programme à 1° l’action législative «réprimer les abus et assurer à chaque citoyen des conditions de vie matérielle qui sauvegardent sa liberté, garantissent <a dignité, lui fournissent le temps et la sécurité indispensable à la fonction civique qui doit être la sienne.….sur ce programme se rencontrent des hommes venus des points les plus opposés de l'horizon» (3) 20 l’action économique {il faut que les prolétaires eux-mêmes s’organisent et développent en particulier les coopératives et les syndicats... nous avions refusé d’emboîter le pas derrière les syndicats jaunes les trouvant trop artificiels, trop peu issus d'initiative prolétarienne, trop soutenus par le patro-
(1-3) Revue hebdomadaire, citée, p. 174 et 175-172, (2) Histoire et idées du Sillon, p. 21,
nat par les réactionnaires et les royalistes» (1).3 l’action s0ciale surtout (ni les lois ni les œuvres ne serviront à rien si elles ne sont animées d’un esprit véritablement démocratique... le Sillon, mouvement laïque se propose de réaliser en France une République démocratique, honnête, juste et fraternelle.., il veut puiser dans le Christianisme une force et des vertus sociales autant qu'individuelles. les prêtres. ne peuvent que souhaiter voir, grâce au Sillon, le peuple se rapprocher de l’Église et que se féliciter de l’utile influence religieuse du Sillon) (2).
Ses cercles d’études avaient pour objet de « former une élite instruite, mais surtout capable d’influence morale et d’action sociale», ses instituts populaires dont le but était de « permettre » à cette élite de rayonner autour d’elle et d’agir sur la masse pour la pénétrer et la transformer. » (3)
Le Silon fut avant tout un mouvement d’éducation populaire.
Parti de conférences tenues dans la crypte du Collège Stanislas (1894) et dans les casernements de l’École polytechnique (1895-1897), il se précisa, s’étendit sous le nom de Plus grand Sillon; les Sillons de province étaient reliés au Sillon central de Paris. (4) Cette organisation disparut en 1909 sur l'intervention de la papauté, intervention provoquée, a-t-on dit, par certains groupements politico-religieux de droite qui furent toujours les plus ardents adversaires du Sillon.
Le chef de ce mouvement sembla alors souhaiter la création d’un nouveau parti.
« Il est regrettable que l’on n’ait pas eu encore l’idée, si naturelle pourtant de faire de ces projets de réforme la base d’un groupement politique nouveau assez ouvert pour réunir tant de bonnes volontés. qui, aujourd’hui ne peuvent que malaisément collaborer retenues qu’elles sont par les barrières rigides des partis.» (5)
(1-2-3-4) Histoire et idées du Sillon, cité, p. 21-24-27-9-15, (5) Revue hebdomadaire, p. 172,