‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 26 sur 88 · LES SOIXANTE-QUATRE APIS TROUVÉES DANS LES SOUTERRAINS DU SÉRAPEU · texte numérisé non relu

LES SOIXANTE-QUATRE APIS TROUVÉES DANS LES SOUTERRAINS DU SÉRAPEU

romaine, une divinité luni solaire, symbole d'Osiris, c’e

k Extrait du Bulletin archévlogique de l'Athenæœum français (octobre et novembre 1855),

Fr

L. S 3. dont nous avons déjà dit qu’il porte les marques sur le c . XIXe DYNASTIE. — NEUF APIS Apis serait donc, selon les écrivains de l’antiquité grecq +

(Suite.) dire du soleil dans sa marche nocturne, comme Mnévis, : Anis V, VI, VII, VIN, IX. Ces cinq taureaux, morts pendant liopolis, aurait été le taureau solaire, symbole d’Hélios a : }s seconde moitié du règne de Ramsès II, c’est-à-dire en soleil dans sa course brillante au-dessus de nos têtes. (C ” trente et quelques années, font intervenir, au milieu d’une Elien, De nat. anim. XI, 11 : ToStov (le Mnévis) Aiyérztor .- discussion dont l'importance n’échappera tout à l'heure à per- gaotv iepév, Énel vôv ye Âriv dvalnua elvat ssAñvn Aéyouav, et Su sonne, un argument sur la valeur duquel il est nécessaire de voc. Apis : Toëtov {l’Apis) Aiyéntio aAÂvn Tpüot, xai lepès : donner dès à présent quelques explications. 6 Roës the acAfvnc, Gonep à Mvedtc to5 flou.) On trouve dans Pline (VIII, 46) la mention d’un fait qui, Or, la question une fois posée en ces termes, il est di ” depuis longtemps (49), a mérité l'attention des savants : « Von de ne pas remarquer que les vingt-cinq années de notri est fas, dit cet auteur, eum (Apidem) certos vitæ excedrre an- vinité luni-solaire sont précisément celles d’un cycle ast: nos, mersumque in sacerdotum fonte enecant. » Ce même usage mique également luni-solaire, lequel, tous les vingt-cino a été connu de Solin : « Statum ævi spatium est, quod ut ramenant en conjonction (äroxxtaotasx) le soleil et la lune affuit, profundo sacri fontis immersus necatur, ne diem longius mêmes points du ciel et presque aux mêmes heures du trahat, quam licebit.» (Solin., c. 32.) On lit aussi dans Am- pourrait bien s’être en quelque sorte personnifié dans. mien Marcellin : « Apis—quum post vivendi spatium præstitutum ce qui a l’avantage d’expliquer tout naturellement le mo sacro fonte immersus è vità abierit, nec enim ultra eum trahere la mystérieuse mort dont on frappait le dieu. Telle es licet ætatem quam secreta librorum præscribit auctoritas mysti- deux mots, l’origine de la fameuse période d’Apis, dar corum, alter cum publico quæritur luctu.n (Amm. Marc., XXII, quelle nous pouvons déjà, sans plus d’explications, dér 414, 7.) Enfin, à ces témoignages déjà si explicites, on peut deux éléments distincts et indépendants l’un de l’autre : ajouter celui de Plutarque lui-même : Hot dè terotywvov à le cycle de vingt-cinq ans, cycle réel et bien connu de ravidc dy’ tautie, boov tüv ypauuätuy map” Aiyuntlow <ù r}ï 06: ciens, puisque Ptolémée s’en est servi dans ses tables man: don, xal 69ov éveaurüv En ppévoy & Ârus. » (De Is., c. 56.) Hadri- pour le calcul de anomalie moyenne du soleil sur des i plié par lui-même, le nombre cinq produit un carré égal au valles de vingt-cinq années ; l’autre, l’application de ce nombre des lettres