‹ Les Patriotes de 1837-1838Chapitre 39 sur 49 · LES PATRIOTES 2(X · texte numérisé non relu

LES PATRIOTES 2(X

" — Chevalier de Lorimier ! "

" Celui-ci sortit avec les gardiens et la porte se referma une seconde fois.

" Une troisième fois, la porte s'ouvrit. J'étais occupé au fond de la salle à faire cuire quelque chose dans une casserole, je m'entendis appeler. Laissant là mon ustensile, je me rendis auprès du geôlier, en disant à mes compagnons :

" — C'est mon tour 1 mais le geôlier me dit en anglais :

" — Ce n'est pas vous que j'ai appelé, c'est M. Lepailleur, et c'est simplement poui- lui remettre des provisions que lui envoient ses parents.

" Nos deux malheureux compagnons, de Lorimier et Hindelang, revinrent bientôt vers nous, et nous dirent, eu entrant dans le groupe que nous avions formé poiu* les recevoir:

" — Réjouissez-vous, nous sommes les deux seules victimes choisies dans cette section ; mais il y en a trois prises dans les autres parties de la prison, ce sont Eémi Narbonne, Prançois Nicolas et Amable Daunais.

"Il y avait, en ce moment, au milieu de nous, deux dames parentes de l'infortuné de Lorimier, sa sœur et sa cousine, accompagnées d'un monsieiu" de la famille ; ces pauvres dames fondaient en larmes. La victime les consolait par des paroles angéliques, pleines de foi et de résignation :

'« — Mon sacrifice est fait, disait-il, et j'ai l'espoir d'aller voir mon Dieu; une seule chose assombrit mes derniers momcm«, c'est la pensée du dénuement de ma femme et de mes enfants ; mais je les confie à la divine Providence.

" Vers f^ix heui-es du soir, les guichetiers vinrent nous dire qu'il fallait entrer dans nos cachots. Nos visiteui-s se retirèrent alors, la douleur dans le cœur. J'ai déjà dit que nous étions deux par deux. Le compagnon de

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