LIVRE il.: ^j
« pelets ! ta vîokttecet 1^ muguet florissentjj <c Daphfiis se fane; DoFcdn à-la-fii>:paroîtra «plus beau que mok ^ Voîlâ camment sa passionnoit le pauvre^ Daphni s, et.les parr foies qu'il < dkcnt j -comme celui qui . iors premier expériraentok les étincelles^ d'a^
mOUr. - ^ - : , : ^-.^. ,..:.', -^J^
Mais Dofcon, cegars, ce bouvier ainoa^ reùx aussi tie <2hI<>é,pFenaat le moment que Dryas- plan toit- un arbre pour soutenir quelque vigne^f^omme 'it4e tonnoissoit déjà, d'alors que lui -Dryas gardent les; bêtes atri champs, Ie-vie»t-trouverâvec die^beaux fromages gras ^ et d'abord il lUi donnasses fromages; puisyxomm^çaht à ^^ntrer en propos^par leui?^ ancien ne^oimoissance,. fît tant qu'il tomba sur les ter^nes dOvinaciàge dé Gfeloé^, disant ^'il- la ^iut .piendrei[ îFémmevlui pronâet pourluide-bêank pni^ séntsf tomme Ijouvier^yanf^d© qQoi;Jl hii vouloi^donHèr,•dit-îli tane^oupte^fôibiaeuft dcr labour,- quatre^ rucheç^ d'^ibeilièffy eioé quahte- pieds-- de ' pofi^Bllers ,:i -Un-^curr. : de Ijœûf^^semeler soulîer^^ ét-pâc^faâcun lait ■an Vc^-toM-prét-^ ^rep^^eliemexit aqâe^ totwrhé de-sbft àmifîef^allëôhè îpax^^oar.jptô^ messes y Dryais lui* cùidîi^^pmsquè ^corder
\k HHe^^tèit^éé'pôilr^^ieo pkifrg^nd^sâjrtîi
Daphnis et Chloi, }
et crftîgiiânt qu'un jour, si elle venôit à être reconnue, et ses parents à savoir que pour fat friandise de tels dans il Teût mariée en si t>as lieu, on ne lui en voulût mal de mort, il refusa toutes ses offres, et réconduisit en le priant de lui pardonner.
Par ainsi, Dopcon, se voyant pour la deuxième fois frustré de son espérance, et encore qu'il «.voit pour' néant perdu ses bans fromages gras, délibéra, puisqu'au* irement oe pouvoit^ la première fois qu'il la trouverait seule à seul , mettre la main sur Chloé* Pour à quoi parvenir, s'étant avisé qu'ils metiolent l'un après l'autre boire leurs bêtes^ Chloé un jour, et Daphnis l'autre, il usa d'une finesse de jeune pâtre qu'il étott« n prend la peau d'un grand loup qu'un sien taureau, en combattant pour la défense des vaches , avoit tué avec ses cornes, et se 1 étend sur le dos, si bien . que ks jambes de devant lui couvroient les bras et les noahis^ celles de derrière lui pendoient sur les. cuisses jusqu'aux talons, et la hure le coiffoit en la forme même et manière du cabaaset d'un homme de guerre.
S*étant ainsi fait loup tout au mieux qu'il pouToit^ il s'en vient droit à la fontaine où buvaient cbàvres et brebis après qu'elles fiToiepit pÉtur4«. Or était cette fontaine en
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une vallée assez creuse, et toute la place à l'entour pleine de ronces et d^épines, de chardons et bas genévriers, tellement qu'un vrai loup s'y fût bien aiséoient caché. Dorcon se musse là dedans çntre ces épines, attendant l'heure que les bétes vinssent Jboire, et avoit bonne espérance qu'il rffrayeroit Chloé sous cette forme de loup, et la saisiroit au cqrps pour en faire à son plaisir.
Tantôt aprèsi elle arriva. Elle amenoit boire les deux troupeaux, ayant laissé Daphnis coupant de la plus tendre ramée verte pour ses chevreaux après pâture. Les chiens qui leur aidoient à la garde des bétes suivoient; et comme naturellement ils chassent mettant le nez par^tout, ils sentirent Dorcon se remuer voulant assaillir la fillette : si se prennent à aboyer, se ruent sur lui comme sur un loup, et l'environnant qu'il n'osoit encore, tant il avoit de peur, se dresser tout-à-fait sur ses piedsi mordent en furie la peau de loup, et tiroient à belles dents. Lui, d'abord honteux d'être reconnu» et défendu quelque temps de cette peau qui le couvroit, se tenoit tapi contre terre dans le hallier, sans dire mot; mais quand Chloé, apercevant au travers de ces broussailles oreille droite et poil de
.j6 DAPHNIS ET CHLOÉ.
