‹ Les pasteurs en Egypte (volume 2)Chapitre 78 sur 88 · PARIS REVUE ÉGYPTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PARIS REVUE ÉGYPTOLOGIQUE

MDCCCXCI.

En venant lire ce mémoire à l’Académie, je voudrais faire revivre un instant des morts aimés. Que ne m'’est-il donné de voir de nouveau s'asseoir ici mes maîtres chéris BRUNET DE Presze et Mircer, avec leur passion pour la science et les découvertes, avec leur amour sans limite pour l'antiquité classique! Ils seraient aujourd’hui très heureux, et féliciteraient chaudement celui qu'ils voulaient bien considérer comme un de leurs meilleurs amis.

J'ai, en effet, la chance inouïe de pouvoir annoncer une nouvelle qui les aurait fait frissonner d’aise, une découverte que n’osait qu'à peine espérer un autre helléniste vénéré, M. Eccer, quand il disait, dans ses Mémoires d'histoire ancienne, à propos d’un des papyrus les plus importants qu’il eût publiés, un fragment de discours d’une réelle éloquence : < Pourrait-on, en conséquence, attribuer ce discours à quelque orateur antérieur aux con- » quêtes romaines? Assurément, je n'oserais remonter si haut, ni croire que notre papyrus > doive rejoindre les précieux rouleaux dont l'Angleterre s'est naguère curichie, et qui nous »ont valu presque trois discours d'Hypéride, d’un rival de Démosthène!»

Et plus loin :

«Je m'abuse peut-être, et le bonheur que j'ai eu de déchiffrer quelques pages de grec »inédites me fait illusion à cet égard; mais il me semble que les fouilles de l'Égypte pro- > duiront plus encore et seront plus applaudies que celles d'Herculanum . .......... > Il faut pourtant se hâter: en Égypte surtout, malgré le zèle éclairé du gouvernement actuel > de ce pays, la destruction des monuments fait de rapides progrès; la cupidité des indi- » gènes, qui à sauvé pour nous tant de trésors, n’est pas toujours clairvoyante et elle a ses > caprices. Un moment d’inattention ou de négligence peut causer la perte irréparable de > quelque page qui méritait d’être payée au prix de l'or. Que tous les amis de l'histoire et > des lettres anciennes unissent donc leurs efforts pour seconder, chacun selon son pouvoir, -cette moisson arriérée, mais encore féconde, qui renouvelle pour nous la joie des beaux » jours de la renaissance. »

M. Denèque s'exprimait en termes d’un égal enthousiasme à propos de la découverte des papyrus anglais d'Hypéride :

«Par une insigne bonne fortune, qui n'arrive du reste qu'aux érudits qui la méritent, > M. Bapincrox, etc.» |

Eh bien! nous n'avons désormais rien à envier ni à l'Angleterre ni à M. BaBin@ron. Si l'Angleterre, grâce à M. Basincrox, est fière de posséder plusieurs discours d’Hypéride, parmi lesquels quelques pages de ses plaidoyers les moins célèbres, la France possède maintenant l’un des deux qui étaient considérés par les anciens comme les chefs-d'œuvre de ce

grand orateur au point de vue des affaires du barreau et qu’on citait alors comme supérieurs 1*

Se — ————— — —————— ——————

d EUGÈNE REVILLOUT.

même aux admirables plaidoyers de Démosthène.! Selon l’auteur du traité du sublime, qui nous a si longuement parlé d'Hypéride, ces deux chefs-d'œuvre étaient le discours pour Phryné et celui contre Athénogène. Le Musée égyptien du Louvre vient d'acquérir ce dernier.

Permettez-moi, messieurs, d'entrer à ce sujet dans quelques détails. Il y a environ deux mois un marchand grec,? accompagné d'un de ses compatriotes, vint me trouver. Il me proposa d’abord un papyrus hiératique dont il demandait cent mille

1 Ajoutons que les papyrus anglais d'Hypéridea n'avaient pas de date certuine; tandis que le nôtre remonte avec une certitude absolue à l'époque ptolémaïque. Avec un fragment d'Euripide, que possède également le Louvre, c’est le seul papyrus portant un texte littéraire classique qui soit dans ce cas. Pour l'un, comme pour J’antre, on n'en est pas réduit à rechercher la date d'après certaines analogies d’écriture — analogies bien vagues ct, surtout quand il s’agit d'oncialcs, permettant des erreurs de plusieurs siècles — mais ce sont des renseignements intrinsèques précis et écrits qui établissent cette antiquité, si reculée relativement. En effet, parmi les manuscrits des classiques grecs existant encore, soit sur papyrus, soit sur parchemin etc., il n'en est pas un pour lequel on a jamais pu supposer un âge dépassant celui-là; et, en général, ils sont bien loin d'en approcher le moins du monde. Quant aux textes grecs sur papyrus relatifs à des questions d’affaires, le plus ancien, ou du moins le plus certainement ancien, est l'enregistrement grec d'un contrat de mariage de l’an 33 de Ptolémée IT (Philadelphe) que possède aussi notre Musée égyptien du Louvre. Nous devons dire pourtant que le Musée de Leide possède un autre texte grec où se trouve nommé comme régnant un Philadelphe, que l'on croyait généralement être Philopator Philadelphe (ou, en d'autres termes, Ptolémée Dénys), mais qui me paraît être aussi Philadelphe 1°, — bien que la certitude ne puisse être la même, puisque nous n'avons pas ici le protocole démotique détaillé par lequel commence notre contrat de mariage du Louvre. Les Musées égyptiens du Louvre, de Leide et de Marseille sont également les seuls qui renferment des enregistrements grecs de contrats passés sous Îles règnes suivants, dans ce qui peut être nommé la première période lagide (nous citerons particuliérement une créance datée de l'an 20 du troisiéôme Ptolémée, Evergète I®, qui se trouve au Louvre). C'est encore le Musée du Louvre qui est le plus riche pour la seconde période, celle qui commence aux enfants d'Epiphane et à laquelle se rattache toute la masse des papyrus grecs archaïques disséminés dans les diverses collections d'Europe. Mais il faut dire que notre discours d'Hypéride peut très bien avoir été transcrit, comme ont été écrits les enregistrements dont je parlais tout à l'heure, à la première période ptolémaïque. En effet, les dates démotiques qui figurent au revers paraissent postérieures de beaucoup à l'œuvre du scribe. L'une, vers le milieu, peut, il est vrai, se référer à un achat qu'en aurait fait un Égyptien quand il était encore intact. Mais quand la dernière partie de ce papyrus, dès lors séparéc du reste, fut utilisée, à une autre date, pour écrire des comptes de dépense relatifs à des achats de vin etc., il devait être bien ust déjà et considéré comme un vieux papier. Il n'est donc pas du tout impossible que l'œuvre du grand orateur patriote ait été copiée quelques années à peine après le moment où le Macédonien Antipater lui avait fait arracher la langue et l'avait torturé, avant de le faire massacrer.

Encore une remarque. Notre papyrus avait dû être possédé par d'autres que par des Égyptiens de race avant de tomber entre les mains de ces derniers. En effet, il porte un assez grand nombre de corrections, faites soit par surcharge, soit entre lignes, ct (particularité très exceptionnelle, qui le rend encore plus curieux,) ces corrections ne sont pas toutes de la même main, ni de la même encre, ni de la même époque. Malheureusement, elles ne sont pas encore complètement suffisantes; et c'est grand dommage, car tous les papyrus, tant d'Hypéride que d'Euripide, récemment découverts sont criblés de fautes grossières, prouvant l'ignorance — en fait de grec tout au moins — des copistes que leur belle écriture faisait choisir en Égypte pour cette besogne. Il est vrai que peut-être prenait-on dans ce but des zographes OU zoglyphes, ou écrivains des temples, qui auraient préféré copier un beau rituel hiéroglyphique, — ou un roman démotique, — que les élucubrations de leurs envahisseurs, assez mal comprises par eux. Nous n'insisterons pas sur la beauté remarquable des larges colonnes régulières de notre document, bien supérieur en cela aux papyrus anglais d'Hypéride, dont les petites colonnes étriquées n'ont à aucun degré le même œil. C’est à proprement parler un livre, soignëé comme un livre de bibliothèque, comme un des précieux rouleaux dont Cicéron nous parle si souvent dans sa correspondance avec Atticus et qu’il payait quelquefois si cher.

2 D'après ce que nous savons de la situation et de la résidence du vendeur, ce papyrus semblerait provenir des environs de Sohag ct de Panopolis, ou, dans tous les cas, de la Haute-Égypte. Rappelons que les papyrus anglais d'Hypéride étaient considérés comme provenant de la Thébaïde.

(a) T1 ne faut pas oublier que le Louvre possédait une partie importante d'un de ces papyrus : le commencement du discours contre Démosthène. Nous aurons à revenir sur ce sujet.

francs. Je l’éconduisis poliment. Deux jours après, il revint. Cette fois, il avait entre les mains un papyrus grec non déroulé et en très mauvais état, sur le revers duquel apparaissaient plusieurs colonnes de démotique. Il en voulait six mille francs. J’examinai ce document autant que je le pus, c’est-à-dire d’après les parties qu'on entrevoyait sans avoir à briser davantage le précieux rouleau; et je constatai immédiatement que nous avions affaire à un plaidoyer grec dont je n'avais jamais rien lu et qui, par conséquent, semblait inédit. Le démotique, écrit au revers, comprenait, d’une part, isolément, vers le milieu du papyrus, une date ptolémaïque, avec l’année, le mois et le quantième, pouvant se référer à son achat, et, d'une autre part, dans un autre sens, des comptes, datés de l'an 14 d’un des derniers Ptolémées. Je me rappelai les conseils de MM. Bruxer De Presze et ÊGGEr en pareille matière et, craignant de laisser se perdre un tel trésor, j'entrai aussitôt en négociation. Ces négociations furent difficiles. Enfin, après plusieurs jours, les six mille francs se réduisirent à quinze cents.’

