‹ Les Patriotes de 1837-1838Chapitre 28 sur 49 · JOSEPH DUQUET · texte numérisé non relu

JOSEPH DUQUET

Duqnet avait vingt ans en 183*7, et il paraissait aussi jeune que son âge. C'était un aimable garçon, assez grand, mais d'apparence maladive.

Il avait l'esprit droit, l'imagination ardente et s'exprimait avec élégance et facilité. Il était doux, délicat, aimant et dévoué. Il chérissait ardemment sa famille, sa mère, ses sœui-s, ses compatriotes, sa religion, sa patrie. Calme, paisible, sérieux, d'un tempérament nerveux-lympathique, l'aii* xm peu triste et insouciant, on ne l'aurait pas cru capable, à le voir, de résolutions énergiques, d'actions audacieuses.

L'expérience apprend que sous les dehors de l'insouciance se cachent souvent les natui-es les plus ardentes, les caractères les plus héroïques. Ce ne sont pas toujoui'S les plus gros et les plus beaux soldats, qui sont les plus braves, et ceux qui font le pluB de bruit au camp sont souvent les plus froids siu- le champ de bataille. On dii-ait même que les grands cœurs, les âmes héroïques aiment à habiter des corps frêles.

Joseph Duquet naquit à Châteauguay en 1817. Son père était commerçant et jouissait de l'estime publique. Il commença ses études au collège de Montréal et les termina au collège de Chambly. Il réussissait bien. M. Chai'land, de Saint-Jean, conserve précieusement quelques uns des prix qu'il remporta.

Il était à peine sorti du collège, que son père mom-ait, laissant sa famille dans l'indigence. Ce triste événement le mûrit avant le temps et lui fit accepter les

Page 1