égyptiennes et à celui des années que vit Apis. . astronomique à Apis, c’est-à-dire la période d’Apis elle-n Ainsi, Apis ne pouvait vivre au delà d’un certain nombre qui, comme on le voit, n'a d’autre fondement que la d’années dont Plutarque fixe le chiffre à vingt-cinq, et une remarque de Plutarque, mort violente tranchait ses jours quand ils avaient atteint la Maintenant si le but auquel ces développements tender imite qu’il leur était défendu de franchir. pas échappé au lecteur, on doit voir que la période d Si maintenant nous interrogeons ces mêmes auteurs, non n'intervient en ce moment que parce que la découverte plus sur le genre de mort d’Apis, mais sur les caractères par tombe du dieu doit nous fournir, ou jamais, la solutio: lesquels ils ont distingué cette divinité, nous voyons Apis re- problème ct le dernier mot de cette question si controve: vêtir dans toutes les parties de son dogme des attributs qui, y avait-il une période d’Apis? les Apis se succédaient-i selon eux, le rapprochent, tantôt d'Osiris (50), tantôt de la vingt-cinq ans en vingt-cinq ans ? l’âge d’Apis était-il en n Lune (51) à laquelle Apis est plus spécialement consacré, ct temps celui d’un cycle luni-solaire dont les Égyptiens se - vaient, soit pour la supputation des temps, soit dans ur 2 No Dtma Mae Vie Ce Loue uno tan | elifieux? I est impossible que le mot de l'énigme ne so 50, Év & Méuou tpépesbar rdv Am, el2whoy dvra sic Exelvou |[Ogtpièos) aujourd'hui entre nos mains : c’ést à nos monuments fc. (Plut., De Js. et Osir., c. XX.1 OÙ 6 rheictor twv lepéwv=- gaar - faut le demander. Guevor xat dtddoxovrec LS &ç edpoppoy elxdva xp vopuiGetv trç Ost- N oilà donc ramené à dét ndi RÉ Te ee RE rh Re sben SP épi | Nous voi done ramenés, après ce détour indispens pe A Ge x M put D dou Gant crée. Diodes. 85 aux cinq Apis qui font l'objet spécial de ce paragraphe 51) Inter animalia antiquis obsercationibus consecrata, Mnevis et Apis sunt l’argument que l’on est obligé de tirer de la mort de ces mt pres qe as cel ' &ù Lopsius, Etat, 0, maux, SUrVENUE EN UNE période qui ne dépasse pas trent Apis passait pour devoir la naissance à un rayon de la lune : Auyürtio Ce ans. Évidemment il n y a pas là trace d’un cycle qui, voua. céas dnt ti,v Bouv Ex où oboavou xatéyetv, xalËx ToUTOS tixtetv rdv sonnifiant sa durée dans celle de la vie d’un taureau, n Ârmv. [Herod., 11 28.) — Aiyürmreot <dv Ârwv ebeoÜal panv kmapÿ the . . . ? ce>xvnc. IPInt., Quest, Sympos, VIII, 14 — Tèv Ge Âmv yavéodm (Aéqouar, menait tous les siècles que quatre Apis dans la tombe cre Brav qüx épelog yévruov And rnç seAtvne xal xabignrur Bods pyionc.…. sous le Sérapéum, et la même conclusion se tire des

premiers Apis du même règne, lesquels sont morts en \

(Plut., De Îs. et Osir., XLIII.) voyez aussi Élien et Suidas, loc. cit., et Porphyre ap. Eusèb , Prep. Er., I], 13,

orze années. La période d’Apis n’a donc pas existé, au moins dans les conditions qu’on lui avait attribuées jusqu'ici, et il paraitrait, d’après les seules considérations qui viennent d’être développées , qu’il faut renoncer au cycle , vu plutôt à celui des attributs d’Apis qui nous engagerait à voir dans le taureau de Memphis un symbole vivant de ce cycle.

