‹ Les Pastorales de LongusChapitre 2 sur 91 · L. LAROSE & L. TENIN, Directeurs · texte numérisé non relu

L. LAROSE & L. TENIN, Directeurs

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; A M. Charles DELAFOSSE

Hommage d'affection et de reconnaissance.

Nous lisons dans le Courrier Français du 4 octobre 1823 :

«€ À Moxsteur LE Répacreur pu Courrier Français.

.… € Annoncez, je vous prie, ma traduction de Longus, qui s'imprime à présent, corrigée, terminée : c'est un joli ouvrage, un petit poème en prose, où il s’agit de moutons, de bergers, de gazons ; la première édition fut saisie à Florence par ordre de l'empereur Napoléon-le-Grand ; j'imprimai le grec à Rome, il fut saisi de même. Revenu à Paris, quand il n’y eut plus d'empereur, et toujours occupé de Chloé, de ses brebis, je retouchais ma version, lorsqu'on me init en prison à Sainte-Pélagie : ce fut là que je fis ma seconde édition, la troisième va bientôt paraître chez Merlin, quai des Augustins, beau papier, impression de Didot. »

C’est en ces termes que Courier fait l’histoire des éditions de Daphnis et Chloë. Mais il est volontairement incomplet. Il néglige de dire que, revenu à Paris en 1812, alors qu'il y avait toujours un empereur, il publia l'année suivante une nouvelle traduction de son roman grec, qui fut imprimée chez Firmin Didot (1813).

Voici donc la liste complète des éditions publiées du vivant de Courier :

1° Edition de Florence, imprimée chez Piatti, 1810 ; que nous désignerons par la lettre F ;

20 Edition de Paris, chez Firmin Didot, 1813. C’est le texte À ;

3° Edition de Paris, chez Alexandre Corréard, 1821. C’est l'édition qui fut retouchée dans la prison de Sainte-Pélagie. Pour que nul n'en ignore, l’auteur y a joint cette mention malicieuse : « Paul-Louis Courier est entré en prison à Sainte-Pélagie le « 10 octobre, et en est sorti le 9 décembre 1821. » C’estle texte B;

4° Edition de Paris chez J.-S. Merlin, libraire, quai des Augustins, n° 7. 18231. C’est le texte C.

Ces quatre éditions peuvent se diviser en deux groupes : d’une part F et A ; de l’autre Bet C.

A n’est guère qu'une réimpression de F et n’apporte guère de changements essentiels à l'édition de Florence *. Bet C ont une parenté étroite et représentent le texte des Pastorales dans son état définitif. Cependant C, postérieur à B, est beaucoup plus correct. Il rejette définitivement certaines leçons de F, qui s'étaient glissées jusque dans B, les remplace par d’autres meilleures, et abandonne certaines particularités orthographiques désuètes, telles que nud, sçavoir, sçu, sçauroit.

Enfin, il évite les fautes matérielles dont B n'était pas exempt ?.

Pour toutes ces raisons, le texte de 1823, C, le dernier qu’ait corrigé l’auteur, doit évidemment faire autorité. C'est celui-là que nous reproduisons dans la présente édition. Nous en avons conservé l'orthographe, la ponctuation, les guillemets #.

Au bas des pages, nous donnons : 1° les leçons de F ; 2° les leçons de B.

La comparaison de ces trois états du texte permettra d’embrasser d’un coup d’œil tout le chemin parcouru de 1810 à 1821 et à 1823.

Comme les divergences entre F d’une part et C de l’autre sont très nombreuses et très considérables dans les premières pages de l'ouvrage, nous avons donné au bas des pages non seulement les leçons, mais letexte intégral de F, depuis la ligne 1 jusqu’à la ligne 106.

1. Merlin a imprimé le Daphnis et Chloé dans la Collection des Romans Grecs traduits en françois, avec des notes par MM. Courier, Larcher, et autres hellénistes, Paris M.DCCCXXII.Le tome VIII a pour titre : les Pastorales de Longus, traduction complète, par M. P.-L. Courier ; nouvelle édition revue et corrigée. Il porte la date de M.DCCC.XXV sur la première page.

2. C’est pour cela que Courier néglige de parti pris l'édition À, dont il ne parle pas dans sa note au Rédacteur du Courrier Français. Pourtant nous en donnerons les variantes en appendice, à titre de curiosité.

3. Les fautes proprement dites sont très peu nombreuses dans C. Au contraire, Ben contient de graves, par exemple : IL. 624. pommes de coin.

4, Fidèle à notre méthode, nous n’avons pas même corrigé les fautes manifestes, qu’elles soient du fait des éditeurs, ou qu’elles aient échappé à la vigilance de Courier ; citons par exemple : IV. 14. alongé ; IV. 270. agu ; IV. 497. pere; IV. 651. mocquer. A plus forte raison, nous avons respecté les fantaisies orthographiques voulues par l’auteur comme IV. 514. rustauts ; 602. brief ;

712. fallots. Il est à remarquer que la plupart de ces irrégularités se trouvent dans le livre IV.

Remarques sur l'orthographe de l'édition de 1823, C.

Dans les ouvrages de Courier publiés du vivant de l’auteur, et dont il a lui-même surveillé l'impression, comme le Simple Discours où le Procès de Paul-Louis Courier!, tous les imparfaits sont en ais, ail, aient. Ainsi l'orthographe moderne est partout suivie. Au contraire, dans son édition des Pastorales de Longus, publiée en 1823?, la dernière qu'il ait revue et corrigée, Courier a bien soin de conserver, à la façon d’Amyot, les imparfaits en ois : J'aimois, mon cœur palpitoit, mon corps tressailloit ; je pleurois, je criois, ainsi que les conditionnels : je ferois, il diroit, les infinitifs en oître : connoître, paroître, et les formes en ois, au présent de ces verbes : je connoiïis. Ajoutons-y des substantifs comme harnois, l'adjectif roide.

Il va sans dire que nous avons respecté ces formes. Nous avons également conservé toutes les autres particularités orthographiques de cette édition définitive : ame et grace, sans accent circonflexe à la façon du xvi° siècle, par-tout, sur-tout, long-temps, pource que, la façon archaïque d’orthographier certains substantifs comme baye (pour baie), bled, desir, hyver, et certains verbes tels que abymer, resonner (écrit sans accent aigu malgré l’analogie de répondre), querir ; nonguères, en un seul mot par analogie avec naguères.

Mais nous respectons, dans notre texte, les contradictions de Courier : hiver (III. 190 et 193) au lieu de hyver, âme pour ame, etc.

Remarques sur l'orthographe de l'édition de 1810, F.

Si l'on reconnaît dans C des principes orthographiques assez arrêtés, en revanche, F offre l'image d'un véritable désordre : toutes les contradictions s’y rencontrent, sans parler des mots estropiés par les éditeurs florentins *, sans doute peu familiarisés

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