Restait à faire accepter ce prix par le conservatoire. Mon très cher ami, M. le conservateur Prerrer, hésitait fort, et, pour le décider, je dus lui proposer d'appeler à mon aide notre illustre helléniste, M. War, à qui le Musée égyptien doit le célèbre papyrus d'Euripide. Ce bienveillant maître poussa l’amabilité jusqu’à quitter l'Académie alors en séance pour m'accompagner. Son estimation fut absolument semblable à la mienne; ! et comme je lui proposais de publier, en cas d'achat, le document, il me répondit : «Mais non! faites-le vous-même! »

Je n'ai pas besoin de dire qu'avec un aussi fort appui je réussis dans ma proposition d'acquisition; et je viens aujourd'hui rendre compte d’un travail qui m'a été ainsi gracieusement imposé par M. Wei.

Aussitôt que le papyrus fut déroulé, il me fut facile de constater avec certitude qu'il ne contenait pas quelque plaidoyer d’un greco-égyptien comme l'avocat Dinon, mais un des admirables produits de l’éloquence attique. Le ton insinuant et naturel du récit se rapprochait de celui de Lysias, tandis que d’autres parties, spécialement les parties d’invectives et les parties d’allusions politiques, rappelaient le genre de Démosthène. Mon frère et moi, nous pensâmes donc aussitôt à Hypéride qui, dans ses grands plaidoyers civils, unissait les deux genres, selon le dire des anciens. | |

L'étude plus attentive du papyrus confirma bientôt cette opinion prime-sautière. Il est vrai que le titre et le nom de l’auteur avaient disparu avec la première colonne. Mais il ne pouvait rester de doute, car la citation d’un texte de loi reproduite par Harpocration, dans son lexique des orateurs, comme tirée du premier discours d'Hypéride contre Athénogène, se retrouvait dans notre papyrus, telle qu'Harpocration nous l’a conservée.

Quant au nom même d’Athénogène contre qui parlait l’orateur, il se rencontre à plusieurs reprises dans notre document. La cause était donc entendue.

1 Ce que nous avons examiné ce jour là, c'est le morceau (alors déjà détaché) relatif à la guerre contre Philippe, à la bataille de Chéronée et aux Trézénois. Je dois même dire que, pour ma part, cela m'a conduit dès ce moment à soupçonner qu'il s'agissait de quelque discours inédit d'un des grands orateurs d'Athènes, malgré le démotique écrit au revers. Ce morceau a beaucoup souffert, tant dans notre examen collectif avec M. Werr que dans le déroulage définitif. Mais nous avons pu le rétablir depuis lors, à l'aide des fragments (voir plus loin).

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Mais ces constatations faites, il nous restait un travail bien ardu. Comme je l'ai di plus haut, le papyrus avait été apporté au Louvre en très mauvais état : et l’opération du déroulage avait présenté des difficultés inouïes à notre réparateur, malgré toute son expérience. Il fallut remettre plusieurs fois dans le bain le papyrus, qui s'émiettait quand on essayai de le développer. On ne surmonta ces difficultés qu’à force de soin. Mais l’ordre de plusieur colonnes, qui s'étaient brisées, se trouvait naturellement interverti.! Ces colonnes étaient parfois divisées en fragments, dont quelques-uns très petits. Il fallait reconstituer l’ensemble du papyrus.

Voilà deux mois que mon frère et moi nous y travaillons.

Souvent la remise en place d’un très petit fragment nous a pris une journée. Or il x en avait beaucoup à placer. Aussi n’avons-nous pas achevé cette œuvre de patience, à laquelle nous sommes habitués depuis longtemps, (puisque nous avons ainsi reconstitué un grand nombre de papyrus du Louvre,) mais qui n’en est pas moins absorbante, très fatigante « peu agréable. Je prierai done ceux qui voudraient voir notre nouveau trésor d'attendre quelque temps encore; car je ne pourrai pas le leur montrer avant d’avoir terminé.? Ce. pendant je n'ai pas voulu rester plus longtemps sans faire part à l’Académie des premier résultats obtenus par moi, et sans lui donner une idée suffisante du contenu de notre papyrus.

En l'étudiant, nous avons cessé d’être étonné de la phrase célèbre de Longin qui, dans son traité du sublime, après avoir énuméré certaines qualités oratoires d'Hypéride complète ment absentes chez Démosthène, conclut ainsi :

«Si Démosthènes eût entrepris d'écrire une plaidoirie pour Phryné ou contre Athénogène. »il cût mieux fait ressortir encore, par le contraste, les mérites d'Hypéride.»

Il est vrai qu'aussitôt après, Longin refuse à Hypéride le sublime, transportant les âmes : et que les causes en question ne comportaient pas ce sublime. Mais nulle part peut-être. dans ce qui nous est resté des grands orateurs, on ne rencontre ailleurs, à un égal degré que dans ce plaidoyer contre Athénogène, enfin sous nos yeux, cette habileté, cette finesse. cet acumen caractéristique d'Hypéride suivant Ciceron.

La cause, il faut bien le dire, était des plus difficiles à gagner en droit athénien.

Il s'agissait de faire annuler un contrat régulier, scellé et déposé conjointement par les deux parties : alors qu'une fameuse loi de Solon, imitée de l'Égypte mais toujours en vigueur, établissant la liberté pleine et entière des conventions, ordonnait que ces conventions fissent loi pour les intéressés et devinssent, par rapport à eux, maîtresses, xipter, suivant l'expression grecque.

J'ai eu bien souvent à revenir, dans mon cours de droit égyptien comparé aux autres droits de l'antiquité, sur cette lui de Solon, dont les applications étaient continuelles à Athènes,

1 Voici comment les plus gros fragments se trouvaient disposés après la mise sous verre. A la suite de la colonne 9, venait le commencement de la colonne 11, puis la fin de la colonne 15, puis la colonne 10. puis le commencement de la colonne 13 avec la fin de la précédente, puis la fin de la colonne 16 ct le commencement de la suivante, etc., ete. Nous avons commencé cette restitution et l’intercalation de très nombreux fragments détachés après avoir copié tous les morceaux de texte à la place qu'ils occupaient.

? Muintenant que le texte a été mis en ordre et complété autant que possible, nous allons en publier les héliogravures, qui formeront un des fascicules de notre Corpus papyrorum Aegypti publié chez l'éditeur Leroux (rue Bonaparte 28, Paris). Puis nous ferons fixer les verres et communiquerons le papyrus.

UNE IMPORTANTE DÉCOUVERTE. f(

où elle constituait, en quelque sorte, le fond même du droit des contrats. Eh bien! il fallait amener les juges à prononcer contrairement à ce texte de loi formel et vénéré.

En effet, le client d'Hypéride poursuivait la résiliation d’un acte de vente : contre Athénogène, personnage important, qui avait joué un grand rôle, même comme homme politique, et dont il avait acheté un fonds de commerce, exploité par un esclave nommé Midas.

On sait qu'à Rome, beaucoup plus tard, sous l'empire surtout, les hommes politiques, les magistrats, les sénateurs, les consuls, qui jamais n’auraient voulu exploiter par eux-mêmes un fonds de commerce — et qui d’ailleurs n'auraient pu le faire sans déroger et perdre aussitôt, par cela même, leur situation officielle — ne se gênaient pas, en revanche, pour toucher les profits de cette exploitation, confiée par eux à des esclaves. Le Digeste et les Codes fourmillent de renseignements sur ce point. !

Les esclaves gérants agissaient exactement comme des commerçants libres; ils achetaient, vendaient, empruntaient, sans que le maître eût à s’en mêler.

Mais celui-ci pouvait les vendre eux-mêmes, avec la boutique, les marchandises, les créances, les dettes, l'actif et le passif.

C'est ce qu'avait fait Athénogène, par un contrat écrit : auquel son adversaire reconnaissait avair consenti, au point de le sceller, de le mettre en dépôt, de payer le prix d’achat; mais qu'il n’en attaquait pas moins comme entaché de dol.

Dans le code égyptien de Bocchoris — auquel Solon avait emprunté cette formule de la liberté des conventions, qui présidait à sa législation, plus encore peut-être qu'à la nôtre actuelle — l’action de dol n’était pas prévue contre un écrit dont, avant de l’accepter, on avait pu peser les termes.

1 La nécessité de ne pas figurer en nom dans le commerce, pour ne pas déchoir, avait fait donner en droit romain aux esclaves une sorte de personnalité toute particulière en ce qui concernait leur pécule : ou, pour mieux dire, ce n'était pas l’esclave lui-même qui avait cette personnalité, c'était le pécule. Les jurisconsultes disaient à ce propos : le pécule est comme un homme; il naît, il croît, il s’affaiblit, il meurt. Le pécule donc était seul responsable des dettes que l’esclave contractait, quand le maître avait voulu ne pas paraître en nom dans le commerce qu'il lui faisait faire. Dans le cas contraire, quand le maître prenait la boutique à son nom, il répondait personnellement de tout ce que faisait l’esclave qu’il préposait à cette boutique. Toutes les dettes devenaient alors siennes; tandis que dans la première espèce toutes les dettes étaient dettes du pécule. Nous verrons plus loin que les dettes regardaient toujours le maître à Athènes, ville très commerçante, où l’on ne dérogeait nullement en prenant le titre de commerçant et où ce titre n'empêchait pas d'exercer les plus hautes charges. Il n'y avait là aucune raison pour que le maître pût se placer ainsi en dehors des affaires confiées à l’esclave et échapper complétement à toute responsabilité personnelle. D’après un passage, qui se trouve vers le commencement de la dixième colonne de notre papyrus, Athénogène, lui-même, qui n’en a pas moins joué un rôle politique très important dans la . ville de Trézène, était, paraît-il, établi dans le commerce de la parfumerie depuis trois générations et avait personnellement possédé trois boutiques de parfumerie.

