RÉFUTATION DU DÉTERMINISME
INTRODUCTION
Trois sortes de déterminisme : physique, psychologique et métaphysique :!i~
Le déterminisme physique s'appuie, de nos jours, principalement sur la foi de lu conservation de l'énergie. Il ne peut prouver au moyen de cette loi, ni a priori, ni a posteriori, qu'une puissance supérieure n'intervienne pas pour modifier l'action nécessaire des forces physiques . 3i'.l
Le déterminisme psychologique fait trois principales objections à la thèse du libre arbitre. — I. — La conscience ne peut prouver la liberté des actes volontaires. 1° il peut y avoir au fond une force inconsciente qui rende nécessaire la détermination de la volonté. — Réponse : La conscience constate une inclination nécessaire et des actes libres, ainsi que la liaison de la liberté à la nécessité ; puisque nous atteignons par la conscience une nécessité fondamentale, il n'y a pas lieu de chercher plus loin. 2° La conscience ne peut que constater des actes ; elle ne saurait saisir un pouvoir. — Réponse : La conscience constate des actes libres, et le libre arbitre, en tant que pouvoir, est affirmé comme cause proportionnée dires actes. — II. — La volonté doit être déterminée par
un motif à préférer te) motif à un autre; sans cela, elle ne serait pas éclairée dans son choix par la raison. — Réponse : Il suffit, pour que la préférence soit raisonnable, que le motif préféré suit une raison suffisante de vouloir, c'est-à-dire que le bien choisi soit un moyen d'obtenir quelque chose de la fin dernière; il n'est pas nécessaire que le motif adopté soit en lui-même une raison nécessitante : c'est le choix de la volonté qui rend décisif le motif préféré. — III. — En fait, les actions humaines sont déterminées nécessairement par les influences de la vie physiologique, des passions, des penchants. — Réponse : Ces influences peuvent diminuer la liberté, quelquefois même la détruire, mais ordinairement elles laissent agir le libre arbitre 356
Le déterminisme métaphysique a trois arguments principaux. — I. — Incompatibilité du libre arbitre avec l'ordre prétendu nécessaire de l'univers. 1° Théorie de révolution nécessaire. — Réponse : L'ordre de la nature est contingent en lui-même. 2° Optimisme de Leibniz. — Réponse: Le monde le meilleur est toujours tellement imparfait par rapp.ortà la perfection divine, que Dieu reste libre de ne pas le créer et d'en créer un autre, même moins parfait. — II. — Le mal moral, conséquence du libre arbitre, est inadmissible dans l'œuvre d'un Dieu parfait. — Réponse : Le mal moral finira par être puni, et jl est l'occasion de la vertu. D'ailleurs, toute créature intelligente est naturellement peccable. Conciliation de l'amour naturel du bien absolu avec la perversité voulue d'Une faute grave. — III. — Le libre arbitre est la négation de la prescience et du gouvernement infaillibles de Dieu. — Réponse : La prescience divine n'est pas un obs-
taclc au libre arbitre, parce que l'éternité de Dieu est présente à tous les moments du temps. Le gouvernement divin ne détruit pas le libre arbitre, mais le fait se déterminer librement • 377
INTRODUCTION
L'empire de la volonté est le pouvoir qu'elle a de gouverner les puissances de l'âme 395
I. — Entendement II propose à la volonté son objet. Communication intime entre l'intelligence et la volonté.— II. — Sens externes et internes. Ils ont de l'influence sur la volonté par l'intermédiaire de l'entendement. — III.— Appétit seiiMtif. 1,J Déviation de l'activité vers le sensible. 2° Modifications dans les forces physiques. 3° Déformation de l'appréciation sensible. — IV. — Puissances végétatives. Influence très indirecte, par le moyen des sens et de l'appétit sensitif, attachés à l'organisme . 397
I. — Entendement. 1° La volonté donne au dernier jugement pratique de l'intelligence son caractère décisif.
"2° Elle l'ait commander par la raison aux autres puissances l'acte voulu. Explication de l'empire rationnel de la volonté. Étendue et limites du pouvoir de la volonté sur l'entendement. — II. — Empire de la volonté sur la volonté elle-même : faiblesse possible du commandement. La volonté use des autres puissances pour assurer l'exécution de ses ordres. L'action de la volonté sur l'intelligence et^on action sur elle-même n'impliquent, ni l'une ni l'autre, une série indéfinie de causes causées. — III. — Facultés de connaissance sensitive : empire de la volonté sur elles; ses limites. — IV. — Appétit sensitif. Comment et dans quelle mesure la volonté commande aux passions. — V. — Action indirecte de la volonté sur les mouvements du corps et sur les actes de la vie végétative . 410
LE BONHEUK.
INTRODUCTION
Les conditions du bonheur, d'après saint Thomas . . 431»
1. — Les richesses: naturelles ou artificielles. Ni les unes ni les autres ne sont la fin dernière de l'homme. Comparaison entre le désir des richesses et le désir du souverain bien. L'argent ne procure pas tous les biens.— II. — Les honneurs. Ils ne sont pas essentiels au bonlieur. — III. — La gloire. Comme l'honneur, elle n'est
TABLÉ T>L-;s MATIÈRES 50.")
qu'un accessoire et ne peut être la Gn dernière. Cependant, la gloire qui réside dans la science divine, est causedu bonheur. — IV. — Le pouvoir. Comme il n'est pas un acte réalisé, il n'est pas la réalité qui donne le bonheur. Le bon usage du pouvoir est néanmoins une perfection. —Insuffisance générale des quatre biens qui viennent d'elle examinés.— V.— Les liiens du corps. L'homme tend â nu bien supérieur à la conservation de son être ; les liiens du corps si m t destinés à faciliter les biens de l'âme: donc, ils ne sont pas la fin dernière. — VI. — La volupté. Dans le sens général de délectation, la volupté n'est pas le principe du bonheur. Dans le sens de plaisir sensible, la volupté n'est pas même la conséquence du vrai bonheur Supériorité de l'esprit sur la matière. Il y a une délectation qui est la conséquence de la béatitude. — VIL— Les biens de l'âme. Ni en elle-même, ni dans ses actes, l'âme n'es! le bien parfait. Mais c'est par l'âme que l'homme possède le souverain bien. — Le souverain bien n'est pas l'universel en quantité, mais l'universel absolu, Dieu luimême iil
CE qu'est le bonheur.
I. — Le bonheur, entendu comme possession du souverain bien, est une perfection créée dans l'âme. Différence avec la béatitude de Dieu. Le bonheur est une opération de l'âme : Aristote et saint Thomas. Caractères de cette opération. — II. — Le bonheur n'est ni une opération sensitive, ni essentiellement une opération de la volonté, mais une opération de l'entendement, de l'intelligence spéculative, et non de l'intelligence pratique. Belle page d'Aristote. — III. — Différence entre l'inclination intellectuelle et l'inclination sensible au regard de la tendance
vers la délectation. La possession du bien parlait n'est pas autre chose que la vision intellectuelle. — IV. — Participation du corps au bonheur final de l'homme. Rôle de l'amitié humaine dans la béatitude de l'autre vie. — Le bonheur de la vie présente est tout à fait incomplet . . . 460
Typ. M. Schneider, i8j, rue de Vanves — Paris.
GAKDAIR, Joseph. BJ
LeslPassions et la volonté, 1249