‹ Les Partis PolitiquesChapitre 92 sur 119 · I. — La lrance réclame un gouvernement qui gouverne. Pas de · texte numérisé non relu

I. — La lrance réclame un gouvernement qui gouverne. Pas de

régime qui ait eu plus ae facilité de gouverner que la République, pas d'époque où il y ait eu moins de gouvernement. IT. —- L'absence de responsabilité permet tous les abus, expose à tous les dangers Le Parlement maître du gouvernement et esclave de la Démagogie. Discrédit du mandat législatif. L'administration plus forte que le gouvernement et que le Parlement.

IIT. — Le règne de la force — Liésordre et anarchie partout —- L'action directe seule réussit — Ie sabotage —périls d'aujourd'hui, périls de demain; l’inconsistance gouvernementale nous vaut des difficultés extérieures et paralyse le développement de la fortune publique — Nécessité d’un gouvernement énergique.

(1) Distribuée au siège du Comité politique plébiscitaire.

IV, — Le pays veul de autorité, qui peut la lui donner? Les offres royalistes : Le pays n’en veut pas. Le régime parlementaire at-il l’homme capable d’une telle entreprise? —Le parti républicain a peur des hommes, il entend dominer le chef de l'État — La coalition des ambitions personnelles — La Constitution de 1875: elle donne des pouvoirs au Président de la République mais ne lui permet pas de les exercer. IL faut un autre mode d’élection présidentielle. Le vœu du pays : autorité, modération.

V. — La solution bonapartiste —- Le prince Napoléon propose aux républicains de rétablir l'autorité dans là République — Sincérité de ses intentions, son programme —- Le gouvernement mis audessus des partis — Politique d’action et de réconciliation nationale.

VI. — La République bonapartiste — Le i8 brumaire œuvre des républicains modérés — Ce qu’il fut. Le Consulat consolide Ja République en lui permettant de devenir un gouvernement — Méthode consulaire.

VII. — Le plébiscite -— nécessité d’un contrôle gouvernemental supérieur — préjugés républicains contre le plébiscite — Le plébiscite maximum de suffrage universel donne l'autorité et crée la responsabilité —- Il peut assurer la liberté. Il se concilie avec l’exercice d’un contrôle parlementaire — Le prince Napoléon plébiscité pourrait gouverner avec les pouvoirs que donne la Constitution de

VIII. — Plébiscite et empire — L'empire plébiscitaire est une modalité de République — Hérédité et plébiscite s’excluent — L'hérédité napoléonienne instituée surtout pour assurer à la France la continuité du gouvernement : « mon héritier naturel, c'est le peuple français ».

IX. -- Le prince Napoléon peut devenir président de la République sans coup de force et par la légalité. Trois actes législatifs suffisent —- En gouvernant la République, il est le mieux placé

pour organiser la démocratie et sauver le suffrage universel.

La Ligue de l'Action française avait publié auparavant un manifeste et une déclaration (1).

L’Action française s'adresse au patriotisme quand il est conscient, réfléchi, rationnel.

Fondée en 1899, en pleine crise politique, militaire et religieuse, l'Action française s’est toujours inspirée du sentiment nationaliste : son œuvre propre fut de soumettre ce sentiment à une discipline sérieuse.

(1) Brochure distribuée au siège social,

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« Un vrai nationaliste, posa-t-elle en principe, place la patrie avant tout; il conçoit donc, il traite donc, il résout donc toutes les questions politiques pendantes dans leur rapport avec l'intérél national;

« Avec l'intérêt national, et non avec ses caprices de sentiment :

« Avec l'intérêt national et non avec ses goûts, ses penchants ou ses répugnances;

« Avec l'intérêt national, et non avec sa paresse d'esprit, ou ses calculs privés, ou ses intérêts personnels. »

En se pliant à cette règle, l'Action française fut contrainte de reconnaître la rigoureuse nécessité de la monarchie dans la France contemporaine.

Étant donnée la volonté de conserver la France et de mettre par-dessus tout cette volonté de salut, il faut conclure à la monarchie: l'examen détaillé de la situation démontre en effet qu’une renaissance française ne saurait avoir lieu qu'à cette condition.

Si la restauration de la monarchie paraît difficile, cela ne prouve qu’une chose : la difficulté d’une renaissance française. Si l’on veut cette renaissance, il faut aussi vouloir cette restauration.

Pour accroître l'efficacité de la propagande, pour être en mesure d'appliquer à la pratique, en toute occasion, les idées théoriques de l'Action française, la Ligue d'Action française a été fondée le 15 janvier 1905.