C'était donc seulement en vertu de la liberté des conventions qu'il avait passé à l’acheteur le passif du fonds de commerce, car, d'après une loi de Solon, citée dans la 10° colonne de ce papyrus et dont nous parlerons avec plus de détails quand nous en serons à cet endroit, le maître athénien répondait de tout quand son esclave faisait le commerce. Nous avons vu que cette règle a passé dans le droit romain pour le cas où un commerçant installait un esclave dans sa propre boutique à titre de simple gérant.

Du reste, au point de vue de la capacité de l'esclave gérant il n’y avait à Rome même aucune différence entre les deux cas. Ainsi que nous le disons dans le texte, <les esclaves gérants agissaient exactement comme des commerçants libres; ils achetaient, vendaïent, empruntaient, sans que le maître eût à s'en mêler.»

= = — ee + MR Eee, à CN SR a — a —— —————

Il en était de même dans les lois de Solon. Aussi le critique Alexandrin Harpocration. toujours si exact ct si sagace dans ses réflexions et ses commentaires juridiques, remar: quait-il qu'en plaidant contre Athénogène, Hypéride, pour désigner le dol, eut recours à une sorte de néologisme et attribua au mot zbreusx une acception bien différente de son sens habituel. !

Le procès contre Athénogène fait époque dans l’histoire du droit. À ce point de vue notre papyrus cst d’un intérêt très exceptionnel. Il nous montre comment, grâce à un on teur d’une étonnante habileté, s'introduisit d’abord à Athènes cette action de dol qui, im portée à Rome, du temps de Cicéron, y devint plus tard d’un si grand usage. ?

Hypéride parla deux fois dans cette affaire, comme Démosthène avait parlé deux foi dans son procès contre son tuteur Aphobos etc. En cas pareil le premier discours a toujours k plus d'importance; car le second est une réplique, où l’orateur se borne à réfuter les argument de son adversaire, en groupant à nouveau les siens; tandis qu'il a dans le premier expox les faits de la cause, produit ses témoins, invoqué, discuté les textes de loi.

Or, je lai déjà dit, notre papyrus nous donne le premier des deux plaidoyers contre Athénogène, celui qui était cité comme renfermant la phrase : & pèv rcivuy vôpss mensder der dei èv th ayosx, reproduite, puis commentée par Harpocration, et que nous lisons, en effet, à la sixième colonne.

Au point de vue du droit c'était là le principal argument d'Hypéride. Mais il ne por vait s’en servir qu'en raisonnant par analogie; car, ainsi que le fait remarquer, dans son traité des lois, Théophraste — que cite à ce propos Harpocration — cette loi, interdisant les fraudes

1 En droit athénien, jusqu'alors le mot juridique fobheuots était employé exclusivement pour désigner des manœuvres ou des actes ayant pour but de priver quelqu'un de la vie, ou, en le faisant regarder comme débiteur public, de l'exercice de ses droits civils. Harpocration indique expressément ces deux acceptions juridiques du génitif fouAeugews servant de titre à une action, dont parle également Pollux, et qui d'ordinaire se jugcait devant les mêmes tribunaux que les accusations de meurtre. Etymologiquement Boseuats signifie délibération, comme le verbe fBouketw-fBouketouat délibérer. C'est le sens que lui a conservé le philosophe Aristote. Nous avons aussi en français, pour certaines machinations, des locutions tout-à-fait voisines : <propos délibéré», «préméditation» etc.; et c’est sans doute ainsi qu'il faut expliquer l'origine des expressions foukeogews ypapñ, BouAeudews dx etc. Hypéride n’a donc fait qu'étendre l’acception de <machination», déjà reçue en droit pour ce qui menaçait la vie ou la personnalité civile d'un Athénien, en l’appliquant à ce qui menaçait sa fortune, à ce qui le ruinait et causait sa perte. Il insiste beaucoup sur cette ruine, anéantissant en quelque sorte son client. Ajoutons que certaines listes anciennes des plaidoyers d'Hypéride, au lieu de désigner celui-ci par le titre «contre Athénogène», le désigne par le titre «sur le dol» Bovacdasws.

2 Cicéron (De officiis, liv. III, & XIV) attribue à son collègue et ami Aquilius les premières formules introduisant cette action de dol. Il lui attribue aussi la définition suivante du dol : cum esset aliud simulatum, aliud actum. Mais cette définition même est prise dans le discours d'Hypéride contre Athénogène, aussi bien que l'idée de cette action de dol. Nous pouvons le voir notamment dans un passage très fragmenté du bas de la colonne 5 où il reste : EFU) CO! AAAO (O)MOAOMU), passage à compléter ainsi (CY AAAO FMOIEIC ou FMPATTEIC).

Ce ne sont pas d'ailleurs les seuls emprunts que le droit romain ait faits à la jurisprudence introduite par ce discours contre Athénogène. Dans un passage voisin du De officiis, Cicéron note que de son temps on appliquait en droit civil, (contrairement, ajoute-t-il, à la loi des XII tables,) aux ventes de maisons Ctc. les règles relatives aux vices à déclarer, règles qui, d'abord, ne s’appliquaient qu'aux ventes faites sur le marché.

Il n'y à pas à s'étonner si Cicéron ne cite pas ici Hypéride, qu'il connaissait d’ailleurs si bien; car c'est une règle pour tous les Romains de laisser croire que le droit, depuis l’état informe de la loi des XII tables, n'a fait de progrès que grâce à eux. Nous savons maintenant ce qu'il en faut penser.

ÜNE IMPORTANTE DÉCOUVERTE. | 9

sur le marché, se rapportait exclusivement aux ventes qui rentraient dans la juridiction de l'agoranome. |

Les agoranomes représentaient alors à Athènes très exactement ce que, plus tard, représentérent à Rome les édiles chargés de la police des marchés et de toutes les décisions à prendre relativement aux ventes qui s'y faisaient.

Notre papyrus nous apprend qu'à Athènes déjà existaient les prescriptions que nous retrouvons chez les jurisconsultes romains relativement aux ventes, des esclaves, par exemple. Le vendeur devait indiquer expressément les vices de ses esclaves, les maladies qu'ils pouvaient avoir; faute de quoi la vente était annulée par l’agoranome, qui en faisait rendre le prix, parceque la loi ordonnait aÿeudeiv év ti ayopa.

Mais jamais la juridiction de lagoranome ne s'était étendue à Athènes! — du moins jusqu'alors — aux ventes d'immeubles, ou de boutiques, ou de fonds de commerce, qui se faisaient non point verbalement sur l’agora, en livrant la chose, mais solennellement par un acte écrit, qu'on scellait ensemble et qu’on déposait chez un tiers, institué ainsi cuyyoagcg0haë.? Ce n’est pas devant l’agoranome que plaide Hypéride, c’est devant un tribunal de plusieurs centaines d’Athéniens, devant une des sections de ce grand jury que les Romains ont imité par l'institution du tribunal des centumvirs.% Mais, n'étant pas juges de profession, les jurés d'Athènes saisissaient mal les limites précises de l'application d’une loi donnée : et nous verrons bientôt qu'Hypéride en profite relativement à cette loi des ventes faites sur l’agora. | |

Il en profite aussi relativement à la loi sur les testaments, d’après laquelle toute disposition testamentaire était annulée quand on y voyait le résultat de l'influence exercée par une femme. En effet les mots «disposition, disposer — &taôñrn, Gtatinu:» avaient en grec dans la langue usuelle un sens élastique, que n’ont jamaiïs eu en latin les mots correspondants testament et tester. |

L'intervention d’une femme qui décide l'affaire occupe une très large place dans la narration par laquelle commence notre papyrus.

1 Au contraire, en droit égypto-macédonien, sous les Ptolémées, nous l’avons longuement expliqué dans nos cours, l’agoranome était devenu une sorte de juge de paix, devant lequel pouvaient comparaître en conciliation les parties, même lorsqu'il s'agissait de ventes immobilières, de partages etc., et qui donnait à ce qui se passait devant lui l'authenticité et la solidité inattaquable d'une transaction judiciaire.

2? À Athènes c'était un particulier, choisi d'accord par les contractants, qui était chargé par eux de . garder le contrat une fois scellé. Très souvent c'était un banquier. En Égypte, à Memphis, sous les Ptolémées, le ouyypapopblar était devenu pour les contractants grecs un officier public, une sorte de notaire, un peu analogue au monographe égyptien, avec cette différence toutefois qu’il gardait encore, à la façon grecque, les actes scellés. Nous avons insisté sur toutes ces questions dans notre cours sur «les obligations en droit égyptien comparé aux autres droits de l'antiquité» (volume de LXXXIII et 530 pages, publié en 1886 chez Leroux, éditeur).

3 Suivant Harpocration, ces jurés d'Athènes prenaient le nom d'héliastes seulement quand on réunissait ensemble pour une même cause deux ou trois de ces assemblées — nous dirions aujourd'hui de ces chambres, — chacune alors de cinq cents personnes.

