XL VI
« Vous avez connu beaucoup de femmes? — Oui je me suis connu à travers beaucoup de femmes. »
Motifs. Les motifs n'ont aucune valeur. Ils se substituent très docilement les uns aux au-
très. Ce ne sont que des explications vaines.
Un homme était dévoué au roi. Vint la Révolution, il se dévoue à la Révolution; l'Empire, il se dévoue à l'Empire. On cherche les motifs successifs :
il avait besoin de se dévouer, voilà tout. C'est le même homme et c'est le même motif.
On ne doit jamais chercher les motifs des actes en histoire.
C'est une grande puérilité.
Les motifs ne sont rien. Pourtant l'homme tient plus aux motifs qu'il donne à ses actes qu'à ses actes même.
Analyse des motifs. La suite de nos actes, agis ou pensés, est une chaîne sans fin. Nous la divisons en sections auxquelles nous donnons le nom d'un motif. Cela n'a aucune importance. La chaîne marche toujours et marcherait toujours du même pas, si nous intervertissions les motifs qui ne sont que des étiquettes arbitraires.
LU
Exemple de motifs arbitraires.
Il est peu d'êtres qui osent donner à l'amour qu'ils éprouvent son vrai motif. C'est l'âme, c'est l'intelligence, ce sont des qualités spirituelles, c'est le dévouement, mille autres causes qui peuvent être vraies, mais secondairement, ^'oyons donc clair en nous-mêmes : le motif de l'amour, de tout l'amour, c'est l'attraction sexuelle.
Lin
i9i2. En France, seules les classes ouvrières ont une vie politique.
Je n'aime cjne les gens (|iii récèlent de Tinfini.
Don Juan : Comme tu m'étreins! Tu m'aimes donc? — La Mort : Plus que tout, créateur de vie. Tu as tant travaillé pour moi î
LM
Dans la science, il y a beaucoup de choses à trouver. Il v en a davantage à ne pas trouver.
M... disait : <( On ne finit jamais mes phrases. Vous prétendez donc deviner ce que j'allais dire? Je ne le sais pas moi-même. »
: LVIIÏ
La cinquantaine nous surprend à faire des projets d'avenir. Et au fait, pourquoi pas?
/Réflexions stendhaliennes .* Le roman d'un jeune homme pauvre, qui donc l'a fait le pre-
niier et Je mieux, sinon Stendhal, avec Julien Sorel et Mathilde de la Mole?
Le génie n'est pas ridicule quand on sait le porter.
Stendhal a bien vu Ja variété de l'amour dans le monde et son peu d'influence sur le ton des relations sociales.
Le vrai monde sera toujours celui où on sait s'ennuver.
Le ^. et le N. est peut-être le seul roman qui puisse avoir de l'influence sur le caractère d'un jeune homme, sur l'humeur même d'un être froid.
L'amour est au besoin sexuel ce que le goût est à la faim.
La vérité est une représentation et non lui fait.
LWl
La virginité, les roses, les lar-
mes, toutes choses exquises à cueillir dèsqu'elles sont formées.
F.e travail de la femme, c'est l'oisivité de l'homme. Autres termes : Quand un sexe travaille, l'autre se repose. Et encore : A femme travailleuse, mari parasite.
Dieu est toujours l'être que l'on fabrique soi-même, avec ses mains, avec son esprit, et que l'on sait vrai et que l'on aime, à cause de cela.
Il faut avoir beaucoup de génie pour ne pas sombrer dans la popularité.
La discipline chrétienne habitue l'homme à ne considérer dans les actions que leur utilité.
Elle désenchante.
Tout croyant est l'esclave de sa croyance.
Il V a des transformations
d'énergie. Il y a aussi des transformations de sensibilités.
Le bonheur est personnel. Il faut le faire soi-même de ses propres mains et ne pas Tattendre tout à fait des mains d'autrui.
M... disait : La vie finit toujours par vous apprendre qu'il n'y a rien et que tout est inutile.
Seulement, chez moi cela arrive un peu tôt.
\e désirer que l'impossible.
Une tête de Lui ni au profil mal accentué, mais de face délicieuse. Agréable dessin de la bouche arquée comme celle d'un enfant. Les mains très blanches.
Les seins menus, un peu longuets, encore jolis. Gracile, une lombarde de Marseille. Elle disait... Et l'obscénité prenait sur ses lèvres mignardes je ne sais quel air ingénu et tout naturel.