Mais comme, en matière si neuve, la critique a le droit de se montrer exixeante, je dirai que, malgré ce qui précède, es preuves de la non-existence de la période, telles qu’on vient de les voir, ne se présentent qu’accompagnées d’un cerain doute. Il se pourrait en effet que, le même principe s’incarnant successivement dans les divers Apis, le cycle n'ait pas été nécessairement lié à la vie de tel Apis, et que, quand an de ces animaux mourait avant les vingt-cinq ans de rirueur ice qui devait ètre un cas fréquent), les prêtres avaient e droit de reporter sur son successeur (52) les années du ycle par lesquelles le premicr avait déjà passé. En ce cas, ’Apis mort l'an 30 de Ramsès IL aurait vécu quatre ans jarce que dans sa quatrième année s'accomplissait la fin d'un cycle. commencé sous lun des Apis précédents; de même l’un des derniers taureaux morts à la fin du règne de e roi, c'est-à-dire en l’an 55, selon une inscription tracée sur e mur de la chambre sépulcrale, aurait vu sa mort coïncider wec la fin d'un cycle commencé vingt-cinq ans auparavant 304+23—55). Bref si, à la première vue, ln tombe des taueaux de la XIX° dynastie nous porte à rejeter la période omme contredite par les monuments, on voit que, après un *xamen plus mûr, nous sommes forcés, sinon de faire un pas n arrière, au moins de nous avancer avec une plus grande irconspection. La question n’est donc pas vidée ; elle est encore une fois ajournée. Je ne dis pas que nous rencontrerons partout les doutes avec lesquels nous sommes obligés d'ac- ‘ueillir les preuves que nos cinq Apis semblent apporter avec ‘ux; au contraire, quelques pas de plus, et ces doutes vont lisparaitre complétement. Mais jusque-là, nous n’avons pas “ncore imis la main, avec les seuls Apis de Ramsès I, sur le veud du débat, ct en attendant que de nouveaux monuments ournissent à la discussion des bases plus solides, il est peuttre plus sage de nous abstenir.

Trois de nos Apis ont été ensevelis dans les chambres n°2, 3 et 4 des Petits Soutcrrains. Les deux autres avaicnt été déposés dans un mème caveau sur l’une des parois duquel était tracée la date de l’an 55 déjà mentionnée. L'un mourut alors que le prince Ménephtah, qui plustard devait succéder à son père Ramsès 1, avait remplacé Scha-em-Djom dans le youvernement de Memphis, et par la position de la momie, je ne pense pas que ce soit à cet Apis que se rapporte la date écrite sur le mur. L'autre est mort par conséquent en l'an 55, et cette remarque a de l’intérèt si, comme il pourrait se faire, Ja momie dont j'ai recueilli les débris, au lieu d’être celle d’un Apis, était celle du prince Scha-em-Djom lui-même. Ce point nouveau mériterait de longues explications. Qu'on se figure une momie de forme humaine, détruite dans toute sa partie inférieure à partir de la poitrine. Un épais masque d'or, aujourd'hui au Louvre, couvrait le visage. Au cou étaient passées deux chaines également en or à l’une desquelles trois amulettes étaient suspendues. Quant à l'intérieur, il ne présentait plus qu’une masse de bitume odorant, mêlée d'ossements

(52 M. de Longpirier me rappelle à ce sujet les Suffecti consules de Roine.

sans forme au milicu desquels furent trouvés deux ou trois b joux à cloisons d’or, emplies de plaquettes de verre. Enfin auprès de ce singulier monument, je ramassai un gros scara béc en stéaschite grisâtre. une colonnette en feldspath vert ç une vingtaine de statuettes funéraires de forme humaine Voilà notre Apis, et on aura la mesure de l'embarras dar lequel cette découverte doit nous mettre quand on saura que tandis que tous les monuments trouvés sur la momie ne por tent rien autre chose que le titre et le nom de, Scha-em-Djon tous ceux au contraire trouvés dans les environs mentionner le nom et les qualifications habituelles d’Osorapis. Est-ce là u Apis? est-ce là la momie de Scha-em-Djom qui, morte l'an 55 du règne de son père, aura tenu à être enterré dans plus belle des tomhes qui ornaient le cimetière de la ville do il était le gouverneur, à l'exemple des autres grands de l’ gypte qui se faisaient ensevelir à Abydos près de la tom d’Osiris? J'hésite à prendre un parti, et je n’aborde pas mén une discussion qui nous entrainerait bien loin des limites dar lesquelles nous sommes obligés de nous renfermer.