* Une autre des lois de Solon qui réglementaient à Athènes le marché, l’agora, se trouve invoquée par Démosthène dans le plaidoyer contre Eubolide. C'est celle qui interdisait aux étrangers de s’y établir . pour faire des affaires et qui accordait aux citoyens des deux sexes une action pénale contre quiconque leur reprocherait, à titre d’injure, le commerce qu'ils y exerçaient : tv épyasiav tv ëv tf ayopä tv moAttv ñ Toy roktidmv. On voit que Solon tenait essentiellement à rompre dans cette ville avec des préjugés qui,

au contraire, se maintinrent à Rome jusqu'à la fin.

Cette narration a perdu quelques lignes peut-être par la brisure, ancienne, d'au moins une colonne, qui ne nous est point parvenue et qui renfermait aussi l’'exorde.

Dans cet exorde, nous le voyons plus loin, le client d'Hypéride, posant la question, in diquait le chiffre de cinq talents comme étant le montant de ce qu'Athénogène lui faisait perdre par son dol. Il devait ajouter que sans doute cet homme invoquerait contre lui foi des contrats : mais qu'il avait été victime de machinations rendant ce contrat nul, aini qu’il allait le montrer en racontant tout simplement comment les choses s'étaient passée

1 Le nouveau fragment que j'ai eu la satisfaction de faire acquérir à la fin de l’année dernière (18% se rapporte ccrtaincment à cet exorde, Nous y trouvons un renseignement très précieux qui, complétant ecux que nous avions déjà dans la colonne 9, donne plus de force à toute l'argumentation du client d'Arpéride. Nous y voyons que c'était un cultivateur, faisant valoir ses terres, élevé par son père pour cel et par conséquent étranger à toute notion, à toute idée de commerce jusqu'au jour où il se laissa persuader par une hétaire d'acheter un fonds de parfumerie.

Malgré l'état de mutilation de ce nouveau fragment, le sens général nous en semble ressortir ave évidence; et c’est en nous plaçant à ce point de vue seulement que nous avons tenté de remplir les lacunes par des conjectures hasardècs, sur lesquelles nous entendons bien faire les plus expresses réserves. Voici cet essai de restitution en caractères épigraphiques.

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10 MENUC EMEI ANUWA)OMHN EXOITE n(POC EME En EIKH ME EINAI) KAI ATYXHCAI T(AYTHI TE THI € TAIPAI KAI TOYTUI EMIAECONTA AOHNO(TENHI ENGYMOYMENOI KAI TA AIKAIA BOHOEHCONTEC UC KEAEYEI O NOM)OC XPHCAI MEN O(YN HEIC

15 @EIC TO FMPUTON) TA MENPATMENA (E€EZ APXHC ON A€ TPOMON EIT EM EAABON ENEAPEYCAN TEC AIHPHCACEAI..........

Je m'étais demandé d’abord si la première phrase de ce texte commençait (simplement avec Ia négation 03 avant le mot pupoxéAos) à la première ligne de ce fragment et si c'était là le commencement vrai . du plaidoyer. Mais l’espace laissé en blanc au-dessus de cette première ligne m'a paru à peu près égal à celui qui cst laissé en blanc en haut des colonnes du papyrus. Il n'y aurait donc pas assez d'intervalle pour la supposition d'un titre, écrit, comme d'habitude, en tête du plaidoyer sur la première page et y diminuant notablement le nombre des lignes. Il est probable qu’une autre colonne, portant le titre et renfermant le commencement de l’exorde, précédait celle qui se révèle à nous par le fragment nouvellement acquis. Ce fragment nous mène jusqu'au bout de cet exorde, qui, ainsi qu'on devait le supposer, du reste, servait d'introduction rapide à la narration.

La colonne d’où provient le nouveau fragment avait d’ailleurs été sans doute détachée, dans l’antiquité, par le même possesseur égyptien du papyrus qui avait détaché également le long morceau renfermant les dernières colonnes pour y écrire au revers des comptes en démotique. En cffet en haut de ce fragment, au revers, nous voyons aussi plusieurs lignes de démotique. Il a fallu qu'un autre possesseur du papyrus, plus amateur du grec, remit ensemble ce qui restait de ce plaidoyer d'Hypéride, divisé ainsi en trois morceaux, pour rejeter dans l'ombre ces revers démotiques et rendre au papyrus son importance première — autant du moins que le permettait l’nsure, particulièrement des bouts détachés, dont le plus

Re ee

— — — no 9 -- ———————————. ————————

Puis il entrait dans un narré dont malheureusement le début nous manque. Comment les relations ont-elles commencé entre l'acheteur et le vendeur, nous l’ignorons. Il paraît cependant probable, surtout d’après une phrase de la péroraison, que le client

long, le dernier, préalablement plié par le milieu sur le côté écrit, de maniëére à ne plus présenter qu'une surface blanche, avait été ensuite roulé sur lui-même et porté, à titre de carnet. — Peut-être avant ce moment déjà certaines brisures accidentelles étaient-elles venues se joindre aux coupures volontaires et fallut-il recueillir dès lors avec un soin pieux ce qu’on retrouvait de fragments quand on cherchait à rétablir la continuité de l’œuvre d'Hypéride.

Deux fragments, qui avaient échappé à toute tentative de rapprochement jusqu'à la récente acquisition, nous paraissent avoir appartenu au même lambeau détaché que le nouveau fragment, mais à la colonne précédente, à celle où se trouvait le titre. Nous les donnons ici sans tenter une restitution intégrale de chaque ligne, ni même de chaque mot incomplet.

1* fragment AN THC (ATOAU)AEKEN AAAO(N A€ TPOMON) (EAATTUMA)TA METIONGE (T)UN ANAAU(MATUN) 2° fragment AAYCIT(EA —) (A) EIAOYC{(HC) ONOTE ANEAYCEN (W) ANA)PEC AIKACTAI

Il nous semble qu’on peut actuellement, d’après ces indices, se figurer d'une façon probable la contexture générale de l'exorde. :

Le client d'Hypéride, auquel on réclamait de divers côtés près de cinq talents, à titre de dettes antérieures du fonds de commerce géré par Midas et acheté par lui depuis trois mois, demandait l’annulation d’un acte de vente entaché de dol et le rétablissement des dettes antérieures au nom de celui qui s'en trouvait être le débiteur auparavant — insistant d’ailleurs sur ce point que le payement de cette somme serait pour lui la ruine absolue et une ruine imméritée, amenée par les fraudes dont il était victime. S'il admettait qu’un commerçant spéculant sur des aleas et, comme nous dirions aujourd’hui, jouant à la hausse ou à la baisse, pût subir des pertes considérables et se trouvât en déficit sans avoir le droit de se plaindre, il soutenait que son cas était tout différent. Il n'avait jamais eu la pensée de faire des profits aléatoires : il ne croyait pas avoir de risques; il ignorait d'ailleurs l'existence de dettes qu'on lui avait cachées avec soin, lorsqu'il s'était laissé persuader, par une femme qui l’enjôlait, d'acheter ce fonds de commerce, comme un placement fructueux et sûr, sans alea d'aucune sorte. Vivant à la campagne du produit de ses champs, simple de mœurs, honnête et crédule, il s'était laissé duper aisément par les ruses d’une courtisane, émissaire secret du vendeur.

Dans le fragment nouveau, il développe cette idée. Pour expliquer comment il est ainsi tombé dans les filets d'une courtisane, pour faire mieux comprendre, d’ailleurs, la fameuse loi de Solon sur laquelle il compte s'appuyer, il prend soin de rappeler, en guise d’axiome, un proverbe d'Athènes qu'avait également cité Lysias dans son plaidoyer contre Simon et d'après lequel il est naturel à tous les hommes de 8e laisser prendre par l'amour ou par la passion. Maïs il reprochait à Athénogène, comme un art infâme, de 8e servir ainsi d'une hétaire, en lui faisant la lecon d'avance, pour tendre des piéges à un innocent qui se laisserait persuader par elle et causer sa perte. Il ne voyait plus quant à lui de salut possible, alors qu'autrement il était perdu, que dans la pitié de ses juges, pitié motivée par son honnêteté, par la crédulité naturelle aux hommes simples, de bonne foi, n'ayant jamais cherché à duper, disant toujours la vérité, et par le malheur qu’il avait eu de tomber ainsi sur des gens sans foi qui s’entendaient pour le tromper par leurs mensonges et le dépouiller. Il croyait donc devoir avant tout raconter en détail aux juges comment les choses s'étaient passées.

Nous allons maintenant transcrire en caractères grecs ordinaires, avec ponctuation et accents, nos restitutions problématiques du fragment nouvellement acquis.

OS pév yap Gros pupordkos el, obr’ aAAnv épyasiav peuaômuar : &ÂAarep à rathp pot Fèw Kôn, èv ti Auetéon YA YEWPY® * yuvauxt de mÜdpevos el wviv Évessioünv. “Arai Ôn avôpwors Éativ, & ‘AOnvdyeves, eù olofa, où te xai ndvtes, émOvpñon * À goù yéunv téyvn to Oroxéubha try étaipav tv ua arxokésagav. ’Eyà pèv ap olua owtnplav eivat, & avôpes Otxagtai, Euoi pôvnv, ei eduévus, ênet axwAdunv, Époire mpoç dut, axhoüv pe moteüoai, xat dtuyfout tTabtn TE Th Étaipa rai tot émreadvta AÜnvoyévn Évbupodmevot, xai ta Ôluaux Bonbhaovtes Gé xekeüer 6 vopos. Xpñaat pèv oùv netobeïs TO HpWTOV, Ta Renpayuéva Ë aoyns, dv 2ë toërov elt” Eu” FAaïoy Évedpeugavres, dnyraaoûat . . . . . . . . . . ..

d'Hypéride avait d'abord prété une certaine somme à Midas, l'esclave d'Athénogène, dar par celui-ci de gérer une parfumerie. et que c'était pour arriver au remboursement de «x somme quil avait eu l'idée d'acheter à la fois la parfumerie et son gérant Midas 1x qu'on entrevoit aussi, principalement d'après les colonnes 2 et 3, il avait tout d'abord sa. en versant en bloc le prix de Midas, de ses deux aïdes et de la boutique considérée cons son pécule, à le transformer en affranchi pour lui conserver à ce titre la direction de «s commerce, en s’en assurant les bénéfices — qu'on avait fait sans doute miroiter devant veux. — Ïl en avait déjà parlé à Athénogène, qui l'avait assez mal reçu, lorsque DOÛt papyrus nous le montre en tête à tête avec une certaine Antigone, secrètement chargée pr cet Athénogène de le pousser à cet achat et à laquelle il attribue le rôle le plus décisif

Nous allons citer notre auteur lui-même, ici surtout dans une traduction un peu kbre suppusant bien des restitutions, car en cette première colonne! du papyrus plusieurs lettr manquent au commencement de chaque ligne.