.bètCf appela tottte^^xjûvantéè Dàphriis^^au
t^coairsj et que les-cWens,lûi ayant arraché
:fia peauide -loup^ commenc-èreh \ à îè mordre
-lubJDéme -à. Jbcm~ escient , lors, il ^s€ prit à
.cfier^si: -haut qu'il put, priaint Cïiîoe et
:Daphhis/.qui jà étoit acc6ura,-dè- iur rcnr-
4oin être >ea aid^ > ce- qu^îls- firent-, et avec,
,kur. sifflement axjcôulumé.^urerit^mcon-
.tinent apaisé- les- ^biens^; puis- amenèrent ^
la fontaine le malheureux Dorcon, qûr avoït
«té mors etaux-cùisses-et aux épaules,- lui
JavèreiTtses^ blessures où les dentà^^avôient
ntteint:, . et. .puis 1 lui - mirent dessus- ^ ¥é-
xorce, .dorme jnàchée., étant- tous -deux ^sî
.|5ejLi -JCiisés fit si peulexpérimenté«.aùx har*
dieseatreprises. d'amour, qu-ils estimêréift
que cettjs-enibûche de Dôr<K)it avec fa-peàu
dèiaup neiût que|eu«eul€mént,-au îiîoyêil
de quoi ils ne se -courroucèrent point à-^lùi;
maïs le réconfortèrent et- le reeonvèyèrent
quelque -espace:>de-chem:n f-ea- le menant
par.. Iq main^jel" lui , -qui a'voit été en st^an d
danger de -sa personne, et que Ion avoit
Kacôus. de-la gueûl^ noi4^u-loup ,'<:€>mmë
il se^dit^ commurnément , mais d^ehieHs^
s'en alla - panser les -Hïorsui'es -qu'U^ ^av6i%
partoutle:£orpsV' - - ^ '^-- 1^.-:.^..
i.Daphnis et Ghloé cependant 3 ju^ques-à nuitvclpse) trdvaillèrén^api^s-ldUF^chi^rëS'
et .brebis, qui, effrayées de la peaudcr l(Mjip, éffiarpuchées.d^ûuïr si fort aboyçrks chiens^ fuyoientvles unesA la çiiîiç:4e5plxischaùt'â rocher? , les. aaitres^ au pltrô.iiasc des plages delà mer, toutes au demeurant bien ap-* prises de venir, à la voix de leurs pasteurs, se ranger au son du flageolet, s'amasser ensemble en oyant seulement battre des mains; mais la peur leur avoit alors fait tout oublier; et après les avoir suivies à la trace comme des lièvres , et à grand'peine retrouvées, les ramenèrent toutes au teet ; puis s'en allèrent aussi reposer; là oîi ils dormirent cette seule nuit de bon sommeil.
Car le travail qu'ils avoient pris leur fut un remède pour l'heure au mésaise d'amour : mais revenant le jour, ils eurent même passion qu'auparavant, joie à se revoir, peine à se quitter ; ils souffroient, ils vouloient quelque chose , et ne savoient ce qu'ils vouloient. Cela seulement savoientils bien, Tun que son mal étoit venu d'un baiser, l'autre, d'un baigner.
Mais plus encore les enflammoit la saison Je l'année. Il étoit jà environ la fin du printemps et commencement de l'été, toutes choses en vigueur; et déjà montroient les arbres leurs fruits, les blés leurs épis; et aussi étoit la voix des cigales plaisante à
j8 DAPHNIS ET CHLOÉ.
ouïr, tout gracieux le bêlement des brebis, la richesse des champs admirable à voir, l'air tout embaumé soève à respirer; les fleuves paroissoient endormis, coulant lentement et sans bruit ; les vents sembloient orgues ou flûtes, tant ils soupiroient doucement à travers les branches des pins. On eût dit que les pommes d'elles-mêmes se laissoient tomber énamourées, que le soleil amant de beauté faisoit chacun dépouiller.
Daphnis, de toutes parts échauffé, se jetoit dans les rivières, et tantôt se lavoit, tantôt s'ébattoit à vouloir saisir les poissons, qui glissant dans Tonde se perdoient sous sa main; et souvent buvoit, comme si avec Teau il eût dû éteindre le feu qui le brûloir. Chloé, après avoir trait toutes ses brebis, et la plupart aussi des chèvres de Daphnis, demeuroit long- temps empêchée à faire prendre le lait et à chasser les mouches, qui fort la molestoient, et les chassant la piquoient; cela fait, elle se lavoit le visage, et, couronnée des plus tendres branchettes de pin , ceinte de Ifi peau de faon, elle emplissoit une sébile de vin mêlé avec du lait, pour boire avec Daphnis.
Puis quand ce venoit sur le midi, adonc étoient-ils tous deux phis ardemment épris que jamais, pource que Chloé, voyant en