‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 66 sur 88 · INTITULÉES DEUX INSCRIPTIONS BILINGUES · texte numérisé non relu

INTITULÉES DEUX INSCRIPTIONS BILINGUES

Après avoir écrit et imprimé mon article sur Les bilingues selon Brugsch, paru dans le dernier numéro, après avoir non-seulement prononcé, mais revu et complété la Leçon d’ouverture publiée dans ce numéro même, (leçon extraite, faute de place, du dernier numéro pour lequel elle était déjà imprimée,) je viens de lire dans la Zeitschrift le nouveau pampblet de Brucscn sur Deux inscriptions bilingues.

Naturellement je n’insisterai pas sur ces deux inscriptions bilingues,! longuement commentées par moi dans mon article sur Les bilingues selon Brugsch.

Naturellement aussi je n'insisterai pas sur les questions de détail auxquelles je me trouve avoir amplement répondu d'avance, tant dans l'article Les bilingues selon Brugsch que dans la Leçon d'ouverture.

A cette classe appartient le fond même de la diatribe de Bruoscn : c'est-à-dire la question des mots Je my ed Z OU fac 2,7 etc )- D que j'ai étudiés avec tout le soin nécessaire dans mes travaux antérieurs et surtout dans les deux derniers articles ci-dessus cités. Il faut vraiment toute l’effronterie de Bruascm pour oser prétendre encore, par exemple, que 2 — M JA doit être assimilé à gw <chose» (!!!) et n'a pas les sens progressifs, fixés par moi, d'envoyer, mander, demander, invoquer, prier» : alors que les exemples de ces significations, établies depuis longtemps par moi, sont absolument innombrables, et que ces significations sont confirmées formellement par tous les bilingues, même et surtout celles “qui semblent d'abord les plus dérivées. Ex. : T<1 H72mII rendu par ENIKAAOVMAI CE;

1 J'en reparlerai un peu plus loin par occasion, et j'en retraduirai alors tout le corps, auquel Brcoscn a rien compris.

? Variante d'un bilingue sur laquelle nous aurons à revenir dans un travail spécial. a

er me ne ee — —— ————__ ——— ———— = em

cl SE <| dP rendu par ONEIPOV AITHCIC: 2" rendu par MNPOCKVNHMA, etc. cte.!

Mais, enfin, abstractivement parlant, même en dehors de tout bilingue, le changement que Bruescn veut introduire pour keb {on | A} aux sens antérieurement prouvés, et reconnus, en partie, jusque par lui-même (Dict. 894), est tout simplement insensé. Je sais bien que les non-sens plaisent à Brucsou, ct qu'il n’est jamais si heureux que quand (comme pour le poëme) il est arrivé à aligner en phrases des mots dont l’ensemble n’a absolument aucun sens. Mais, enfin, cette passion de l'absurde doit avoir ses limites. L’obstination que Brucscx met à maintenir, dans son nouvel article, la signification <chose» proposée par lui dans ses in-

sanités sur le poëme, ne rentre plus dans les cadres réglés de la pensée humaine.

Il faudrait donc traduire, selon Bruasca, dans Setna : <Ce que tu désires, je le ferai, pour que tu me choses (au lieu de : tu me fasses arriver) au lieu où est ce livre. Le prêtre dit : si tu veux choser (au lieu d’earriver») au lieu où est ce livre, tu me donneras 100 argenteus. »

De même dans la requête du taricheute d’ibis, citée par moi, il faudrait traduire selon Brucsca : «Je t'adjure pour que je chose devant toi pour te faire connaître ce qui est arrivé. »