«Je Jui fis le récit des faits. Je lui racontai qu'Athénogène se montrait intraitabk savee moi et qu'il ne voulait se prêter à rien de ce qui était raisonnable. Elle me dit qu -c'était toujours là sa manière d'être. Mais elle me recommanda de ne pas perdre cour. 2car je l'aurais elle-même pour alliée dans la lutte, et elle m'aiderait de tous ses MOVE > Elle me débitait cette déclaration en faisant du zèle à merveille et jouant la passion le mien : possible, recourant d'ailleurs aux plus grands serments pour me prouver que ses bonnes di -positions envers moi la faisaient seules parler et qu'elle me disait la vérité pure. De telk -facon, à juges, que moi, pour vous dire le vrai, j'en vins à tout croire. Tant l'idée de l'ersvahissement d’un cœur de femme par l'amour nous séduit naturellement au point de now ="

1 Dans notre article de la Revue des études grecques nous résumions et commentions de la façon suivante ce commencement de ce qui nous reste de la narration :

« L'hétaire secrètement envoyée par Athénogène et faisant semblant, au contraire. d'éprouver un affection vive pour celui qu'elle voulait tromper, l'encouragea à persévèrer dans son plan d'achat; car « serait pour lui une trés bonne affaire. Elle lui promettait d'ailleurs d'agir énergiquement pour lui auprès d'Athénogènc. qu'elle se trouvait connaître.

<Ces promesses, entremélées des protestations les plus chaudes, des serments les plus solennels furent considérées par la pauvre dupe comme étant dictées par un amour vrai Hypéride, dans son récit. d'ailleurs plein de charmes, insiste avec d'autant plus de soin sur tout ceci que le législateur Solon avait assimilé aux fous, dont les actes devaient être nuls, celui qui se laissait persuader par une femme et principalement par une hétaire. Dans le discours de Démosthènes contre Olympiodore, après avoir accus

celui-ci d’avoir pris chez lui une hétaire, l'orateur ajoute : . . . xs Ziluw © vouohims Aiva, FÆxpæRpovEr 6x ONE TUROTE TAPEYOMTE AvOpénev, yovauxi Traopevos 7ipvr, xai Axupa Ye Tata rävra Évopohétrsev sv 8 Yon.

CTav T4 yuvaux! Tatôpevos 2xTin, AÂÂOSG TE xat Tourtr.

«Il est probable que cette loi de Solon, ici visée, n’est pas autre chose que la loi sur les testaments ct les adoptions testamentaires dont Hypéride parle plus loin dans son discours contre Athénogène, et que nous trouvons aussi citée dans la vie de Solon par Plutarque, dans le second plaidoyer d'Apollodore contre Stéphanos, dans le plaidoyer de Démosthène contre Leptine, dans les plaidoyers d'Isée sur la succession de Ménéclés, sur l'hérédité de Philoctémon et sur l'hérédité de Nicostrate. Dans cette loi en effet on met sur le même plan celui qui cède aux suggestions d'une femme et celui qui a perdu la tête Par suite de vicillesse, de démence, de délire morbide ou de poison. Mais on voit par la citation du discours contre Olympiodore combien on avait pris à Athènes l'habitude de généraliser cette assimilation, inscrite seulement par Solon dans une loi spéciale, selon toute probabilité.

«L'intervention de l'hétaire Antigône pouvait donc devenir entre les mains d'Hypéride un moyen puissant pour arriver à l'annulation de l'acte fait par son client sous l'influence de cette femme, acte d'ailleurs entaché de dol.»

ÜNE IMPORTANTE DÉCOUVERTE. 13

———— ——— — - ——————— = ——— © - eme

»faire perdre la tête — cela ne parut que trop bien —. M'abusant donc ainsi par toute cette »comédie, elle sut, en outre, me soutirer trois cents drachmes pour elle-même et pour une ser- »vante, en payement de ses bons offices. Peut-être bien, à juges, personne ne trouvera:t-il »étonnant que je me sois laissé duper et endoctriner de la sorte par une Antigone, par cette >femme qui est bien devenue la plus perverse des hétaires, depuis toute petite, à ce qu’on »dit etc.»

1 Voici en caractères épigraphiques le texte du morceau s'étendant depuis le commencement de la première colonne jusqu'à la ligne 3 de la seconde colonne. Dans les transcriptions en ces caractères nous respectons avec soin l’orthographea du manuscrit même alors que les fautes du scribe sont les plus évidentes, en réservant les corrections de lettres et l'introduction de la ponctuation et de l’accentuation pour le texte en cursives. Mais il nous 4 paru nécessaire pour les lecteurs modernes de séparer les mots, qui ne le sont jamais dans les textes grecs de cette époque.

C'est d'ailleurs aussi dans les transcriptions en caractères épigraphiques que nous prenons soin d'indiquer par des parenthèses nos restitutions.

Nous devons nous hâter de dire que pour le bas de cette première colonne, où le papyrus est tellement usé qu’une ligne entière, la ligne 23, a à peu près complètement disparu et qu'on a grand’ peine à distinguer dans les voisines les lettres qui restent, ces restitutions ne pouvaient être que singulièrement problématiques. Si nous les avons tentées cependant, ce n'est qu'à titre de simple hypothèse, et parce qu'il nous eût été trop dur de renoncer à suivre la pensée d'Hypéride, en lâchant le fil de son discours.

Il nous a semblé en cet endroit, au milieu de toutes ces lacunes, qu'il accusait l’hétaire Antigone d'avoir été formée à l'art redoutable de ruiner les gens dans le commerce des faveurs galantes par une hètaire encore plus célèbre, celle qui était connue pour avoir consacré les dépouilles de nombreuses victimes dans une maison du bourg de Khollide, située au-dessus du dème, tout-à-fait en haut. A cette école, elle devint telle qu'elle put accomplir de tels exploits.

Une phrase de la péroraison aide à bien saisir ce qui suit. En effet il paraît certain qu'entre le client d'Hypéride et Athénogène, il devait y avoir matière à procès, puisque dans la péroraison le premier dit qu'en cas pareil, il n'aurait pas couru grand risque s’il avait perdu le procès. Les éloges hyperboliques qu’Antigone prodiguait au sujet de celui qui eût secondé Athénogène et qu’elle déclarait très habile dans la chicane, pouvaient donc influer beaucoup sur la résolution du client d'Hypéride relativement à un achat qui terminerait toute cette affaire.

1... .. EINONTOC AE MOY MPOC AYTHN TA TE (MPAX@E)NTA KAI OTI MOI ASHNOTMENHC XAAE (AOC) EIHI KAI OYAEN E€@EAO! TUN METPIWN (CYNiIXWPEIN TOYTON MEN EH AEI TOIOYTON

5 (EIN)AI EME A EKEAEYE GAPPEIN AYTH FAP MOI (MA)ÏNTA CYNAMUNICECEAI: KAI TAYT EAETEN (CNO)YAAZOYCA TE TUWI HSEI WC ENI MAAICTA (KAI) OMNYOYCA TOYC MEFICTOYC OPKOYC H MHN

(a) Cette orthographe est toute particulière en ce qui touche l'introduction fréquente d'un jota euphonique après la première personne d'un futur comme MOIHCU. après la troisième personne d'un optatif comme EIH etc. On sait que l'on a conservé dans l'orthographe actuelle du dialecte attique des io/a euphoniques occasionnels après des pronoms tels que OÙUTO, ÉxSEVOg, etc. après des adverbes tels que VÜV etc. Quant aux iota actuellement souscrits, inscrits alors, leur omission, devenue de règle dans les inscriptions égypto-grecques de l'époque romaine. mais encore rare à l'époque ptolémaïque. est, quand celle se rencontre dans notre texte, une de ces négligences qu'on doit attribuer au seul scribe égyptien qui copiait notre manuscrit. Il ne faut pas oublier que les scribes égyptiens connaissaicnt très mal la langue grecque. alors même que les manuscrits étaient, comme le nôtre, les plus soignés au point de vuo de l'écriture. Les autres fragments d'Hypéride, actuellement en Angleterre, et qui proviennent également d'Égypte, sont, de même, criblés de fautes grossières. Dans notre document quelques-unes, mais quelques-unes seulement, ont été corrigées après coup, soit entrelignes, soit par des ratures ou des surcharges. Dans ce cas nous n'avons généralement reproduit que l'orthographe résultant de la correction. ‘

