CVI II
Nous subissons, quant à Tim- 3(i
portance de rintelligence, la même illusion que pour la conscience. Nous croyons que, sans elle, l'acte ne s'accomplirait pas.
Cependant elle n'a sur l'acte qu'une influence critique et d'après coup.
L'intelligence est la forme apparente de la conscience.
ex
L'intelligence sert à critiquer les actes, non à les déterminer.
La plupart des hommes intelligents agissent comme des sots.
L'intelligence est un don naturel qu'il faut cultiver, sans illusions sur son utilité, comme un art d'agrément.
L'intelligence est une faculté actuelle, sans expérience. Seul est vital l'instinct, intelligence anciennement accumulée.
Avec toute son intelligence, riiomme, s'il n'avait pas son instinct de bête, ferait dans le monde une bien pauvre figure.
Quand on est vraiment intelligent, la plupart des écrivains sont des bottiers, — les jeux de l'intelligence fatiguent parce qu'ils s'exercent sans résistance.
Les professions intellectuelles
sont remplies de gens qui délirent à ridée de « croix d'honneur ». donc de sots et de maroufles.
Mais quelle classe peut se dire la classe intellectuelle?
L'intelligence est sporadique, comme les champignons.
On ne voit pas que les gens intelligents réussissent mieux
ni comprennent mieux que les autres.
En somme l'intelligence ne sert à rien, dans la vie, qu'à critiquer la vie.
Cette édition comprend mille exemplaires numérotés, savoir : 25 exemplaires sur Japon impérial, marqués de 1 à 25 ; 975 exemplaires sur vélin de Rives, marqués de 26 à 1000. Elle a été achevée d'imprimer par Durand, 18, rue Séguier, à Paris, pour la Société Littéraire de France^ le l5 avril 1919.