De même dans les requêtes démotiques, citées par moi, au lieu de <mande-moi en leur présence», «mande-moi au jour de la grande affaire», il faudrait dire : <chose-moi en leur présence», echose-moi au jour de la grande affaire » ;

au lieu de : «la chose (pnka) que tu voudras faire, mande la moi», il faudrait traduire selon Brucscx : <chose la moi»: |

au lieu de : <Qu’on ordonne au hi purmer de me mander en présence du scribe du sanctuaire pôur cela», il faudrait traduire selon Bruascn : <Qu’'on ordonne au Xi purmer de me choser en présence du scribe du sanctuaire » ;

au lieu de : <Que tu mandes devant lui le taricheute qui ensevelit pour la ville, qui te dira son nom», il faudrait traduire selon Bruescx : <Que tu choses devant lui, etc.» ;

au lieu de : <Ïl arriva que le 18 Tybi je me présentai devant le stratège en disant : pour l'affaire de la concussion je suis venu te voir; car les officiers ne m'ont pas donné l'instruction qui est en ta main. Je m'en viens ici pour cela. Fais les mander; car ils n'ont pas répondu, les officiers, de manière à satisfaire mon cœur», il faudrait traduire selon Brucscn : «. . . . fais les choser, car ils n'ont pas répondu, les officiers, etc. »;

au lieu de : «Quant à l’autre affaire d'Horpata ct des autres, je les ferai appeler (ces gens) pour qu'ils se présentent au vicaire et rendent leurs comptes. Mande-moi pour qu'ils soient devant nous, ceux qui nous appartiennent», il faudrait traduire selon Bruescu : <chosemoi pour qu'ils soient devant nous, etc.» ;

au lieu de : <Je t'en prie, s'il y a réception en main ou addition de parole (d'accusation criminelle) je pourrai être là pour m’y opposer à l'instant. Ils veulent cela : ch bien! qu'on me le mande, car je ne me hâterai pas de descendre en barque jusqu’à cette heure.

t Voir mon article : Les bilingues selon Brugsch.

Je demande cela : s'il y a réception en main ou addition de paroles quelconques, en sorte que je puisse quelque chose à l'encontre, ma voix est à Petchons, le petit, qu'on a emmené en prison! Qu'on me le mande! J'ai fait mes préparatifs pour me hâter de venir», il faudrait traduire selon Bruoscu : «. . . . qu'on me le chose! J'ai fait mes préparatifs pour me hâter de venir.» |

De même dans les documents hiératiques traduits par PLevre et cités par moi, au lieu de : «ma lettre est arrivée à toi : tu ne te sépares pas de ce que je t'ai mandé», «l’ordre que tu m'as mandé», «le mandement que tu as fait, c'est : quand la lettre arrivera, réunistoi avec Pentahatet et le scribe», <ce mandement te fait connaître que c’est le roi qui la écrit en l'an 17», il faudrait traduire selon Brucscx : «tu ne te sépares pas de ce que je t'ai chosé», «l’ordre que tu m'as chosé», etc.;

de même dans nos lettres démotiques, également citées par moi antérieurement, au lieu de : «L’esclave au sujet duquel tu m'interroges, on l’a violenté sur la grande place», il faudrait traduire selon Brucscx : « L'esclave au sujet duquel tu m'as chosé, on l’a violenté, etc.» ;

au lieu de ces maximes morales citées par moi : <N’interroges pas l’homme vénérable, ton supérieur, n’interroges pas, afin qu’on n'interroge pas à l'encontre de toi», il faudrait traduire selon Bruascx : <Ne chose pas l’homme vénérable ton supérieur, ne chose pas pour qu'on ne chose pas à l'encontre de toi»;

au lieu de cette formule, très compréhensible, d'un livre magique, déjà citée par moi : «Je parlai à Isis pour qu'elle parlât à Osiris au sujet des paroles, au sujet desquelles jinterrogerai pour faire amener un dieu qui a réponse en mains, afin qu'il me dise réponse sur toutes paroles au sujet desquelles j'interrogerai chaque jour. — Isis dit : qu'on amène un dieu que jinterrogerai pour qu’il creuse les paroles auxquelles il parviendra», il faudrait traduire selon Brucscx : «Qu'on amène un dieu que je choserai pour qu’il creuse les paroles auxquelles il parviendra. »

