‹ Les passages de Vénus sur le disque solaire, considérés au point de vue de la détermination de la distance du soleil a la terre. Passage de 1874. Notions historiques sur les passages de 1761 et 1769Chapitre 32 sur 37 · HP · texte numérisé non relu

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Six stations, dont les observations ne purent s'effectuer en raison du mauvais temps, doivent être ajoutées à celles de ce tableau.

D'après ce que nous présente le tableau que nous venons de donner, nous voyons que 27 observateurs seulement du passage de 1769, sur fes 149 qui prirent part à l'observation du phénomène, observèrent et notèrent les deux phases que nous avons indiquées relativement à un contact intérieur. Le moment de l'apparition du filet de lumière, à rentrée, ou de la disparition du filet de lumière, à la sortie, fut généralement considéré, par les autres observateurs, comme le moment du contact demandé.

Si nous examinons les résultats publiés par les 27 observateurs ayant noté les deux phases d'un contact interne, nous trouvons des différences considérables entre le moment du contact apparent et celui de l'apparition ou de la disparition du filet de lumière.

Ainsi Wales, à la baie d'Hudson, trouve 24 secondes entre ces deux instants à la sortie ; il observait avec un télescope de 2 pieds grossissant 120 fois.

Green, à Taïti, trouve 40 secondes de différence à l'entrée et 48 secondes à la sortie entre les deux phases du contact, et Cook trouve dans le môme lieu 60 secondes de différence à l'entrée et 32 secondes à la sortie ; ces deux observateurs observaient cependant avec deux télescopes semblables grossissant 140 fois I

A Greenwich, Maskelyne trouve 52 secondes de différence entre les deux instants du contact interne ; il observait avec un télescope de 2 pieds grossissant 140 fois ; et, dans le môme lieu, Hornsby observant avec une lunette achromatique de 10 pieds, grossissant 5o fois, trouve 63 secondes de différence.

« Les différences entre les divers observateurs, dit Maskelyne (dans une Lettre insérée dans les a Transactions philoso- » phiques américaines) », me semblent en effet très-considérables, et plus grandes que je ne m'y attendais, vu que les télescopes

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étaient tous à peu près de même qualité, à Texception du réflecteur de 6 pieds, dont la supériorité m'explique en grande partie la différence de 26 secondes dont Hitchins (* ) a observé le contact interne plus tôt que moi, car je puis me reposer sur ses observations. »

Hornsby, à Oxford, trouve 57*, 5; il observait avec une lunette de 7 I pieds, achromatique et grossissant 90 fois, et Shukburghf observant aussi à Oxford, trouve 69 secondes.

L'observateur inconnu de Caen, observant avec un très-petit télescope, trouve la différence énorme de i5o secondes !

Wilke, à Stockholm, en employant aussi un très-petit télescope, trouve 43 secondes de différence entre les instants du contact interne à rentrée.

Enfin Euler, observant à Orsk, avec une lunette de 12 pieds, a noté, pour les deux instants du contact, deux heures qui diffèrent de 5o secondes.

Nous voyons donc quelle incertitude règne sur la précision avec laquelle ces contacts intérieurs ont été observés. Dans les stations où l'instant de l'apparition ou de la disparition du filet de lumière a été seulement notée, on voit que, dans beaucoup de ces stations, le moment n'est pas le même pour les différents observateurs. Ainsi Le Monnier et de Cbabert, au château de Saint-Hubert, ont 36 secondes de différence entre les instants notés par ces astronomes ; à Brest, entre Du val le Roy et de Verdun, il y a 3o secondes de différence, etc.

Quant aux contacts extérieurs, à l'entrée^ les instants notés ne peuvent évidemment avoir aucune exactitude. Ceux relatifs à la sortie ont un peu plus de valeur ; mais, conmie il est pourtant extrêmement difiQcile de pouvoir distinguer le moment où le limbe solaire, à la sortie de Vénus, a repris exactement sa forme circulaire géométrique, nous croyons que les 14 contacts extérieurs, donnés à la fin du tableau précédent, ne pouvaient avoir

(') Voir le tableau précédent.