XXe DYNASTIE. — NEUF APIS.

Ar1is 1 115 , mort l'an 26 de Ramsès III.

Ar18 II :16 , mort sous le Ransés V de M. Bunsen. Av18 III ‘17., mort sous Ramsès Si-Phtah.

Aris IV 118, mort sus le Ramsès VIII de M. Bunsen. Ar1s V 119, mort sous le linmsës XIV de Rosellini. Ari8 VI 20, mort sous Ramsès XIV.

Aris VIT 21,, mort sous Ramsès XIV.

Avis VIII 122, mort sous Ramsès XIV.

Ar1s IX 23 , mort sous Ramsès XIV.

Arts [, Il, III, IV. Manéthon ne nous a conservé de XX: dynastie que le nombre des rois qui la composèrent, et chiffre de la durée totale de leur règne (12 rois, 14335 ans sel l'Afric., 1478, 172 selon Eus.). Nous en serions donc rédui sur cette famille royale aux conjectures auxquelles nous coi damne habituellement le silence de Manéthon, si, par bonheu nous ne trouvions un secours inespéré dans les monumen que cette époque nous a transmis.

H s’en faut cependant que ces monuments, si nombre qu'ils soient, ne nous laissent ni diflicultés à vaincre, ni px blèmes à résoudre. Leur étude nous amène bien en présent de quelques rois qui sont de ceux dont l’histoire aime à gard le souvenir. Ramsès IIT (Iyk Poun) est un des grands conqu: rants dont s’enorgucillit l'Égypte, et les murailles de Médinet Tabou témoignent de ses nombreuses victoires. Un aut Ramsès, le cinquième de la série, s’illustra au moins par s0 tombeau. Ramsès VIII ne nous est pas non plus inconnu, les fouilles de 1853, pratiquées sur emplacement de Men phis, ont mis au jour des architraves immenses, des colonne monolithes de quarante pieds de hauteur qui attestent la pui: sance de ce mème roi, et le ressort qu’avaient encore con servé les Ramsès V et X dont ces monuments portent les ca touches. L'époque de ces Ramsès ne fut donc pas tout à fa une époque de décadence, et la pompe des tombes privé atteste au contraire que, sous leur règne, la prospérité publ que fut loin d’être à son déclin. Mais mille questions de déta embarrassent et compliquent ces données générales. Out: que le nom de Ramsès fut commun à tous les rois qui comp sent la XX° dynastie, il est probable que nous ne connaïissor

même pas encore tous les Ramsès qui régnèrent à cette époque, et l’ordre chronologique est si peu établi parmi ceux qui nous sont connus, que le Livre des Rois de M. Lepsius nous promet des arrangements nouveaux tout différents de ceux qui nous sont fournis par l’ouvrage de M. Bunsen.