Voici l’engagement que signe tout ligueur :

.… Notre unique avenir est donc la monarchie telle que la personnifie Monseigneur le Duc d'Orléans, héritier des quarante Rois qui, en mille ans, firent la France. Seule la Monarchie assure le salut public, et, répondant de l'ordre, prévient les maux publics que l'antisémitisme et le nationalisme dénoncent. Organe nécessaire de tout intérêt général, la Monarchie relève l'autorité, les libertés, la prospérité et l'honneur.

Je m’associe à l’œuvre de Ia restauration monarchique.

Je m'engage à la servir bar tous les movens.

2. — Les conservateurs bourgeois, les plébiscitaires et les nationalitses, qui d’ailleurs ne constituent pas des partis au sens propre du mot — n’ont également lancé dans le public aucun programme permanent (1).

3. — Par contre l'Action libérale populaire en a développé un très complet (brochure distribuée au siège social).

(1) Ils se bornent parfois à la veille des élections à publier des déclarations et des manifestes,

Le programme de PA. L. F.

Les bons Français, sans distinction d’opinion, sont las et dégoûtés du verbiage et des vaines promesses, comme desstériles agitations des politiciens qui vivent de nos divisions.

Hostiles à toute révolution comme à toute violence, ils n’aspirent qu’à vivre et à travailler en paix.

Ils veulent pour tous leurs concitoyens sans exception, comme pour eux-mêmes, la pleine et entière liberté de bien faire; l’égal respect des droits des plus humbles comme des plus hauts placés; la suppression de toute loi d'exception; l’amérioration progressive et pratique de la condition des travailleurs des champs et des villes dans un esprit de justice et d'amour mutuel.

C’est précisément là ce que la devise de notre grande Association Populaire résume en ces quatre formules : Liberté pour tous — Égalité devant la loi — Droit commun — Amélioration du sort des travailleurs.

Programme poiitique

Ce programme, tout large qu’il soit, n’a rien de vague et n’admet aucune équivoque.

La République est le gouvernement constitutionnel du Paus : l'A. L. P. le reconnaît et, sans imposer à personne aucun reniement ni aucune abdication de ses préférences intimes, s’interdit d’une façon absolue, par ses statuts mêmes, toute action directe ou indirecte contre elle.

Notre attitude est donc très nette.

Mais, si chez nous, la forme actuelle du gouvernement est en dehors de toute discussion, nous entendons poursuivre énergiquement l’abrogalion de toutes les lois restrictives de la liberté, surtout de la liberté religieuse, et la revision, par loules les voies légales, de la Constilulion de 1875. .

Nous voulons, nos Congrès l’ont unanimement proclamé, que tous les droits et libertés légitimes, et en première ligne le droit pour l'Église de s'organiser comme elle l'entend, soustraits aux caprices des majorités parlementaires, soient proclamés et garantis par une Constitution intangible confiée, comme aux États-Unis, à la garde d’une Cour suprême indépendante.

Nous voulons l’Extension des pouvoirs du Président de la République; la Représentation des intérêts basée sur l’organisation professionnelle ; la Décentralisation provinciale et municipale; la Consultation obligatoire du peuple par voie de referendum municipal, professionnel, régional et national; la liberté et la sincérité du vote assurées par la loi: la Représentation proportionelle, subs-

tituée à l’absurde système majoritaire en vertu duquel la moitié

Plus un a tout, la moitié moins un n’a rien: le Dégrèvement des petites cotes foncières, par un impôt sans progression ni globalité, sans HAEITIQN ni vexation.

: Programme social

Nos Congrès se sont prononcés en faveur du développement de l'Organisation et de la Représentation professionnelles ; de l'Extension de la capacité des syndicats: d’un minimum de salaires; de la règlementation du Contrat et des Heures du travail, de l'Apprentissage et de l'Enseignement technique sous le contrôle de l’organisation professionnelle; de Conseils professionnels de conciliation et d'arbitrage composés d’un nombre égal de patrons et d'ouvriers; d’un Statut des fonctionnaires: du développement des Mutualités et Assurances mutuelles agricoles ; de la mise en œuvre et de l’amélioration de la loi des Retraites ouvrières et agricoles; de la Répartition proportionnelle Scolaire (R. P. S.) des subventions publiques entre toutes les écoles libres ou officielles proportionnellement au nombre de leurs élèves: de la multiplication des Institutions post-scolaires et des Associations ae pères de famille,

Tel est notre programme actuel que vont complétant chaque : année les vœux de nos Congrès.