Sans sortir du même livre, au milieu de cent autres passages de ce genre, j'ai déjà publié dans le second volume de la Revue, si admiré de Brucsen, et j'ai souvent cité depuis! cette conjuration bilingue du scarabée (yerr — xadapos) pour amatorium, portant : | «Ce que tu liras sur lui (sur ce scarabée) devant le soleil, le matin :

«Tu es le scarabée de lapis (yeshet). Je t'ai apporté à l’intérieur depuis la porte du » jour. Je t'invoque (ZZ< 32 — ENIKAAOVMAI CE) contre une telle, fille d’un tel. > Elle lutte contre son cœur, contre ,son flanc, contre ses viscères, contre ses membres. Qu'elle raille faire ses purifications devant le soleil, le matin. Elle a dit au soleil : ne resplendis >pas! À la lune : ne luis pas! A l'eau (du Nil) : ne viens pas en Égypte! Aux champs : ne »soyez pas fertiles! Aux grands grenadiers d'Égypte : ne produisez pas de fruits! Je t'in- »voque (eiheb mmok) contre une telle, fille d’un tel. Je t'invoque (dis-je) contre une telle, >fille d’un tel. Frappe-la dans son cœur, dans son flanc, dans ses entrailles, afin qu’elle suive »le chemin derrière un tel, fils d’un tel . ... O scarabée! tu es le scarabée de vrai lapis! > Tu es l'œil du soleil, l'œil de Tum, les entrailles de Su, le cœur d’Ogiris . ... Je t'invoque

1 Voir ma leçon d'ouverture.

»(eiheb mmok), tu peux satisfaire cette invocation (pheb) pour laquelle tu viendras, et cela >» quand tu seras invoqué (yan ek hebtu).»

Brucscu veut-il donc traduire : « Je te chose, tn peux satisfaire la chose pour laquelle »tu viendras quand tu seras chosé» ?!!!

De même dans le grand texte de Siaritu dont nous donnons plus loin la traduction :

<2?22/01my2 pr ST... «prod def S<iL p ur TS ji fou T7<ÿLp (D ss 241293 24 9 SZ Era su rs (po < «ff: JAz-PrAs <T ml 8-nSmre nef

«Nous avons parlé (t'e) au Dieu, l'interrogeant (ou le priant keb), ce dieu grand — »sur la tête de 500 victimes! — le 21 Athyr, pour l’action de faire sortir? Isis, la grande » déesse, (en lui disant) : Grande Majesté! Tu nous donneras la force pour que nous fassions » l'adoration (d’Isis) convenablement. — Il fit, Thot, de Pnebs, depuis son temple, une ré- » ponse à moi, Siaritu, en ma qualité de grand prêtre. J'allai (donc) à Philée», ete.

Faudrait-il donc traduire, toujours d’après le système de Bruascx :

«Nous avons parlé au Dieu, le chosant, ce grand dieu, sur 500 victimes — le 21 Athyr »— pour l'action de faire sortir Isis, la grande déesse, en lui disant, etc. » ?

De même dans l'inscription n° 149 de LepPsius déjà citée par moi et portant :

S NPA AT 0, up se vs /c au Sam) /l2s fut, Psir ÿ7 n 7° duL- As (55 LU ve ci 7 & (#4 7 S ALL pc TPE tesslz Lai 4 ben Ju 0/2 S 4u DLE 1 «3 Lritr (e1ÿ—, h€,. u J auR (à 5 (Nnsmo/,, 3 5 (Roi Bhy À nNK ana Ste AR UR 72 S(kthr

cp ysls Mbe ou vols /a un ca n32/tun (as 10 Aîèe vé£llvre-? - fun-rauate (ot

«.... Bek, fils de Paosor, le Kerni d'Isis, l'agent d’Isis, invoque, dans ce sanctuaire, »le dieu grand .., sur deux victimes, le priant, ce dieu grand, seigneur du monde, par ses » paroles, — ce dieu grand que ne peut contenir (saisir) la terre (dans toute son étendue), »— le suppliant (par son prophète) : car a coutume d’être la prière qu'il fait dans ses pané- » gyries, le premier prophète S..., — suppliant (ce dieu) pendant qu'on fait sa fête et qu'on » sert le grand ka (urka) de sa Majesté grande encore — (cette prière, dis-je, a coutume d’être