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aucune utilité réelle. Nous voyons du reste qu'à Saint-Pétersbourg il y a eu 27 secondes de différence entre les instants notés par Mayer et Stahl ; et qu'à Gurief il y a eu a8 secondes de différence entre les appréciations des deux observateurs de cette station.

Le nombre considérable d'observateurs que »ous venons de faire connaître ne fournit donc pas, ainsi qu'on peut le comprendre, maintenant que la question pratique a été plus étudiée, des observations devant conduire au résultat attendu; mais, en 1769 et les années suivantes, on n'y avait pas encore regardé de si près et l'on ne se rendait pas encore bien compte des difficultés pratiques de la méthode sur laquelle on avait fondé tant d'espérances, du moins en ce qui regarde l'approximation qu'on pensait pouvoir obtenir.

Qui croirait que le zèle des calculateurs égala celui des observateurs, au point que plus de deux cents Mémoires furent adressés à l'Académie des Sciences, sur la valeur de la parallaxe solaire déduite de certains groupes d'observations?

Les résultats présentés différèrent évidemment entre eux, mais indiquèrent étendant que, malgré la défectuosité des observations, en général, le but avait été beaucoup plus approché en 1769 qu'en 1761.

Parmi les résultats déduits d'observations les plus sérieuses et offrant le plus de garanties, nous citerons ceux de :

De Lalande, fixant la parallaxe solaire à 8'',5o

Le P. Hell, » » à 8", 70

Hornsby, » » à 8", 78

Euler, • » » à 8^ 82

Pingre, » • à 8^,88

Bien que tous ces résultats se trouvent compris entre des limites plus resserrées que celles 10", 6 et 8", 94 du passage de 1761, nous voyons qu'une grande différence existe encore entre la parallaxe proposée par de Lalande et celle proposée par

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Pingre ; et nous pouvons remarquer aussi que celle de db La- LANDB diffère notablement de celles obtenues par le P. Hell, Homsby ou Euler.

Les deux astronomes français paraissaient cependant parfaitement sûrs, Tun et Fautre, de leurs résultats, qui plaçaient pourtant le Soleil à des distances de la Terre différant de près de , looo rayons terrestres I

Db Lalande dit, dans son Mémoire, que, en s'appuyant sur V ensemble des observations de 1769, la parallaxe solaire est //?contestablemeni de 8", 5 ; et Pingre, en combattant cette assertion, dit : « De deux choses l'une, ou il ne faut tirer aucune induction du passage de.Vénus arrivé le 3 juin 1769, ou il faut convenir que la parallaxe du Soleil est à très-peu près de 8', 8. »

Dans le premier Mémoire qu'avait présenté Euler et qui lui avait fourni la parallaxe solaire 8', 82, ni les observations de Taïti ni celles de Saint-Joseph n'entraient. D reprit son travail, en introduisant les observations de Green et de Chappe, et trouva 8', 68.

DioNis DU SÉJOUR, en ne tenant compte que des observations complètes, c'est-à-dire de celles où la durée totale du phénomène avait été obtenue, et en ayant égard aux passages de 1761 et 1769, trouva 8", 84 pour parallaxe solaire. Ainsi donc les résultats du passage de 1769 ne pouvaient pas encore satisfoire les astronomes. La grande autorité scientifique de de Lalande faisait incliner les esprits vers le résultat qu'il avait présenté. Des doutes restaient encore sur la valeur réelle de la parallaxe solaire; mais cependant cette parallaxe semblait maintenant devoir être comprise entre 8", 5 et 8", 9.

Nous ne devons pas passer sous silence que les observations du P. Hell à Wardhuus ont même donné lieu, de nos jours, à des critiques justifiées par la manière dont ces observations ont été publiées, et par les surcharges que certains chiffres du manuscrit ont subies.

