‹ Les Patriotes de 1837-1838Chapitre 11 sur 49 · T2 LES PATRIOTES · texte numérisé non relu

T2 LES PATRIOTES

BIOGEAPIIIES ET POETEAITS

LUDGER DUVERNAT

Ludger Duvernay, descendait d'une famille fi-ançaise établie depuis longtemps dans le pays. Son grand-père était notaire royal et son père, cultivatem-. Sa mèi-e était alliée à la famille distinguée des Je La Moraudière. Il naquit à Verchères, le 22 janvier 1799.

Aj^rès avoir reçu la j^etite instruction qu'on donnait alors dans les écoles élémentaii-es, il vint à Montréal en juin 1813 et entra comme apprenti dans l'établissesemeut de M. Chs-B. Pasteur, qui publiait alors le Spectateur. Il se livra au tj-avail avec ardeur et enti-eprit de se faire un chemin dans une carrière bien ingrate aujourd'ui, mais qui alors était presqu' inaccessible.

Après quatre ans d'apprentissage, M. Duvernay allait en 1817 fonder aux Trois-Rivières un journal qu'il appelait la Gazette des Trois- Rivières, et qu'il parvint à faire vivre jusqu'en 1822. En 1823, il publia le Constitutionnel qui vécut deux ans. Le 14 février, il épousa Dlle Marie-Reine Harnois, de la Rivière-du-Loup. En 1826, il établit, dans la ville des Trois-Rivières, V Argus, et en 1827 il vint se fixer à Montréal et se joignit à l'un des plus grands patriotes et des hommes les plus remarquables de l'époque, l'hon. A.-N. Morin, pour fonder la Minerve.

A partir de cette époque, le nom de M. Duvernay est inscrit sur toutes les pages de l'histoire émouvante de nos luttes politiques. Emprisonné trois fois pour avoir eu le courage de publier dans son journal des articles énergiques à l'adresse des bureaucrates, sa populaiité devint très considérable et il ne s'en servit

qno pour faice triompher la cause de ses compatriotes. Il fut l'un des chefs du parti populaire, l'un des pati-iotes les plus ai-dents de cette époque. Sa générosité et sa libéralité, quoiqu'il fût pauvre, son dévouement poiu' ses amis et pour son pays, le rendaient cher au peuple.

Elu membre de la Chambre par le comté de Lachenaye en 1887, il était obligé, quelques mois après, de s'expatrier pour échapper à l'emprisonnement. Il se réfugia à Burlington où il fonda en 1839 le Patriote. Il revint en Canada en 1842 et rétablit, grâce en grande partie à la générosité de son ami Fabre, la Minerve qu'il continua de publier jusqu'en 1852 dans l'intérêt de la cause libérale dont M. Lafontaine était alors le porte-étendard.

Il mourut le 28 novembre 1852, au milieu des regrets de toute la population canadienne qui n'avait cessé de le regarder comme l'un de ses compatriotes les plus distingués et les plus utiles à la patrie.

L'une de ses plus belles œuvres est la fondation de la société Saint-Jean-Baptiste. Avec quelle satisfaction il doit contempler aujourd'hui de sa tombe les résultats admirables de son œuvre! C'est en 1833 que M. Duvernay jeta les fondements de cette noble société et la Saint-Jean-Baptiste fut ^.>lébrée pour la premièi-e fois, l'année suivante. C'est lui qui eut la belle pensée de donner à la société qu'il fondait, dans l'intérêt de notre nationalité, le nom même que nos ennemis nous donnaient par dérision. C'est lui aussi qui choisit la feuille d'érable comme notre emblème national.

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