Ce serait donc un service que la tombe d’Apis nous rendrait si la découverte des caveaux de la XX° dynastie apportait au débat quelque argument nouveau et décisif. Malheureusement nous n’en sommes pas là. Je ne dis rien des Apis 1 et II qui moururent, l’un en l’an 26 de Ramsès III, l’autre sous Ramsès V,et qui ne nous ont laissé que de passagers souvenirs de leur existence. Mais avec Apis II] surgissent des complications que rien ne devait faire prévoir. La tombe où cet Apis reposait fut en effet ornée par deux rois à la fois, ce que prouvent deux vases trouvés à leur place antique dans une niche inviolée, et placés l’un dans l’autre, de telle façon que le plus

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grand était revêtu de la légende d’un de ces deux rois (A) , et que sur le plus petit étaient tracés les deux cartouches (B) de l’autre. Notre Apis serait-il mort à la fin du règne du premier, et aurait-il été enterré, soixante-dix jours après, au commencement du règne du second? ou bien les deux monarques exerçaient-ils ensemble le souverain pouvoir? Voilà déjà uu premier problème. Mais le nom même de l'un de ces rois constitue un autre embarras. Ce nom (A) est-il celui d’un Ramsés St-Phtah qui paraît ici pour la première fois ? Quel est ce nouveau Ramsès ? prend-il place avant ou après le Ramsès VIII (B) dont la légende orne le plus petit de ces deux vases? Nos incertitudes, comme on le voit, ne font qu’augmenter puisque, des deux rois qui semblent se présenter ensemble pour présider aux funérailles du même Apis, l’un est si inconnu que, jusqu’à la découverte de nos deux vases, nous n'avions jamais entendu parler de lui. L’obscurité qui environne la XX° dynaste n’est donc pas dissipée par la découverte des nouveaux monuments de cette famille royale. Ce qu’il y a de probable, c’est, en premier lieu , que Ramsès Si-Phtah précéda Ramsès VIII sur le trône, puisque ce dernier prince fit exécuter seul le caveau sépulcral de l’Apis suivant , et en second lieu, que Ramsès Si-Phtah associa au trône, avant sa mort, son successeur Ramsès VII, supposition qu’autorisent suflisaniment les divers exemples de cet usage déjà fournis par les monuments. Quant à la généalogie de ces princes, elle reste inconnue, Si Ramsès VII est le petit-fils de Ramsès III (53), et s’il a succédé à son père Ramsès VI après la mort de ses oncles Ramsès IV, V et VII, nous devons croire, ou que Ramsès Si- Phtab est un fils de Ramsès VIT, ou bien encore qu’il était le frère de Ramsès VIII et, dans tous les cas, petit-fils du conquérant qui occupe si glorieusement la tête de la XX° dynas-

(53) Voyez le tableau généalogique publié par M, Bunsen | Egypt's place, t. IE, p. 672,

tie (54). Voilà les seuls résultats qu’on puisse présenter quelque vraisemblance, et je ne les crois pas de nature à menter beaucoup nos connaissances sur la dynastie dor abréviateurs de Manéthon ont si mal à propos négligé de faire connaître les noms.

Du reste il ne faudrait pas qu’on prit les quatre Apis j’ai trouvé les traces entre les règnes de Ramsès III et de] sès VIIT pour l’état général de tous les taureaux qui, pet cette période, ont régné à Memphis. Je donne ces quatre pour les seuls que j'aie reconnus, et je ne doute pas qu mêmes chambres construites par les Ramsès n’aient jadis bien d’autres momies qui, dans les bouleversements succ dont cette partie de la tombe a été l'objet, auront com] ment disparu.

Aris V, VI, VII, VIE, IX. Nous continuons, dans ce graphe, la série de la même famille royale, mais cette foi des desiderata d’un autre genre. Je vais brièvement résur position de la question.

Si lon étudie dans l’ouvrage de M. Bunsen (55) l'arr ment des rois de la XX° dynastie, on voit que la série lerminc pas à notre Ramsès VIIT, puisqu’au contraire ap Pharaon se trouvent encore quatre autres Ramsès ses si seurs. Nous connaîtrions donc jusqu’à Ramsès XII incl ment, et M. Bunsen n’est probablement pas bien sûr luide ce chiffre, puisqu'il ajoute entre parenthèses un trei Ramsès dont le nom propre, toutefois, lui est inconnu.