(b) J'avais d'abord suppléé EIC FMANTA. Mais la place me semble manquer. J'ai donc restitué comme dans ce passage : o Dulrrw rävra cuvaywvôuero; (Dyonis. A. R. 4. 4) : ce qui, d'après H. Etienne, ferait une différence d'uno nuance de sens, puisque, contrairement à Budée, l'auteur du Thesaurus pense que FMANT A. pris adverbialement. signifie : modis omnibus, piutôt

qu'omnino et par conséquent s'éloigne notablement de EIC MANTA «en tout — pour toutes choses ». (c) I1 y avait d'abord CYNAMUNICHOCOAI, aui a été corrigé après coup en CYNAMUNICECOAI. Le correcteur »

oublié d'effacer le second jumbage du H. .

oo a

Voici en caractères de l'écriture moderne, tel que nous le restituons, le texte que re venons de traduire et dont nous indiquons les restitutions dans la transcription en caractr épigraphiques :

Einxômog dé pou xoôs aètir tû te nocydérra, nai Ore uor Aÿrroyéyrs xalerè ër, 1 oùdèr &9élor Tüy uetoiwr ovyxwçetr, Toëtor uèr Êpr dei touoitor elrai ÊuE O’ êxéhere Soi. aèti yäo or nüvtra ovraywviceoda. Kai tar Eleyer onovddtorod te T@ 9er à éri we Lota, xai Gurvoroa toèc weyiorovçs Ggrovs, À ur uer” ebroiag Tic éuïs Aéyerr rai êni ren:

(ME)T EYNOIAC: THC EMHC AETEIN KAI EN 10 (NACH)C AAHGEIAC WCTE ME W ANAPEC AIKA (CTAI EIPHICETAI FAP NPOC YMAC TAAHGEC TAY (TA MENEICSAI OYTWC WC EOIKEN EZICTHCIN (HMAC KATA) &YCIN EPWC NPOCAABWN FYNAI (KOC KAP)AIAN EKEINH FOYN oENAKIZOYCA 15 (ANIANT)A TAYTA NPOC MEPIEKOYE(N A)YTHI (TE KA)! EIC MAIAICKHN TPIAKOCIAC APAXMAC (EYN)OIAC ENEKA ICWC MEN OYN W ANAPEC AI (KACTA)! OY(A)ENI (ECTAI)? EAYMACTON ME YHIO AN (TIFON)A(C) TON TPOTION TOYTON FAIAATW 20 (FHOH)NA(I) FYNAI(K)0C H AEINOTATH MEN (TUN E)TAIPWN WC OACIN Ed HA(IKNAC ETENE (TO EZAN)OAWAEKE AE MOPNOBOCKOYCA (OYK OAITOYC TINAC HMIEP (AYTHN ENAIAEY)CEN (H TOCAYTAC AEIAC EIC) OIKON TOY XOAAIAOYC Y 25 (NEP TOY AHMOY AN) ONTA ANE(O)HKEN KAI TOI (AYTH A! A)YTHN OYCA TOIAYTA AIENPAT (TE MIAAN HPXETO) AYTIKA NYN EMA(IN)JEIN FPOC (WDEAHCONTA WC C)YNATWNIC(THN AG)HNOTENHN Col. 2, L 1 ANOPWTION AOTOMTPADON TE KAI ATOPAION TO AE MEFICTON AIFYIITION ...........

Pour les lignes 23 et suivantes, je le répète, l’état du papyrus rend bien délicates les restitutions: et moi-même peut-être aurais-je trouvé mieux si celles que je risque aujourd'hui avaient été proposées par un autre. Ce n’est donc que sous le bénéfice des réserves les plus expresses que je viens de les introduire dans la transcription en caractères épigraphiques et que je vais les reproduire en caractères grecs ordinaires en reprenant depuis le commencement de la colonne puisque c’est le contexte qui peut servir de guide :

Eixôvros GE pou xpoç adtiv TA te npayÜévra, xai 6m pot AÜnvoyéme yakemds En, za où0èv 0o tv pueroinn UyXwpEV, toütov pèv Épn œei toroÿrov elvar * dut 0” Exélsue Oapéeïv, adm yép pot ravta ouvayuwvisrodat Kai taÿr” Meve croudouga te ti Me de Évi pakiota xai Gpvbouga ro peyistous Gpxouç, % pv pet” ebvolas tThç une ÀéVerv xai èxi raon GAnfeias. "Qote pe, m Gvôpes Gixagtai, eiphostar yap rpôç buis TaANÉ, Taûta rexeiofar : oÙtux, dx Eouxev, 2Etomsv fus xata po Épux xpoolañy yuvaxds xapdiav. ’Excivn yoüv pevax®ousa ta nAdquata raÿta, xpôs Tepuéxodev Eautr = rai sùç RœÔlTeNv Tptaxooias Ôpaypas sdvolas Evexa. "low piv obv, «© Xvôpes Otxagtat, oùdiv Gaupastov pe Ürd 'Avtydva; Tov teSnov tobtov ratÜaywyrbnve, Yuvauxoç À Oeuvoramm pv tüv Étapov, &ç oanv, ëp” fAuxiag Éyéveto. "EfamoAcexe Ôt ropvobosxoüga oùx oÀlyous Tivas AnEp adtriv Étaldeugev, n togaïtas Aelaç eiç olxov toÿ XoÂAidous, brèp T0 Ôfuou ve Gvta, avéOrzsv * xat, toux à adtiv oÙaæx, totadta duérpatte. Midav fpyero adrixx vüv éravetv TpoTwWYEÀ (COTE, Ge quvayuvszév, "Aünvoyévmv, ävÜpwmov Aoyoypäpovts, xai dyogaiov, to Ôè méyitov Aiyénnov. Tékos 'oûv, va mr paxpo}oyS, perareudauévn ÊuÈ raliv Jatepov, elrev Gt etc.

(a) Un intervalle assez grand sépare le O du | dans le mot EYNOIAC. Cet intervalle représente au moins l'épaisseur d'une large lettre, telle qu'un M. Une correction ancienne par grattage a fait disparaître cette lettre. en ne laissant plus que EYNOIAC.

(b) Nous hésitons surtout ici entre les lectures OYAENI ECTAI et OYAEN ECTTI: et si nous penchons pour la première, c'est qu'après OYAEN , il nous semble qu'on aperçoit les traces d'un |.

ee

dÂindelas. “Note ue, à Évdpes dixaotai, elonoetar yàg rroùs iuëc Téindés, rodra reneitoJu : ras, &g Éourer, ébiorroiv fuäç xarà voir ous roochafor yvrauxdc ragôtar. Exsirx yoïr peraritovoa Tà nldouara taïra, mods megéxoÿer avr te nai elc noœdioxmr TRurocias Ooayuèg edroias Everxa. ‘’Iows uèr oùr, © &vôpges dixaotai, oùdén ot Javuaorôr ue Ürè Aytiyévag Tèv Toénor Toîroy raidaywyndñra, yvrauxôc À Oavordrn uèv Tüy Étaipüy, &s paotv, D MAxriag ÉVÉVETO . . ......

Hypéride suit ici l'exemple général des orateurs d'Athènes. On sait qu'ils avaient l’habitude d'aller fort loin dans les accusations portées contre l'honneur des femmes qu'ils se trouvaient avoir quelque intérêt à diffamer. Cela ne choquait plus l'auditoire, car il y était accoutumé de longue date. Les hétaires, d’ailleurs, avaient, à Athènes, une place souvent indécise entre les femmes comme il faut et les prostituées proprement dites. Il ne semblait pas invraisemblable de prétendre avoir pu croire à un amour vrai de leur part, tout en racontant sur leur compte les histoires les moins édifiantes.

C’est ce que l’on entrevoit dans les dernières lignes, très lacuneuses, de cette colonne. On y voit aussi qu'Antigone s'était appliquée à enflammer les désirs du client d’Hypéride

.... pour la parfumerie en question. Les résistances simulées d’Athénogène et les éloges hyperboliques d’Antigone le poussaient également à acheter, cofite que coûte, avec son gérant, s’il pouvait l'obtenir, la boutique régie par Midas et montée par un homme qui savait mener à bien les affaires, assurer le gain des procès, écrire des plaidoyers lui-même et qui surtout, en sa qualité d'Égyptien, avait l'expérience du grand commerce.

Nous allons donner la suite de la narration :'

‘ De ce morceau — dont je vais reproduire le texte en caractères épigraphiques et qui s'étend depuis la deuxième ligne de la seconde colonne jusqu'à la troisième de la sixième — deux colonnes — les moins lacuneuses du papyrus — la troisième et la quatrième — ont été publiées une première fois par moi dans l'annuaire de la société des études grecques (transformé en revuc trimestrielle). J'y donnais, pour ces deux colonnes, non seulement, comme dans ce mémoire, la traduction et une double transcription du grec, tant en caractères à forme archaïque qu’en caractères modernes avec accents, esprits, etc., mais, comme je vais le faire pour tout l’ensemble du document dans le prochain numéro de mon Corpus inscriptionum Ægypti, auquel j'empruntais d'avance cette planche, une magnifique reproduction photographique par héliogravure. Les hellénistes de tous pays se trouvaient ainsi, dès le premier moment, avoir pour ce texte mis entre leurs mains des moyens de contrôle qu'ils n’ont pas encore, que je sache, pour la xokitelx tv A0rvaiwv d’Aristote, ce papyrus si longuement étudié et si savamment édité par M. Kexyon. C'est une façon de procéder dont (avec quelques remarques et suggestions fort justes, que je reproduirais ici s'il eût été le premier à me les adresser et qu'il terminait en me disant : «Je serais bien heureux, Monsieur, si mes reinarques pouvaient vous être d'une utilité quelconque dans l'œuvre importante que vous avez entreprise et par laquelle vous avez infiniment obligé les hellénistes de tous les pays et de toutes les nations») M. Gowrerz faisait ressortir les avantages dans une lettre commençant ainsi :

<Je saisis la plume pour vous exprimer l'extrême plaisir que m'a donné la lecture de votre travail »sur le nouveau papyrus d'Hypéride publié dans le dernier numéro de la Revue des Études grecques. C’est »en effet une découverte capitale, qui doit réjouir le cœur de tous ceux qui s'occupent des lettres grecques. » Vous avez bien mérité de la littérature hellénique en retrouvant, en classant et en publiant ce morceau » exquis de l’éloquence judiciaire d'Athènes représentée par un de ses maîtres les plus consommés.

