‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 2 sur 88 · H ALO · texte numérisé non relu

H ALO

l’histoire égyptienne les événements des règnes glorieux de Séti L et de Ramsès Îf, souverains qui nous ont laissé un si grand nombre de pages authentiques de leurs annales.

Nous touchons au moment où, loin de s’efforcer d'expliquer l'Egypte par l'antiquité classique, l’on devra s’habituer à renverser les conditions du problème, et à demander aux monuments pharaoniques l’éclaircissement des faits, que recouvre le voile trop peu transparent des fables helléniques.

Déjà les écritures égyptiennes nous ont montré les Sardiniens vendant leurs services aux Pharaons plus d’un siècle avant la guerre de Troie ‘). Un peu plus tard le même peuple s'allie contre l'Egypte aux autres nations méditerranéennes, aux Lybiens, aux Sicules, aux Etrusques, aux Achaïens, aux Lyciens, etc. *). Les monuments de la même époque nous parlent aussi des Dardaniens et, selon toute probabilité, des Teucriens *) et des Pélasges *).

C'est ainsi que peu à peu les annales de l’ancienne Egypte se rattachent d’une manière sûre à la chaîne historique, et continuent cette chaîne dans les profondeurs de l'antiquité où elle se perdait pour nous.

Déjà Champollion avait signalé le grand fait des conquêtes de Sésonchis I en Palestine, inscrites sur la muraille extérieure du temple d’Ammon à Thebes. Mais, depuis les merveilleuses découvertes de l’auteur de la méthode, on a réussi à trouver d’autres points de contact entre l'Histoire sacrée et les monuments écrits de l'Egypte. Les papyrus nous ont montré les Hébreux occupés au charroi des énormes pierres employées pour la construction de certains temples dans la Basse-Egypte ‘).

D'un autre côté, la liste des villes syriennes et palesliniennes connues et fréquentées par les Egyptiens avant l’époque de Moïse s’est considérablement accrue ‘). C’est dans les hiéroglyphes, que se trouvent aujourd’hui les titres les plus authentiques de l’extrême antiquité de quelques unes d’en-

1) Papyrus Anastasi I, p. 17. — Chabas et Goodwin, Voyage d'un Egyptien, etc. p. 61.

3) Dümichen, Hist. Inschr. pl. L et sqq. — De Rougé, Mémoire sur les attaques des peuples de la Méditerranée contre l'Egypte.

3) Lauth, Homer und Acgypten.

*) Chabas, Voyage d'un Egyptien, réponse à la critique, p. 99.

5) Chabas, Les Hébreux en Egypte, Mélanges Egypt. série I, p. 42. 5) Chabas et Goodwin, Voyage d'un Egyptien, etc.

tre elles. On a dû reconnaître en particulier que l'époque assignée par l’histoire classique à la fondation de Tyr sur son ilot de rochers est inexacte, et doit être notablement reculée.

À côté de ces faits historiques, qui se référent à des nations connues, les égyptologues ont bien plus souvent à en signaler d’autres, plus anciens encore et se rapportant à à des peuples dont les traditions classiques n’ont pas conservé le souvenir. Des nations policées el puissantes ont précédé les Chaldéens et les Babyloniens, mais comme elles ne possédaient pas les pierres éternelles, ni le papier inaltérable de l’Egypte, elles ne nous ont rien transmis de leur histoire, en dehors des mentions que les Pharaons ont jugé à propos de faire inscrire sur les monuments de leurs victoires, el de quelques rares citations éparses dans la correspondance des scrihes. ais, quelle que soit l'insuffisance des documents, l'existence de ces nations antérieures à toute histoire n’en est pas moins réelle. Il faut qu'on l’admette et qu’on introduise dans l’enseignement des modifications devenues indispensables. Toutefois 1l n’est pas nécessaire de précipiter les solutions méthodiques, parce que d’une part les monuments connus ne sont pas tous expliqués, et qu'en second lieu, un grand nombre de documents sont encore inaccessibles ou inconnus. Avant d'entreprendre un classement systématique, qui permette des vues d'ensemble, 1l reste encore une foule d’études monographiques à demander aux égyptologues exercés.

Je voudrais ici essayer de donner une idée de l’immensité du cadre, dans lequel nous avons à classer les faits, non pas bien entendu en déterminant des chiffres précis, ce que je ne crois guère possible, mais en exposant à grands traits les divisions chronologiques de l’histoire égyptienne.

On est depuis longtemps d'accord de considérer dans cette longue histoire trois époques principales: le Nouvel-Empire, la domination des Pasteurs et l’Ancien-Empire. Cette division, proposée en premier lieu par M. le Docteur Lepsius, est à la fois extrêmement rationnelle et très commode pour le classement des faits et des régnes.

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