Mais il paraîtrait, par les planches de M. Lepsius (56 l’ordre dynastique proposé par M. Bunsen est en qu points contredit par les monuments, et qu'entre autres niements à faire aux listes, il faut reporter avant Ramsi les Ramsès IX et XIT; en sorte que la fin de la XX° dvr suivant l’auteur de la Chronologie, se composerait des tro que son savant compatriote a nommés Ramsès VIIF, sès X et Ramsès XI.

Or l’examen des bas-reliefs du grand édifice de Kar en particulier du temple de Khons, à Thèbes, nous tran: précisément au milieu de ces rois et nous montre qu règne vit s’accomplir des événements qui, par leur enc ment et le rang des personnages qui y prennent part, & tiennent au sujet que nous traitons en ce moment. Sot rois, en effet, se trama la conspiration sacerdotale qui : la chute de la maison des Ramsès et la venue d’une dy nouvelle. Déjà, sous Ramsès VIII, une première tentativ surpation se reconnaîl sur ces mêmes Inurailles où plu grands prêtres d’Ammonra-sonther se sont représenté places où jusqu'alors nous n’avions l'habitude de renc que des dieux et des rois (57). Sous Ramsès X , les sy mes d’envahissement deviennent de plus en plus mani Nos grands-prêtres, à la vérité, sont morts ou ont dis mais leur succession, après un intervalle dont nous ne vons ici apprécier la durée, est recueillie par un autre p.

nage, nommé + KW Y& pme

d’Ammon comme eux, lequel, prenant résolûment la t la conspiration, poursuit avec tant de succès l’œuvre

; Her-Hor et grand

(64 Si-Phtah ne peut être fils da Ramsès III, puisqu'on ne le tro: parmi les fils de ce roi au tableau de Médineh-Tahou. (Leps., Denkm., ]

(55 Egypte place, t. 1], p. 575.

(56, Denkm., III, 220 à 223

(57) Denkm., 111, 237.

nencée par ses prédécesseurs que nous le voyons monter sucessivement tous les échelons du pouvoir, et qu'après Ramès XI il apparait tout à coup sur les monuments la tête ornée le la double couronne royale (58). Ainsi la XX° dynastie s’érignit sous une sorte de dodécarchie tout aussi réell® peuttre que celle qui précéda l’avénement de Psammétichus, et e rappelle ces circonstances pour mieux tixer l'attention sur ine observation dont nous ferons tout à l’heure notre profit ,

éhtiié à savoir que le roi , Amen-Si Üer-Hor eo

XXI° dynastie) était déjà vivant sous Ramsès X, et que es tentatives d'usurpation des grands prêtres ont laissé sur les monuments des traces qui remontent jusqu’à Ramsès VIT.

Ceci expliqué, on comprendra la portée particulière des rélexions précédentes quand j'aurai dit que nos Apis V, VI, VIT, VIIL ct IX, tous postérieurs à Ramsès VIT, moururent ous un Ramsès qui régna au moins trente-troisans 159), et qui rest cependant aucun des Ramsès sous lesquels nous venons le voir se développer l’usurpation des grands prêtres. Où se place ce Ramsès nouveau? Évidemment ses trente-trois ans le règne nous empêchent de le mettre à la fin de la dynastie + après Ramsès X, qui lui-même a régné pendant au moins dix-sept ans (60). D'un autre côté, la chambre qu'il fit creuser st certainement postérieure à celle de Ramsès VII. En s’apuyant sur ces seules données, notre Ramsès, prenant sa place dans le vide plus ou moins large que nous avons déjà constaté ntre Ramsès VIIT et Ramsès X, serait donc à la fois le prélécesseur de l’un et le successeur de l’autre ; et comme, dans es rares souvenirs que nous a légués son règne, nous n’apercevons aucune trace de l'influence exagérée des grands prères, nous devons croire que ce roi sut maîtriser les esprits et qu'il transmit à ses successeurs un trône que ceux-ci ne suent pas conserver intact.

