M. HUBERT
Ceux qui connaissent M, Hubert, le présent protonotaire de Monti'éal, ont de la peine à s'imaginer qu'il ait été un révolutionnaire dans sa jeunesse.
Poui'tant, c'est bien vi-ai. Les Fils de la liberté le considéraient comme l'un des membres les plus utiles de leui" association.
Après la bataille de Saint-Denis, il se rendit à Saint- Eustache avec les deux de Lorimier et Feréol Peltier, pom- aider Girod et Chénier à organiser les patriotes du comté des Deux-Montagnes. Il était un des chefs de l'expédition qui alla s'emparer de la Mission des Sauvages et du poste de la Baie d'Hudson. Il assista et prit part au commencement de la bataille de Saint-Eustache. Il était à cheval en avant des cent ou cent cinquante patriotes qui reçurent ordre de traverser la rivière poui* déloger la compagnie du capt. GlobensM. Il rapporte que la tâche am-ait été facile, car les braves volontaii-es avaient commencé à lever le pied, quand les patriotes, attaqués pai- derrière, fui-eut obligés de retourner au village.
M. Hubert, entraîné par son cheval, se trouva séparé des patriotes, et voyant que tout était perdu, se dirigea vers Saint-Benoît, en passant à la portée des fusils de Colborne. Il entendit siffler les balles, mais ne fut pas atteint.
De Saint-Benoît, M. Hubert se dirigea vers le sud, se rendit à Saint-Antoine et se cacha chez Côme Cartier, frère de sir Georges-Etienne Cai-tier. Trahi par un individu de Verchères, qui mit Coraeau sui- sa piste, il fut arrêté avec son frère F.-X. Hubert, 'et conduit à la prison de Montréal, où il passa six mois. En 1838, il fut obligé de se tenir caché, pendant ti-ois mois, avec sir Georges-Etienne Cartier, son cousin, chez un nommé Ducondu, sur la rue Saint-Paul, pour ne paa être aiTêté de nouveau.
Depuis cette époque, M. Hubert est devenu l'un des hommes les plus paisibles du pays ; il s'est eniichi en ne s'occupant que de ses affaires, et il est respecté.