‹ Les Pastorales de LongusChapitre 40 sur 91 · d'yvoire. — 407. joye. — 409. vitement · texte numérisé non relu

d'yvoire. — 407. joye. — 409. vitement

pour le prendre, jette sa flûte et sa panetière, et se met à fuir vers la mer pour se précipiter du haut du rocher ; et possible Daphnis, par étrange accident, alloit être aussitôt perdu que retrouvé, si Astyle, se doutant pourquoi il fuyoit, ne lui eût crié de tout loin : « Arrête, Daphnis ; n’aie point de peur ; je suis ton frère ; tes maï- « tres sont tes parents ; Lamon nous a tout conté, nous a tout « montré, regarde seulement, vois comme nous rions. Mais baise- « moi le premier. Par les Nymphes, je ne te ments point. »

A peine s'arrêta Daphnis, quand il eut ouï ce serment, et attendit Astyle, qui les bras ouverts accouroit, et l'ayant joint l’embrassa. Puis toute la maison, serviteurs, servantes, père, mère, venus à leur tour l'embrassoient, le baisoient. Lui de sa part leur faisoit fête, mais sur tous autres à son père et à sa mère, et sembloit qu'il les connût jà long-temps auparavant, tant les serroit contre son sein, et à peine se pouvoit arracher de leurs bras. Nature se reconnoît d’abord. Il en oublia un moment Chloé. Si le conduisirent au logis, et lui donnèrent une belle et riche robe neuve ; puis étant vêtu, fut assis auprès de son père, qui leur commença tel propos :

« Mes enfants, je fus marié bien jeune, et après quelque temps « devins père bien heureux, comme il me sembloit pour lors ; car « le premier enfant que ma femme fit fut un fils, le second une fille, « et le troisième fut Astyle. Je pensai que trois me seroient suffi- « sante lignée, et venant celui-ci après tous, le fis exposer au mail- « lot, avec ces bagues et bijoux, que je croyois pour lui ornements « funéraires, plutôt que marques destinées à le faire connoître un « jour. Mais fortune en avoit autrement disposé. Car mon fils aîné « et ma fille moururent de même mal en même jour ; et toi, Daph- € nis, par la providence des Dieux, tu nous as été conservé, afin « que nous ayons plus de support en notre vieillesse. Pourtant ne « me hais point, monfils, de t'avoir fait exposer ; ainsi le vouloient « les Dieux. Et toi, qu'il ne te fâche, Astyle, de partager ton héri- « tage ; car il n’est richesse qui vaille un bon frère. Aimez-vous, « mes enfants, l’un l’autre, et quant aux biens, vous en aurez de

412. jeta. — 412. et se mit. — 416. n’aye point. — 416. maitres. — 495. longtemps. — 426. se reconnoit dabord. — 428. donnerent. — 434. celui cy. — 434. en maillot. — 436. plustôt. — 436. reconnoitre. — 437. ainé. — 442. Et toi, Astyle, qu'il ne te fâche. — 443. Aïimez-vous l’un l’autre et quand aux biens. — 444. vous aurez de quoi ne rien envier aux rois mêmes.

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