LE DR GAUVIN
Le Dr Gauvin appartenait à une des familles les plus estimables de Montréal. Il était fils de la femme généreuse qui rivalisa avec Mme Gamelin poui' secourir les patriotes prisonniers, et frère des demoiselles Gauvin qui aidèrent si puissamment leui* mère dans son œuvi'e de chai-ité patriotique. L'une des demoiselles Gauvin est aujoui-d'hui Mme veuve Brault et l'autre Mme Ostell.
Le nom de cette généreuse famille mérite une mention spéciale dans l'histoire des patriotes.
Le Dr Gauvin n'avait pas une forte santé ; il moui-ut peu de temps après les troubles.
LE MAJOR GODDTJ
M. Goddu, l'un des huit exilés des Bennudes, est mort, il y a deux ans, à l'âge d'envh'on quatre-vingtdix ans. C'était un homme intelligent et passablement instruit, dont la conversation était ti*ès agi-éable. II racontait avec beaucoup de verve les événements nombreux et intéressants auxquels il avait pi-is part.
Il était né à Saint-Denis d'une brave famille de cultivateurs.
Son caractère décidé, son esprit aventiu'eux le poussèrent à s'engager, à l'âge de seize ans, dans le corps des Voltigeurs, en 1812. Il fit la campagne comme major sous les ordi-es du colonel de Salaberry, et se couvrit de gloire à Lacolle et à Châteauguay. Il assista, plus tard, au combat naval de Plattsbui'gh, où il commandait une canonnière.
Poui" récompense de ses services, il reçut une médaille militaire et cent acres de terrain dans le township de Weedon. Laissant l'épée du soldat poui* la hache du colon, il s'enfonça dans la forêt et commença à défricher. Rebuté dans ses essais, il revint s'établir dans le comté de Rouville, à Saint-Césaire.
En 1837, les libertés constitutionnelles du Canada ti-ouvèrent en lui un vaillant champion. Il assista, le 23 octobre 1837, à l'assemblée des six comtés, et fut un des premiers à prendi'e les armes. Nommé commandant des patriotes de Saint-Césaire, il se rendit, à la tête d'une centaine d'hommes, à Saint-Mathias où il reçut ordre d'attendre le résultat des première événements. Le désastre de Saint-Charles l'ayant convaincu qu'il n'y avait rien à faire, il ramena ses hommes à Saint-Césaire et se rendit lui-même à Saint-Hyacinthe où il passa huit joui-s pour dérouter les poursuites que l'on faisait contre lui. Ayant appris que des soldats
étaient à faire des recherches dans ce village, pour s'empai-er de lui, il partit pour Saint-Césaire, et fut an été par un de ses anciens amis, que la peur avait transformé en un lâche dénonciateur. Conduit à Montréal, les menottes aux poignets, comme un malfaiteui', il fat emprisonné jusqu'au 2 juillet 1838.