1 Dans mes Büilingues selon Brugsch je disais à propos de ce texte : «Or, il faut le remarquer, €! EL est toujours alors donné comme synonyme de 1 ne L'e (| 4) «parler». Ordinairement il l’accompagne et l'explique, comme une espèce explique le genre, et, après cela, on trouve la formule de la prière ou de la consultation contenant un discours direct à la divinité interpellée, discours direct précédé souvent de & = %œe «à savoir». C’est ainsi que dans la grande inscription de Siaritu que nous publions plus loin dans notre leçon d'ouverture, on lit etc.»

2 Il faut son incroyable audace à Bruasca pour pouvoir traduire eo esur» par pour le prix de,

et MEN = FE du papyrus Rhind (n° 406 du lexique annexe de Bauescs) par or (fmr](1!1). Il est vrai qu'il voit or dans les mots les plus différents.

»en ces termes) à savoir : Majesté grande, Thot de Pnebs, (écoute) la voix du sublime »et grand ...... Bek et de sa femme et de ses enfants à jamais, parce qu'il invoque »son nom sur deux victimes. »

Faudrait-il donc traduire, aussi, d'après les nouvelles billevesées de Brucscu :

« Bek, fils de Paosor . . . fait chose (sic) au sanctuaire du dieu grand . . . chosant »le grand dieu du monde entier par ses paroles, ce grand dieu que la terre ne peut saisir »...., Car le chosement qu’il fait dans sa fête, le premier prophète ..... quand on fait la »fête et qu'on sert le grand ka de cette Majesté grande, c’est à savoir : Majesté grande, » Thot de Pnebs, écoute la prière de Bek, de sa femme, de ses enfants, parce qu’il chose > dans le sanctuaire, etc. » ?

Mais, véritablement, il n’est pas permis de se moquer ainsi du public!

C'est pourtant ce que Bruasca fait avec une audace qui n’a pas d’égale. Je citerai cette phrase bien claire des deux inscriptions bilingues auxquelles se réfère le titre de son article : d’abord celle du 178 : | ‘

qu'Îpz ss ve L> Crin2732, ET

RL. {La Je uv. le Le) TN à LB Æs pret | | ve 11249

« Horpaésis, fils d’Ammonius,! dont la mère ? est Tsémont,# sur cette terre‘ du sanc- » tuaire 5 (de Philée), a fait faire ces proscynèmes (ces prières) $ (ou «a fait faire invoquer ou

1 Voir le numéro suivant. 1] faut ici restituer d'après ce texte le à = » final. 2? Ainsi que je l’ai dit dans mon article sur Les bilingues selon Brugech (Revue VI, p. 54, 65), je tends depuis très longtemps (voir mon Mémoire sur les Blemmyes, pl. 59, note) à admettre dans la première ligne

de ces inscriptions (très peu distinctes dans les copies de LePsius et de Cuampozzion), la forme 7,$ 4 13 ou ÿ SEv< É «mère > (copiée et signalée par moi dans de nombreuses inscriptions nubiennes de mon second

mémoire sur les Blemmyes) au lieu de SSS Ve [5 ou SV l'e, variante de 6 vu également rendue certaine par d'autres textes que j'avais publiés dans le même mémoire (voir Terermen, I. 4 et 6, Siaritu, IL. 4 et passim etc.). Il faut à Bruasca sa mauvaise foi habituelle pour agir comme il le fait dans cette question. |

* l'sémont est très net dans la copie de Cuampozzion comme dans celle de Lersius. Le signe men de mont n'est pas douteux pour ce mot que Bruascm a copié tout de travers et à tout hasard. A peine avons-nous besoin de faire remarquer à tout démotisant que thkimt ressemble complétement à {set en démotique. C'est le mot mont qui suit et que Brucsca n'a pas lu, qui précise la lecture tses.