Quant à son nom, il est, à de très-légères différences près, celui du grand conquérant de la XIX* dynastie, c’est-à-dire Ramsès Meïamoun. M. Bunsen, qui n’a pas compris ce monarque dans ses listes, parait l'avoir confondu avec son homonyme ; Rosellini, au contraire, en a fait un Ramsès XIV (61). Dn voit dans quel sens ces deux opinions doivent être modifiées. Quoi qu’il en soit, si l’ordre dynastique que nous devons assigner à Ramsès Meïamoun IT n’est pas absolument certain, nous savons qu'il est postérieur à Ramsès VIIL, et j’ajouterai, comme dernier renseignement fourni par la tombe d’Apis, que sous notre Ramsès vécut un personnage (peut-être un fils)

un nommé Fou ! Y&. Bek-en-Ptah (62), et que ce .£{+ NN a

158, Denkm., II, 243.

(59, Prisse, Mon. égypt., pl. XXIV.

(60. Champollion, Lettres au duc de Blacas, 2e lettre, p. 63, ct pl. XI.

161; Mon, stor.,t. II, p. 48,ett. IV, p. 135.

162, C'est peut-être le même que le Éck-en-Phtah dont un assez grand nombre de statuettes ont été trouvées dans la tombe des Apis de sès VIIL Les légeudes, tracées au pinceau sur le stuc grossier dont étaieut revêtues les parois de la chambre de Ramsès XIV, étaient trop mutilées pour que j'aie pulire au complet les titres de ce personnage, Il avait la peau de panthère et la tresse, et se trouvuit, en dessous du roi, dans la posturo exacte de Scha-em-Djom par rapport à Ramsès II dans les cuveaux creusés par ce dernier roi. Je serais assez porté à le croire effectivement fils de Ramsès XIV. Autrement il eût été, à l'exemple des Amenhotep et des Ramsës- Nakht, un des prêtres usurpateurs. Quoi qu'il en soit, ces données générales ont au moins | avantage de nous faire pressentir quela placedc Ramsès XIV ne peut pas être bien loin de l’époque dans laquelle nous sommes maintenant transportés.

rs pans personnage eut parmi ses titres celui de 1! “| Â J .

deuxième prophite d’Enpé (eN HeR, Onouris?) (63), titre également porté par un des princes de la maison du ro Her-Hor (64), ce qui constitue une nouvelle probabilité en faveur du classement que nous croyons pouvoir proposer

En somme, les complications qui embarrassent l'étude de la XXe dynastie n’ont pas disparu, et c'est toujours i grand’ peine que nous réussissons à démèler, à travers l’obscu. rité derrière laquelle cette famille se cache, les rares rensei gnements qui nous permettent de classer d’une manière plu ou moins certaine les douze ou quinze Ramsès dont nous con naissons aujourd'hui les noms. Mais la tombe d’Apis nou aura an moins, dans tout le cours de ce paragraphe, apport les preuves de deux faits jusqu'ici contestés ou inconnus savoir, en premicr lieu, que Ramsès VII eut pour prédéces seur un roi dont nous ne soupçonnions pas l’existence, € qui, attaché ou non à ce même Ramsès par les liens de la pa renté, partagea probablement le trône avec son successeur; «: second lieu. que Ramsès-Meïamoun [T, connu déjà par la stèl de la Bibliothèque Impériale dont M.S. Birch a , le premier donné une traduction (65). n'est pas le même que le gran Ramsès de la XIX° dynastie, puisque son règne se place plu ou moins loin après celui de Ramsès VIIE, Voilà les donnée nouvelles dont la tambe d'Apis nous met cn possession. Elle ne sont pas, je le répète, de nature à accroître beaucoup no richesses. Il semble cependant qu’elles servent jusqu'à u certain point à compléter l’ensemble de la XX° dynastie @ que nous sommes mieux qu'avant disposés à accepter, dan la forme suivante, le tableau de la fin de cette famille de rois

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