INCONVÉNIENTS DE L'EXISTENCE DES PARTIS
plus abondamment encore dans le composé français. (diversité qui) développe des rivalités d'intérêts génératrices des partis absolument comme le Gange porte la peste ou le Mississipi la fièvre jaune » (1).
Pour M. Miceli, ce sont les divergences d'opinions qui créent les partis.
« les partis ne sont pas des phénomènes artificiels mais des formations orzaniques et spontanées qui représentent des tendances profondes de l'esprit humain et des besoins inhérents à toute s0ciété.» (2)
M. Delafosse (3) a écrit, empruntant ses métaphores à la théorie organiciste :
« Le corps social a comme le corps humain, ce que les médecins de Molière appelaient ses «humeurs peccantes », c’est-à-dire des principes morbides, des éléments réfractaires cu malsains en révolte chronique contre l’ordre qui est la santé. Ce sont d’une part les appétits et les passions démagogiques, puis d'autre part les hostilités de religion ou de race, ou simplement les discordances d’humeur qui conspirent contre le génie de la nation. En temps ordinaire sous un régime d’économie bien réglée, d'hygiène intelligente et sévère, ces éléments de désordre sont canalisés, expulsés ou contenus, le gros de la nation même ne les connaît pas, Mais il vient. des moments où par suite d’imprudences cu d'accidents, les règles préservatrices de l’ordre social sont bouleversées. Alors tous les éléments ennemis se reconnaissent et s'unissent et, s’ils parviennent à prendre le dessus, ils se constituent à leur tour en régime et gouvernement pour leur propre satisfaction; c’est ce phénomène patholozique qui s’est appelé la République. » (4)
M. Delafosse estime que le corps social ne peut retrouver l'équilibre que s’il recouvre la santé, c’est-à-dire que si la nation recourt à un gouvernement fort : l'empire. M. Ch.
Maurras lui, conclut :
« au lieu de soustraire aux partis les honneurs, les profifs et les mirages du pouvoir, vous leur avez fait entrevoir ces dépouilles cpimes. L'homme aurait cessé d’être l’homme si les factions et les
(1) Idées royalistes, M. Ch. Maurras, cité, Revue hebdomadaire, 5 mars 1910 p. 34ets.
(2) Les partis politiques dans leurs rapports avec le gouvernement de cabinet, M. Miceli, cité, Revue de droit public ct de la science politique, année 1895, MuV;p.re01 ets.
(3 et 4) Le bonapartisme, M. J. Delafosce, Revue hebdomadaire, 19 février 1910, p. 314 ct 315.
factisux ainsi tentés n'avaient pas causé tout le trouble possible. (1) jadis la politique se donnait la mission de calmer, d’adoucir et de pacifier la concurrence des intérêts naturels, il faut ici qu'elle s’applique à les porter au paroxysme. Chaque parti avec les classes ou les localités qu’il syndique sent qu'il est de son intérêt de se montrer irréductible, tout ce qui ne tourne pas au profit de son intérêt devant être capté par l'intérêt antagoniste (2)... l’action politique d’un parti (qui vient de l'emporter solidement) ne sort cuère du médiocre à cause des efforts qu’il lui faut dépenser pcur rester sur sa position. .. faiblesse et tyrannie, abus continu de la force s’il la possède, sujétion éternelle à la crainte de succomber ces caractères généraux du gouvernement, des partis avaient été décrits et énumérés par des maîtres avant qu'ils se fussent réalisés à nos dépens.» (3)
Aussi la solution est-elle bien simple.
« Si le règne des partis politiques est ruineux ou stérile, pourquoi ne pas y renoncer ? Si l'expérience montre l'impuissance des diversités électorales à créer un ordre français pourquei ne pas le redemander cet ordre à l'unité héréditaire qui échappe aux partis?» (4) Eh ;
M. Miceli reproche aux partis de tendre à envahir le domaine juridique, d’offusquer l’idée de justice et de rendre difficile l'application impartiale du droit, Leur action est dangereuse et nuisible, Ils engendrent la corruption et multiplient les comités. Aussi bien la foule est-elle incapable de se diriger elle-même et le système purement représentatif est bien suffisant pour lui permettre d’exercer ses droits politiques. Cette théorie laisse subsister les partis en temps que masse d’idées (idéal, doctrine, méthode et programme), mais elle est exclusive de la notion du parti en temps qu'association politique organisée.
Des républicains ou des constitutionnels sincères ont déconseillé le régime des partis organisés.
« La République n’est qu'un contre-sens si au lieu d’être le gouvernement de tous, elle est le gouvernement d'un parti quelqu’il soit... C’est le gouvernement de la nation... qui prend enfin le parti de se régir elle-même, elle seule, par ses élus, librement, sage-
(1 à 4) Ch. Maurras, Revue hebdomadaire, citée, p. 39, 40, 34 ets,