4 Encore une énormité dans la copie de Brucscu. Les deux textes de Lepsius (n° 177 et 178) portent très nettement epto. Brucsca altère sciemment en lisant prem.

5 Comparez le 177 et la fin de la seconde ligne de notre 178. Il n’y a rien ici et il n’y a pas la place de mettre pho.

6 Comparez l'inscription 149 de LepPsius, plusieurs fois citée par moi, et portant au commencement:

(ls (Ca f2L7 v/ 14 ‘Lh s d< v Sex #ev Camd/t2v (ele ps it

<Bek, fils de Paosor, le Kerni d'Isis, l'agent d'Isis, prie dans le sanctuaire du dieu grand» et plus loin: «Ecoute la voix de Bek, de sa femme et de ses enfants à jamais, parcequ'’il invoque, dans le sanctuaire,

»80n nom sur deux victimes» denv-3 2 un 6 DE (14 U/ op ab br 2), Ce mot «sanctuaire » (A 724 ou CN EL ? se rencontre sans cesse sous cette forme, je l'avais dit, dans tous les textes de Nubie. C’est le mot qui dans les trilingues dé Rosette et de Canope (voir ma Chrest. dém., passim) est écrit ba, qui dans la forme hiératique de Terermen (|. 4), Mémoire sur les Blemmyes, pl. 2

et pl. 5) est écrit ( < a qui, ailleurs (ibid., pl. 3, col. 1), a la forme ( A a T, plus loin encore (pl. 8,

»prier»)! au nom des dieux, en face du sanctuaire.?> Rien de plus clair que ce contexte, tout à fait analogue à celui de plusieurs inscriptions grecques de Philée ou de Nubie mentionnant les proscynèmes de tel ou tel pèlerin. Or Brucscx traduit alors : < Horpaésis, fils > d'Ammonius, dont la mère est Tsenp .. (!!!) l'habitant de Pharemha (92? !!!) fit exécuter »ces travaux (!!!) pour le nom des dieux i!'!) Pharemba (!!!) en l'an 8.»

De même le n° 177 portant :

na drsss. te bo Con D?3 22 &'lus Spore CPE RE 12,9 a Les AA: 24 au e Horpaésis, fils d'Aminonius, dont la mère est Tsémont,! sur cette terre devant le » sanctuaire 6 a fait faire ces proscynèmes* au beau nom$ (au nom qui est beau) à jamais !° > Bruüscn veut traduire :

col. 2) la forme Ne, plus loin (éhid., pl. 6) la forme (' LA 2-47, — forme qui se rencontre pour le «sanc-

tuaire d'Isis » à la fin de l'inscription de Néron, publiée ci-dessus (n° 144 de Lepsius, 1. 11), — qui dans les contrats s'écrit 1O L£ ct qui se trouve aussi dans une multitude innombrable de textes, sans compter nos deux inscriptions bilingues (dém.-gr. 177 et 178). Pour traduire dans ces dernières ce groupe par un nom propre et pour y voir le correspondant du grec OAPEMU) il faut véritablement une audace et une mauvaise foi peu communes. |

La seule question qui pouvait faire hésiter, c'était la lecture du groupe précédent, que Cnamrozziox et Lrrsius copiaient de manières très différentes quand il se présentait. Au debut de la seconde ligne Cuaac- POLLION à lu ENT PTT ce qui donnerait la leçon p mer neter hat, et à la fin de la première il lisait pentaru 142% “celui qu'on à fait grand-prêtre du sanctuaire», ce qui serait un sens très satisfaisant. La copie de Lersius pour le 177 paraît encore plus favorable à cette hypothèse. Elle porte la même leçon pour Ja première ligne et pour la seconde #0. Mais la seconde ligne du 178 semble bien avoir gu Ü y pho «cour», et c'est justement ce passage qui condamne le plus absolument la billevesée impossible de Brucscu sur OAPEMU. Évidemment les dieux qu'invoque Horpaesis sont ceux du temple de Philée, où il a gravé son inscription, ct non ceux d’un sanctuaire éloigné quelconque — sanctuaire du reste qui n'a jamais existé. OAPEMU) était sans doute un petit village de Nubie, village dont le scribe égyptien ne connaissait même pas la transcription en caractères sacrés ou démotiques. Cette transcription d’ailleurs n'aurait pu, en aucun cas, avoir la moindre analogie avec celle que rêve Brucscx, c'est-à-dire avec le mot qui est en réalité

° «sanctuaire».