On n'a pas, en effet, été sans remarquer que les observations de

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Wardhuus, sur lesquelles repose particulièrement le résultat obtenu par le passage de 1769, n'ont été publiées qu'au mois de mars 1770 et que déjà la Gazette de France du 12 janvier 1770 avait annoncé que, d'après les discussions faites sur les observations du passage, la parallaxe solaire devait être de 9 secondes.

A l'occasion des discussions provoquées, dans ces derniers temps, par les observations de Wardhuus, M. Paye a fait paraître dans les Comptes rendus de V Académie des Sciences (t. LXVIII, p. 282) un fac-similé du manuscrit original de l'observation de Wardhuus, qui lui a été adressé par M. de Littrow, directeur de l'Observatoire, à Vienne.

a Cette espèce de procès-verbal, dit M. Paye, a été probablement dressé à Wardhuus d'après les carnets remis au P. Hell par ses collaborateurs. Il porte des traces d'erreurs de transcription corrigées séance tenante avec la môme encre et sans aucune affectation, et aussi quelques chiffres surchargés plus tard 9iYec une encre plus noire; mais, ajoute M. Paye, pour apprécier équitablement la portée de ces petites corrections, il faudrait recourir aux carnets primitifs des observateurs, carnets qui n'existent plus. »

Ce libellé prouve que le P. Hell n'a eu en vue que la détermination des contacts apparents et que, en notant à l'entrée le moment du contact réel et à la sortie l'apparition de la goutte noire, il a seulement voulu noter une singularité du phénomène dont, d'après M. Paye, il ne se rendait pas bien compte.

a Pour le P. Hell, dit M. Paye, les bords apparents du Soleil et de Vénus étaient des bords réels. Il connaissait bien pourtant le /tt/^wr OM filum lucidum, noté par Chappe en Sibérie; mais, à ses yeux, ce phénomène devait être en retard sur le vrai contact de tout le temps employé par Vénus à franchir le filet de lumière ; ce filet, pour devenir sensible, devait avoir une épaisseur en rapport avec la puissance optique de l'instrument employé ! Chose remarquable, il a été le seul astronome de son temps qui ne se soit pas mépris sur la prétendue instan^

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tanéitéàe cette apparition ; enfin il ne prévoyait nullement cette goutte noire qu'il observa lui-même à la sortie; longtemps encore après, il n'avait pas compris la connexité des apparences que les deux contacts internes présentent successivement et en ordre inverse. »

En soumettant au contrôle du calcul les instants des contacts réels de rentrée et de la sortie, c'est-à-dire ceux relatifs à l'apparition de la goutte noire, et que le P. Hell ne supposait pas être l'observation qui serait seule utilisée, M. Fatb a trouvé que l'erreur de l'observation du P. Hell, observation qu'il a faite sans en connaître le sens, se réduit à + 2% 2.

Avant de parler des travaux et des discussions auxquels ont donné lieu, dans le xix* siècle, les observations du passage de 1769, nous ne croyons pas sans intérêt de donner un aperçu de la méthode employée par les astronomes du xviii* siècle, pour déduire la parallaxe solaire de deux observations de durée du passage de Vénus, faites en deux lieux différents.

Pour jeter plus de clarté sur cette méthode, nous la donnerons en l'accompagnant d'un exemple pratique, et nous prendrons celui choisi par de Lalandb dans son Traité d'Astronomie,

Détermination de la valeur de la parallaxe solaire par la com" paraison des observations du passage^ faites à Cajanehourg par Planmann et à Sainte Joseph, en Californie , par Cbappe,

Nous devons d'abord faire remarquer que l'observation de Ghappe donne la durée relativement aux contacts internes, mais que Planmann n'a pas observé le deuxième contact interne.

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( ii5 ) Tableau des observations dont on fait usage.

Cajanebourg.

Saint- Joseph.

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