Ce double caractère social et politique nous distingue nettement des autres groupements, notamment des comités poursuivant un but uniquement religieux excluant la politique, et justifie notre existence à côté et en dehors d'eux; il nous permet d'ouvrir plus largement nos rangs à tous ceux qui acceptent notre programme de vraie liberté et de justice sociale.

4. — A l'avant-garde des conservateurs et tout près des républicains modérés à côté desquels elle devrait même prendre place si la question religieuse ne continuait pas encore à diviser les partis en France apparaît nous l’avons vu « la Ligue de la Jeune République». Voici son programme (1).

« La République doit protéger la liberté de chaque citoyen. Une législation sépciale protectrice des travailleurs s'impose. Lo loi doit protéger le travailleur non seulement contre la vieillesse ou les accidents du travail mais encore contre les maladies professionnelles, La République doit également assurer la liberté civique des fonctionnaires. Notre organisation administrative autoritaire et centralisée doit évidemment céder la place à une organisation plus souple, mieux adaptée aux exigences de la Démocratie. 1]

(1) Résumé d’une brochure éditée au siège de la Ligue, « Ligue de la Jeune République, programme et status »,

n'est pas jusqu'à l'armée même, qu'il:imporlte de rendre plus démocratique. La Réforme de l'impôt doit, elle aussi, être animée d'un esprit démocratique. De même notre régime électoral. Nous sommes partisans de la Représentation proportionnelle.

L'action économique s'impose. Le syndicalisme, s’il n’est ni arrêté par les timides, ni détourné par les politiciens, ni conduit à de stériles boucheries par les violents, sera peut-être l'instrument principal de l’ascension des travailleurs. De même la coopération, si elle n’est ni une entreprise capitaliste déguisée, ni la tentative inféconde d’esprits brouillons peut préparer, dans le travail et la paix, une organisation économique plus fraternelle... Nous proclamons évidemment la légitimité de la propriété individuelle, mais nous ne reconnaissons pas que ce soit là la seule forme légitime de propriété... Ces transformations économiques doivent résulter d’une évolution en quelque sorte organique. Quant à l'État il ne faut pas permettre qu'il multiplie les monopoles injustifiés.

Sans doute les prolétaires ont des intérêts de classe, mais ce qué nous ne reconnaissons pas, c’est qu’il v ait une justice de classe. Des forces morales sont indispensables à tous ceux qui veulent travailler pour la République démocratique. Si les prolétaires veulent leur émancipation sociale. qu’ils commencent par être assez forts pour se conquérir eux-mêmes. KRespectons non pas les idées philosophiques quand nous les croyons fausses, mais la loyauté de ceux qui les professent sincèrement. Opposons-nous à toute mesure vexatoire à toute loi autoritaire et persécutrice. Efforcons-nous d’arrêter par une action énergique la dilapidation des deniers publics, le favori- Lisme éhonté, les scandales trop souvent renaissants. |

Soyons jaloux de l'honneur de notre patrie. Sachons, tout en respectant ses gloires anciennes, comprendre que notre devoir est de préparer l'avenir et de nous servir encore de la France pour une grande æuvre de justice et de fraternité dans le monde. Travaillons au développement de « la plus grande France ». Suivons avec un intérêt vigilant et dévoué les progrès de notre empire colonial. Ne cherchons pas seulement en lui une source de richesses matérielles mais ayons la générosité d'y voir un moyen d'influence morale: n’asservissons pas mais délivrons et guidons. nous avons un devoir d’aînesse à remplir. »

IT PROGRESSISME

Voici le programme du Pari républicain modéré ou progressisle. (1)

(1) Brochure distribuée au siège du parti,

I. — Libertés individuelles Droits de la famille. — Liberté de l’enseignement, neutralité

scolaire. — Libertés de la presse, de réunion, d'association. — Libertés communales.

IT. — Garantie des Libertés

Lois constitutionnelles. Participation obligaloire du Conseil d'État à l'élaboration des lois (Plus particulièrement, en matière de règlement d'administration publique, rendre obligatoire l’application de l’article 16 de la loi du 24 mai 1872.

Institution d’une Cour suprême.

III. — Réforme électorale Scrutin de liste avec représentation proportionnelle. Part à faire dans le Sénat à la représentation des forces sociales. Diminution du nombre des députés.

Adoption définitive des lois contre la fraude et la corruption. Rédaction d’un Code électoral, au lieu de la législation fragmentaire et rudimentaire de 1852, 1875, 1884, 1889, etc.

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