' Voir à cet égard mon article : Les bilingues selon Brugsch, dans la Revue VI, 1, p. 53. Le mot MPOCKVNHMA est le correspondant habituel de < } EL? dans les inscriptions de Philée.

2? Nai est susceptible ici de deux acceptions. On peut y voir soit l’article démonstratif se rapportant aux proscynèmes (heb), soit l’article démonstratif, régime direct du même mot he, qui serait alors un verbe.

3 Voir mon article sur Les bilingues selon Brugeckh.

4 Mot horriblement copié par Brucscx qui n’a pu le lire, bien qu'il soit excessivement commun dans les documents démotiques. Bruüsca altère du reste partout le texte de Lrrsrus.

5 Cette leçon pto est tout-à-fait certaine d’après le facsimile. Bruascu l’a détériorée à plaisir.

6 L'inscription parallèle disant : «sur cette terre du sanctuaire» et plus loin : «fait faire ces proscynèmes au nom des dieux en face du sanctuaire». La leçon actuelle combine ces deux leçons de l’inscription parallèle.

1 Voir mon article sur Les bilinques selon Brugach, ans la Revue VI, 1, p. 65.

8 Cette leçon est tout-à-fait certaine dans le facsimile de Cæampozzion. C'est bien au fond la même dans celle de Lersius. Brucscn a donc altéré sciemment son texte pour introduire une autre leçon, — qui, du reste, reviendrait absolument au même; car pef se rapporterait à Osiris, dieu du sanctuaire. Mais, nanou est préférable et est certain d'après la comparaison des facsimile.

° Le grec APTAHCIC AMMUNIOV ATO ÉAPEMU ETIOIHCEN EVXAPICTIAC XAPIN En AMAOU) revient absolument au même; car, ainsi que je l’ai établi dans mon article : Les bilingues selon Brugsch, p. 53 et suiv., EMOIHCEN correspond à ar tiaru et le mot < Le correspond, comme d'ordinaire dans les textes de Philée de ce genre, au mot MPOCKVNHMA, qui est ici sous-entendu.

« Horpaésis, fils d’Ammonius, dont la mère est Tsenp . . . (!!!) habitant du lieu Phar- »>emba (!!!}, fit exécuter ses travaux (!!!) en son nom (!'!) pour l'éternité. »

D'où il faudrait conclure : 1° que cet Horpaésis a fait construire le temple de Philée, ce que nous savons être absolument faux; 2° que ce sanctuaire de Philée, d’où Horpaésis daterait son inscription, serait Pharemha, (quand, à la place de Pharemha, le texte porte 1 IT sanctuaire, mot commun et vulgaire en démotique, et quand rien n’est plus commun que le nom, tout différent, de Philée, tant en démotique qu'en hiéroglyphes, en copte et en grec); 3° que, tout fier de semblables merveilles, Harpaésis s’assimilerait aux dieux, puisque, dans une de ses inscriptions, il aurait fait faire ces travaux (!!!\ au nom des dieux, et, que dans l’autre, il les aurait fait faire en son propre nom à lui.

Je n’insisterai pas, après tous les détails donnés ci-dessus, sur la traduction de travaux, chose, donnée à on | À, traduction qui est absolument insensée.

Eh bien, soit! puisque Brucsca le veut, nous le suivrons pas à pas : (pour toutes les questions, bien entendu, que nous n'avons pas vidées dans notre article sur Les bilingues selon Brugsch et dans notre Leçon d'ouverture), et nous démontrerons que dans ses divagations intitulées Deux inscriptions bilingues il n'a pas dit un seul mot de raisonnable, un seul mot qui n'ait sa réfutation, établie d’avance par des milliers d'exemples, dans les textes.