«Le fac-sinile authentique que vous avez joint à votre texte donne à chaque lecteur tout ce dont »il a besoin pour se former un jugement indépendant et pour contribuer sa part de conjectures qu'il croit » nécessaires pour le rétablissement d'un texte auquel les injures du temps n'ont pas été épargnées. »

J'ai, pour ma part, publié déjà ou mis en œuvre une masse trop colossale de textes inédits dans les diverses langues qui ont été parlées en Egypte et, particuliérement quand j'avais èté le premier à ouvrir la voie, comme tout dernièrement encore pour ce démotique archaïque qui était resté avant moi, malgré

ee 7e ee ee

7 ee a ———— a ——————— a ———————————— te ————— —

Cette suite est fort intéressante, car elle nous fait pénétrer at mieux dans le vif &« mœurs d'Athènes.

bien des efforts, absolument lettre morte, j'ai eu trop souvent à revoir et à compléter mes premiers tn vaux — en ce qui touche spécialement le grec, qui n'est pas l’objet principal de mes études, puisqu'aar tout je suis égyptologue, j'ai eu trop souvent à corriger sur des points d'une grande importance des pat cations de papyrus faites avant moi par les hellénistes les plus éminents, par les déchiffrenrs les px remarquables, AmËDpée PEvrox, Bauxer DE Presse, Eccer, etc. — pour n'avoir pas eté frappé de la justex de cet adage, rappelé naguère par le savant éditeur BLass en tête du troisième volume de son Démosthès: «dies diem docet». Surtout quand il s’agit de quelque papyrus fragmenté, usé, effacé par places, plen à lacunes, quand il a été laborieux de rechercher jusqu'au bout un contexte, quand surtout d'ailleurs i: fallu faire ce premier débrouillement du texte, en grande hâte, au milieu d’autres déchiffrements jourmie et d’un enseignement presque quotidien portant sur des langues trés différentes, il est étonnant de voir quel point c’est un avantage considérable de ne venir qu'en second, avec une attention toute fraiche à toute reposée pour les quelques mots douteux encore.

Dans la republication actuelle de ces deux colonnes (3° et 4°) j'ai eu soin de mettre à profit le lettres ou articles de MM. Danesre, BLass, Drecs, GomPerz, REvnacn, Panxrazinés, etc.

Pour la coupe de la phrase où se trouvent les mots ëv épohoyix av (col. 3, I. 24) j'ai adopté à suite la correction que M. Dar&sre m'a proposée, presque aussitôt après l'apparition de mon article, ds sa lettre de félicitation du 1° juin, coupe qui y rattache les mots suivants : 6xto éroinsev. Mais j'ai hésité pour la traduction de ce passage, entre celle qu'il m'indiquait : <Le danger était qu'il ne m'’amenit k lendemain les créanciers avec lerquels il s'était entendu ct c'est ce qu'il fit» et celle que me proposa presque en même temps, dans sa lettre du + juin, M. Brass <m'ayant arraché mon consentement (m’ayant pris es consentement)». M. Dixzs sous-entend pour le participe Azÿwv le même régime que M. Danresre et il tnduit : «<nachdem er sich mit ihnen verständigt hatte.» J'ai tiré également parti pour deux ou trois autre passages des modifications de sens proposées par le traducteur si admirable des plaidoyers de Démosthène.

Le si remarquable éditeur de tout ce qu'on avait retrouvé d'Hypéride jusqu'à présent, M. Bass, qui a si habilement restitué et remis en place les fragments publiés d’abord par M. Eccer et par d’autres. m'a le premier, dans cette lettre du + juin — où il m'écrivait notamment : «C'est une trouvaille éminente “que vous avez faite et je vous en félicite de tout mon cœur; de tels mérites pour la philologie ne s'ot- -blient jamais et votre travail pénible a porté des fruits excellents» — suggéré particulièrement pour de points lacuneux, altérés ou fautifs du papyrus les restitutiuns qui me paraissent les meilleures. C’est ainä qu'au commencement de la ligne 5 (col. 3) dans une lacune il a supposé la lettre À dont, en regardant au grand jour, je crois, en effet, discerner quelque trace fort peu distincte. C'est ainsi que, coupés par les lacunes de la ligne 12, il a retrouvé les mots ôtoxfous faütws dont, une fois averti, on saisit bien l’ensemble: (l'espace aurait permis de supposer, comme l’a fait M. Drecs, Gta0fous au lieu de ôtaxfsexs; mais le second: de ce dernier mot se reconnaît encore à la place qu'il doit occuper. — Il n'est pas possible d'ailleurs de colloquer là un verbe plus long : &aluüsete, comme M. Revxacu; axoôvboete, comme M. Panrazipès, etc: et il a complété la correction de la phrase en lisant à la ligne 11, à la place de tobror, tobtwv, lecture exacte. C'est ainsi qu'il a reconnu dans les traces de lettre qui suivaient la lacune du commencement de la ligne 1: de 18 4° colonne les restes d'un K— ct non d'un A, comme je l'avais cru, n'ayant aperçu que les restes du jambage oblique du bas (mais il reste encore en effet quelque trace de celui du haut) — ce qui donne le mot xaxo5 — bien préférable aux mots xaf” 6kou auxquels j'avais pensé et que conserve encore M. PaxrazibËs — et pour tout le membre de phrase, la très claire leçon suivante : 6x 5° noûôunv 05 fv xaxoÿ, sans rien qui rappelle le hiatus de ce texte d’'Horapollon, cité par Friscuer : toëro Ôè pôvov où aflavatov, etc.

Je rétablis, d’après l'avis qu'il m'a également donné le premier, à la 8° ligne de la 3° colonne le mot MPOCHOITUNTUN, malgré les indications précises inscrites dans l'antiquité par un correcteur qu. de la même écriture et de la même encre, avait corrigé, trois lignes plus haut, le fautif xapav en xaptv, qui a corrigé, plus loin, à la 9° ligne de la 9° colonne, le fautif r1ôevar en eûevæ, à la 9° ligne de la 10° colonne le fautif rfwva en wvæ, etc. Ici il s'est évidemment trompé quand au-dessus du premier +, effacé, il a écrit entre lignes un X, quand il a coupé le premier w par un petit trait comme lettre fautive, quand il a également marqué d'un petit trait comme lettres fautives le C et le second O : de manière à faire supposer soit mpoopeAïvtew, soit roooselévtuv. A-t-il eu raison d'insérer un [ au-dessus du f, à l'avant-dernière ligne de la 3° colonne, à propos du mot commençant par rpayuat et se terminant, après une lacune, par ov à la ligne suivante? M. Brass le pense et il croit qu'il faut restituer ÿpauuateïoy. M. Drecs est du même avis et il remplit la lacune suivante en complétant ainsi les mots ypauuateiov td éyysyoauuivov. J’accepterai provisoirement cette hypothèse, corrigeant seulement ëyysypauuévov en xpoyeypauuéivov, comme me paraissent à

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Les relations de camaraderie y tenaient une très large place. Chacun, sous le moindre prétexte, aimait à s’y mêler des affaires d'autrui, comme on le voit à la colonne 5. L’habi-

la fois le demander la longueur de l'espace vide et le contexte. D'éèxyeypauuévov, supposé par M. Rernacx il ne saurait être question, car quand il s’agit d’un papyrus ou d’un parchemin destiné à être roulé, puis scellé, comme c'était le cas pour cet écrit — c’est dit formellement un peu plus loin — ce participe èxyeypaupévoy indique un titre, ou une adresse, ou une suscription surajoutée, en un mot une des inscriptions qui s’écrivaient au revers, hors texte, et qui se voyaient sans qu’on eût besoin de rien dérouler. C’est dans ce sens qu'on trouve, par exemple, dans le plaidoyer contre Stéphanos (Démosthène, édit. BLass, tome LIT, p. 79) éryeypapuévov Ypaupateïov, citation qui aura peut-être égaré M. Revwacs. Mais, alors qu'il ne s’agit pas soit d’une inscription proprement dite, sur table de métal, ou sur pierre, ou sur bois, soit d'une de ces pièces judiciaires tracées sur un album à l’usage des jurés, alors, je le répète, qu'il s'agit, au contraire, d'un papyrus ou d’un parchemin écrit d’un côté et se roulant sur le côté écrit, comme tous les actes privés, qui à cette époque, d’après le droit d'Athènes, devaient être fermés ainsi, scellés, puis déposés chez un tiers choisi, de bon accord, par toutes les parties pour s’en constituer le gardien, jamais ixyeypauuévov ne désigne le texte proprement dit, le corps de l'acte, ce dont il peut être ici question.