Nous venons de voir ce qu’il fallait penser de sa détestable traduction des Deux inscriptions bilingues, traduction par laquelle débute son article. Suivons maintenant cet article dans l’ordre qu'il a suivi lui-même. Cet ordre est naturellement fort décousu. Car Bruescu, qui n’a jamais pu traduire par luimême un seul texte démotique, en dehors du Roman de Setna, a toujours pour toute ressource de démarquer mes traductions, en en faisant de petits extraits, Coupés au basard, sans le moindre bon sens, sans la moindre intelligence du contexte, sans jamais essayer de traduire ce contexte entier d’une façon raisonnable quelconque, mais en changeant, toujours au hasard, un mot ou une acception, comme s’il s'agissait de ces singuliers recueils de pastiches, sans érudition vraie, qu'il appelle maintenant ses dictionnaires. Mais puisque c’est là son ordre — si ordre il y a — suivons-le, quelque soit l’incohérence écœurante de ce pot-pourri.!

Bruescx ignore, ou feint d'ignorer, que | [4= veut dire <grands» et non pièces d'or (!!!.

Brucsca ignore, ou feint d'ignorer, que 4 mn déterminé par l’eeau», veut dire libation? dans Terermen, Mémoire sur les Blemmyes, pl. 4, comme ibid., pl. 1, Xemi ibid. pl. 17, — voir aussi l'inscription n° 71 de Læpsius, le pap. 2452, XI, 9 (Livre des transformations, thèse de M. Lecrain, p. 4) etc. etc., — et non vase (!!').

1 J'ai été bien heureux d'apprendre que le vénérable doyen de l'égyptologie européenne, ayant (avec Lersius, le bienfaiteur de Brucscn 8i mal traité par lui) suivi en égyptologie la voie de CHawpozrion bien avant que Brucscu n'ait écrit une eyllabe, partage entièrement mon indignation contre les procédés sans conscience de Brucscu à l'égard de moi, comme à l'égard de Cnasas, qui l’en a si sévèrement châtié, à l'égard du savant et si respectable LepPsius, à l'égard du grand Bmcm, mon vieil ami, dont il osait dire qu'il était <à peine un égyptologue», etc. |

2? 1] n'aurait eu cependant qu'à consulter pour cela : sa grammaire démotique, p. 100, donnant le même mot, sous la même forme, avec le même sens, dans une phrase très claire extraite du papyrus 2420c du Louvre; son glossaire du papyrus Rhind n° 278; et son dictionnaire, p. 1445, où il répète les mêmes traductions pour la même forme démotique, comme pour la forme hiéroglyphique correspondante.

Bruasou ignore, ou feint d'ignorer, que & 13 maten, ainsi écrit et déterminé, veut dire . É , . TD dans des centaines de textes « prier, supplier »,! — comme ten dans Canope, comme D o—Ù khannn en hiéroglyphes — et ne veut jamais dire graver ('!!).

1 Rien de plus fréquent que le mot #3 — À! (Brucscu, Sup. 588) dans le sens de <sup-

. ,. , . e MANS . . , plier». Cette forme dérivée, Bruescn l'avait vu (ibid.), se rattache à la forme | désignant d'abord . ANNM . .

l'oreille et qui, je l'ai démontré depuis longtemps, signifie souvent aussi <prier, supplier, demander, intere e Li La LA LA + > roger», d’où est venu le copte œæne « interrogare, sciscitari, inquirere », étymologiquement rattaché à D

ainsi que l'avait déjà dit Bruaescu, Dict., p. 1641, quand il travaillait sérieusement. Le sens” de ten «prier» est démontré par ce passage du décret de Canope (Chresiom. démotique, p. 158) portant formellement çefg,32 un onf8,2 €, > vlan ju eue mio auten sutent = AZIRSANTEZ TON BAIAEA KAI THN BASIAISSAN, ce que l'autre version rend par eutebh (erTwfño). On trouve le même verbe ten lu < dans les phrases : eutahof ten eroou «on les laisse les prier» (Rev. II, 2—3, pl. 17, conf. ibid., p. 88, note 3;; nlek peire elen ntuki elen hati «tu sors pour prier, tu viens pour prier devant mois (ÆKoufi IX, 19) etc. On trouve aussi le substantif & #41 0 <la prière» dans cet exemple : buar pten yoteb p.......... sa t'eta ela prière (de la victime) ne tue le (coupable) jamais» (Revue IT, 2—3, pl. 22) etc.

Mais la forme dérivée maten est encore plus commune. Elle s'écrit, je l’ai dit, avec le déterminatif du rouleau, si fréquent pour les verbes de ce genre, soit & !f #3, soit 41 = 3.

La première forme se trouve dans cette phrase si claire de Terermen (Afémoire sur les Blemmyes, pl. 4):

5 (3 222 LA Ÿ rs au lea ALL 2 LU

Hinuti ÿ uah el'ot-u, en mali, n-ou kebh en aa neler en malentuf, etc. «Nous avons fait aller aussi pour eux, avec joie, une libation au dieu grand, le suppliant», etc. La seconde forme se trouve sans cesse dans le Xoufi (pap. I, 184 de Leide). Par exemple : Bu ar-

rt

peu-malen Ly ve 3fno men mnsau on ehiu «point leur supplication (la supplication des victimes de crimes) reste après eux encore» (Revue Il, 2—3, pl. 21; Kouf XV, 10); pef maten (44 n =3 pl! v) hi nen hebs ya psnof nsemlu earyolebusel beneuti pahf mâesma ethi pra «sa (leur?) prière pour leur protection, pour le sang des gens (KR == À 1] qu'on a tués, on ne la fait pas parvenir devant Ra » (Revue II,

2—3, pl. 21, Æoufi XV, 17); eu matea (4 AZ [u) hebs n nu neleru auo na remu n peu snof «ils demandent la protection des dieux et des hommes pour leur sang» (Revue II, 2—3, pl. 21; Koufi XV, 20); yan l'ei pleb pmaiy npaileb pelarf maten (%4n<2) neuhebs eli her benil'e l'enmat t'e buar pten L<U=S yotb ep ss. a l'eta «si je parle de la rétribution de la vengeance (xwsiw), de cette rétribution qui accomplira la prière de leur protection pour leur donner paix — je ne dis pas la vérité, car la prière ne tue le coupuble jamais» (Revue II, 2—3, pl. 22; Kouf XV, 21 et suiv.) Enfin dans mon Mémoire sur les Blemmyes (pl. 16) on trouve la forme (=3 maten dans la phrase : mto Horsiesi n paa ab paalak pneter aa maten Uikeri pse mes aa Hornel'atef . ...... «devant Horsiesi, de l’abaton de Philée, prière (maten) d'Uikeri, fils aîné d'Horne/tatef». (Suit ensuite la formule de la prière.)

Brcesca traduirait-il «gravure d'Uikeri»? Dirait-il aussi <leur gravure (des victimes) ne restera pas après eux» ou bien <leur gravure pour leur protection, pour le sang des victimes qu'on à tuées» ou bien «ils demandent la gravure des dieux et des hommes> ou bien «la gravure pour leur protection pour leur donner paix»? Mais c'est alors de la folie! Et cependant Brucscx connaissait bien tous ces exemples publiés dans la II° année de la Revue, puisqu'il avait lu avec dévotion mon article sur le Koufi et m'en avait adressé par écrit ses félicitations enthousiastes.

Mais ce n'est pas tout : Le mot maten (non compris par Brcascu dans son supplément au Dictionnaire, p. 683 et suiv.) a, en hiéroglyphes même, dans tous les exemples qu'il cite, la même signification :

oi RE ILE enrmos = 4 Il 4 =) «fais (accomplis) les supplications (maten) de mon cœur, père vénérable :

comme à la lumière de ta personne je suis sur la terre. Écoute les supplications que je t'adresse ».

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