J'ai dit que c'était provisoirement que j'acceptais la correction ypaupateïov té et que je complétais par la préformante xp6 le mot yeypaupévov encore visible. En effet, par un beau soleil, il m'a paru que les traces de lettre qui suivaient le mot xpayuat . . ov se rapportaient, non point à un B, comme je l'avais supposé d’abord, non point à un T, comme je le crus ensuite, mais bien à un À, dont on verrait encore à gauche l'extrémité supérieure et la base, telles qu’elles sont formées habituellement dans ce papyrus. Depuis lors à bien des reprises j'ai regardé cette lettre et toujours j’ai éprouvé la même impression. D'une autre part, après rpæyuat .., pour finir la ligne, il me paraît bien difficile de suppléer, avec M. Dizzs, seulement un |. Les traces qui se voient au bout de cette ligne, après la lacune, sont trop distantes du T pour cela et la direction paraît en être celle du jambage supérieur d’un K (le trait brisé par lequel on allonge dans certains cas une ligne trop courte aurait une direction absolument contraire). Enfin, à la même ligne, après Aafuv, dans le mot qui suit, on croit plutôt distinguer un o, ce qui ferait toy et non twv. Je dois ajouter que le F inséré ici entre lignes paraît avoir été écrit, ainsi d’ailleurs que le plus grand nombre des corrections, justes ou non, faites dans l’antiquité sur ce papyrus, par quelqu'un qui devait le posséder déjà en assez mauvais état; car dans plusieurs places le même correcteur — du moins à ce que semblent indiquer la couleur de l'encre et l'écriture — s’est borné à rétablir plus lisiblement en les répétant entre lignes des lettres peu distinctes, effacées par l'usure (je citerai par exemple le K écrit entre lignes au-dessus du mot KAI à la 11° ligne de la 5° colonne). Telle est même peut-être la cause de ses maladroites corrections à propos du mot xpospotwvtuv, qu'il n’aura pas su reconnaître. Il se pourrait donc qu'il se fût trouvé, comme nous-même, en face de lacunes quand il a songé à ce mot ypauuateïov d’un si fréquent emploi. Je m'étais un instant demandé si le scribe n'avait pas écrit dans sa copie ÀAaflüv tov abtoÿ rpaypatixov ÔdAov yerpauuévoy «prenant toute écrite sa fraude relative à l'affaire ». Mais cela ne m'a pas satisfait, et je préfère faute de mieux en venir à peu près à la restitution de M. Bzass et de M. Dixcs. J'ai tenu d’ailleurs un très grand compte, particulièrement en ce qui touche la ponctuation, des observations de M. Drecs qui, dans une lettre gracieuse, m'avait envoyé en épreuves la communication faite par lui, m'a-t-il dit, pour faire connaître ma découverte à l’Académie de Berlin.

J'y ai vu avec plaisir que M. Dxzs ne croyait pas devoir mettre une majuscule au mot toüro, par lequel commençait le texte précédemment publié par moi, et, au lieu de le rattacher à ce qui précède, comme je l'avais fait, le rattacher ainsi à ce qui suit, comme voulait le faire M. Reynacæm — Cette modification était la première et la plus importante — l’autre portait sur le mot Eoxevdov — des deux seules que M. Reynacu m'a demandées, dans des conditions dont je dois dire ici quelques mots. Quand je consentis — sur ses instances réitérées, il était venu à plusieurs reprises dans mon cabinet pour cela, et sur celles de M. Leroux, notre éditeur commun, celui de la Revue égyptologique que je dirige depuis tant d'années et de la Revue des Études grecques dont M. Revnacu est le rédacteur en chef — à faire paraître dans ce recueil dé la Société des Études grecques un article sur ma découverte du plaidoyer contre Athénogène et la primeur de deux colonnes de ce précieux texte d'Hypéride, je ne le fis qu’à la condition d'envoyer moi-même directement mon manuscrit à l’imprimeur, d’en revoir seul les épreuves et d'en conduire jusqu'au bout la publication sans contrôle, sans correction autre que de ma main. Ce qui m'est arrivé un jour, il y a longtemps déjà, dans une autre revue, était bien fait pour me mettre en garde contre un danger, que je ne voulais pas courir de nouveau. Le rédacteur en chef de cette revue avait changé au moment du tirage l'orthographe d’un de ces noms anciens qui avaient un sens par eux-mêmes — d'un nom voulant dire : « Horus l’enfant»> — et croyant faire une correction heureuse, dont il ne m'a prévenu qu'après coup,

tude de venir siéger à tour de rôle dans ces grands jurys, de plusieurs centaines de menin qui jugeaient en dernier ressort, les procès d'intérêt aussi bien que les autres, avait ew

il m'attribuait en réalité une faute très grave pour un égyptologue. L'article était signé de mon œæ:; protestai, preuves en mains. Et une note rectificatrice, avec ces preuves, parut dans le numéro suivx sans signature; sans rien qui indiquât que cette note provenait de moi et que Ja faute m'était étrange comme s'il s'agissait d'une rectification faite savamment après coup par la rédaction de la Revue a pra d'une erreur grossière que j'aurais commise. Je pensais donc qu'il était bon de prendre mes précauts d'avance contre une pareille éventualité. D'ailleurs je ne suis pas de ceux qui aiment à bénéficier ht vail d'autrui dans la production scientifique, comme on le fait dans le commerce ou dans l’industrie, m une heureuse exploitation où le nom du gérant est une raison sociale. Je ne veux accepter sous se nom que ce qui est vraiment de moi. Je n'ai jamais démarqué personne; et je me sauf-garde avec gai soin de ces collaborations anonymes dont il est souvent bien difficile de déterminer après coup les limits précises. Je fus donc un peu étonné quand, au moment où je donnais mon bon à tirer, M. Rerxacs mt envoyer par l'imprimeur une épreuve pour y apposer également sa griffe et me proposa les deux mé fications en question dans une lettre d'ailleurs polie et où il s'exprimait ainsi :

«Je saisis cette occasion de vous remercier et de vous féliciter de votre beau travail : il n’est ps » donné à beaucoup de personnes d'avoir à la fois le coup d'œil du découvreura et la science de l'éditez »comme vous. Je me ferais un scrupule d'user de mon droit de rédacteur en chef pour changer quoiqu »ce soit à la rédaction de votre savant article. Permettez-moi seulement, avant de donner mon bon à tx. » de vous proposer deux très légères modifications dans la traduction française. »

Évidemment, si je n'eusse pas été résolu d'avance à ne pas accepter la collaboration anonyme & M. Revnacu, des formes pareilles étaient bien faites pour m'y engager. Mais c'était là pour moi une questioe de principe sur laquelle je ne voulais pas transiger; et d'ailleurs à la fois l'ensemble du contexte et l'es ploi du pronom toër — qui dans le grec attique des contemporains d'Hypéride s'applique plutôt à « qui précède, tandis qu'èxsivo est employé de préférence pour désigner ce qui va suivre (pour en être œætain, il suffit de parcourir quelques plaidoyers de Démosthène) — toutes ces raisons m’empéehaiest d'adopter l'opinion de M. Revnacu, de commencer la phrase à toùro et de traduire comme s'il y avait « rè Ôè péyotov. Je lui répondis donc dans ce sens aussitôt ct, pour éviter tout retard, par le télégraphe Mais, en même temps qu'il m'écrivait cette lettre de formes si polies, il portait déjà sur son épreuve le modifications qu'il me proposait et, sans attendre ma réponse ou passant outre, il les envoyait à l'impr meur pour les exécuter à titre de corrections, usant ainsi du droit qu'il voulait s’arroger à titre de rédacteur en chef. Le procédé était moins poli que la lettre. D'ailleurs, dirigeant comme M. Beyxacea et depuis ph longtemps que lui une revue scientifique, je suis d'un avis contraire : je ne crois pas qu'il soit permis, à ce titre de rédacteur en chef, d'entrer subrepticement dans la couche d’un auteur, si je puis m'exprimer ainsi, par une occulte collaboration; et alors même qu'ils se donnent l'air de le faire racivtag, je partage un peu les sentiments exprimés par Lysias dans son plaidoyer sur le meurtre d'Eratosthène contre cenr qui se trouvent oôtewx . . . . . Oeapetpetv OOTE . . . . . . tobç aida aôrAous Elvat Onotépwy TuyXdvouarv Gvte, tés svôpav À Tév poyov. Je me hâtai de prévenir à la fois M. Reynacu, M. Lusoux et l'imprimeur que si une seule correction d’une autre main que la mienne était exécutée, je m'opposais formellement à la publi cation de l'article, me déclarant d'ailleurs tout prêt à en payer dans ce cas les frais de composition. Au bout de quelques jours, on me renvoya, l’annulant ainsi, l'épreuve qui portait les deux susdites modif: cations introduites par M. Reynacu et qui était revêtue de son 6on à tirer. Tout cela s'était trouvé causer bien des retards pour l'apparition de cet article, qui ne pouvait que précéder mon mémoire de la Revue éqyptologique; et justement sur ces entrefaites, j'appris l'existence d'au moins un autre fragment du discours contre Athénogène, fragment à acquérir avant de faire paraître celui-ci. Ainsi que je l'ai raconté dans le dernier numéro de ma Revue, cela demanda beaucoup de temps, car le possesseur était en Égypte. Mais en ce qui concerne l’article de la Revue des Études grecques, je me félicitai d'avoir pu obtenir cette solution. En effet, l'épreuve en question montrait bien que, sur tous les points importants qui me laissaient encore des doutes et qui se sont corrigés plus tard, je n'aurais rien eu à gagner à la révision de M. Rzvynacs. Cette révision préalable, mais anonyme, aurait pu d'ailleurs ne pas l'empêcher, une fois mon article paru et distribué à tous les membres de la Société des Études grecques qui venaient l’éclairer de leurs lumières ct lui prêter la main, de vouloir monter, à ce même propos, sur les épaules d'autrui. Quand il est privé d'un tel aide, cela lui réussit moins bien, comme on peut en juger par les résultats si piteux auxquels il

(a) Les mots imprimés en italiques sont soulignés dans la lettre de M. Reynach.

® développé sans doute cette tournure naturelle d'esprit, cette curiosité générale, qui trans- ® formait facilement le premier venu, un passant, en un enquêteur et en un jugeur, si je puis

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